François Didisheim
17 February 2026
Se revendiquer ‘average’ (‘moyen’) tout en rassemblant plus de huit cent mille abonnés sur Instagram et six cent mille sur YouTube relève d’un paradoxe assumé. Pour le créateur de contenu originaire de Hoeilaart, il ne s’agit pas d’une posture marketing, mais d’une déclaration d’intention.
Là où l’influence pousse souvent à la mise en scène, Average Rob revendique le quotidien, l’imperfection, le rire comme langage universel. Son succès ne repose pas sur la performance, mais sur la connexion. Une approche qui séduit autant les jeunes, les anonymes, les sportifs de haut niveau (Zizou Bergs, Nafi Thiam, Mathieu van der Poel figurent en effet parmi ses collaborateurs)… que les investisseurs !
La bière Tout Bien, lancée avec Marc Coucke, s’inscrit dans cette logique de cohérence. Une pils simple, assumée, presque banale dans un pays obsédé par la culture houblonnière. Un pari risqué, porté par des investisseurs de premier plan : Jan Boone (Lotus), Erwin Van Osta (Hubo), Romelu Lukaku et Marc Coucke. Quatre millions de canettes écoulées à ce jour, onze millions visés d’ici fin 2027. Derrière les chiffres, une stratégie qui ne sacrifie rien à l’authenticité. Average Rob démontre qu’il est possible de grandir sans se trahir, de faire du business sans renoncer à sa liberté de ton. L’audace, ici, ne réside pas dans le volume, mais dans la justesse.
Le parcours de Patrick Stichelmans débute loin des bureaux, aux États-Unis, sur le pas des portes. Le jeune homme vend des aspirateurs en porte-à-porte. Il ne parle pas anglais. Alors il écoute, observe, reformule. En quelques mois, il devient le meilleur vendeur de toute la côte Est. Non par persuasion, mais par présence. Cette expérience fonde sa vision du leadership : chaque mot, chaque silence, chaque micro-réaction produit un effet. Rien n’est neutre. Tout est contagieux. De retour en Europe, sa carrière le mène au sommet de la publicité. Puis vient la rupture : une relation managériale toxique agit comme révélateur. Plutôt que de reproduire, Patrick Stichelmans choisit de comprendre. Et de transformer.
Avec son ouvrage La Spirale de Contagion Positive, Patrick Stichelmans met en lumière une réalité souvent négligée : les entreprises ne réussissent ni n’échouent par hasard. Elles s’auto-alimentent, jour après jour, par des comportements souvent inconscients. Si une spirale négative existe, une spirale positive est toujours possible. Sa méthode, exigeante, invite les dirigeants à se regarder d’abord, à observer leurs automatismes, à reconnaître leur pouvoir d’influence. Puis à diffuser cette conscience à l’ensemble de l’organisation, du terrain au sommet. Sans culpabiliser, en responsabilisant. Le leadership n’est plus alors une fonction, mais une attitude.
L’un fait rire pour rassembler, l’autre écoute pour transformer. Average Rob et Patrick Stichelmans incarnent des formes de leadership radicalement différentes, mais animées par une même exigence : l’authenticité. À l’heure où l’influence se confond trop souvent avec le volume, ces deux lauréats des Lobby Awards rappellent que l’impact réel naît d’une relation juste aux autres… et à soi-même.
Article inspiré par la newsletter de Lobby du 6 février 2026 écrite par Françoise Wallyn et François Didisheim, fondateur de Lobby. Retrouvez la revue des cercles du pouvoir, ici
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