François Didisheim

10 February 2022

Le ministre Franck Vandenbrouke

Que retireront ces deux journalistes qui ont le nez plongé dans l’information toute l’année ronde ? Le premier sujet qui vient à l’esprit est évidemment et malheureusement la crise sanitaire.

Voici ce que pense Joan Condijts de la gestion de la crise par notre gouvernement ? Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il tranche dans le vif : « Un manque d’anticipation hallucinant. Cette crise sanitaire a éclaté en mars 2020. Et très vite il est apparu qu’elle s’installerait dans la durée. Nos décideurs paraissent pourtant toujours agir dans une certaine urgence : ils réagissent plus qu’ils ne prévoient, ce qui conduit à des décisions incompréhensibles pour nombre de citoyens. Je crains que cette gestion n’intensifie la radicalisation politique ambiante ». Un avis que ne partage pas totalement Amid Faljaoui : « La mode est au dénigrement de nos politiques. Je crois qu’il faut être indulgent à leur égard malgré quelques bourdes. Leur attitude a aussi changé au gré des connaissances scientifiques. Le propre de la science, c’est qu’une vérité n’est pas éternelle, elle peut évoluer au fil des connaissances ».

Amid Faljaoui

Amid Faljaoui, rédacteur en chef de Trends Tendance © DR

Autre événement de l’année : la démonstration, une fois de plus, que le climat devient fou et que nous sommes incapables d’agir. Les inondations dramatiques de juillet, l’arrêt prématuré du Grand Prix de Formule1 de Spa-Francorchamps pour cause de pluie et la COP26 où la Belgique désunie s’est faite remarquée de manière hyper négative sont là pour nous le rappeler. Amid Faljaoui analyse les choses par le prisme économique : « L’Europe risque de se tirer une balle dans les pieds sur le plan économique. Notre Vieux Continent est à l’origine de 8% des émissions globales, mais il va imposer aux entreprises des contraintes que n’auront pas à suivre les entreprises américaines et chinoises. À quoi sert-il d’être vertueux si les autres ne bougent pas ? Pour montrer l’exemple… ? » s’interroge-t-il. Joan Condijts pointe lui plutôt la responsabilité politique : « Il est certain que la réponse politique actuellement apportée n’est pas appropriée au défi. Nos représentants privilégient des promesses de réduction de pollution à long terme ou des postures plus idéologiques qu’effectives. »

2021 a aussi marqué une féminisation des institutions. Si 2019 et 2020 avaient été des années de libération de la parole (#MeToo, #BalanceTonPorc, …), les femmes ont pris de mieux en mieux leur place en 2021. On peut citer l’avènement de la Princesse Elisabeth chez nous, Kamala Harris aux Etats-Unis ou la candidate à la présidentielle française, Valérie Pécresse, comme exemples les plus frappants. Qu’en pensent nos deux interlocuteurs ? Une fois de plus leurs avis divergent quelque peu. Si Amid Faljaoui salue « La Belgique qui a donné l’exemple avec Sophie Wilmès au poste de Première ministre. Ou avec Ilham Kadri, franco-marocaine à la tête d’un fleuron comme Solvay. La double diversité au sein du BEL 20 ! », Joan Condijts tempère « Les sociétés du BEL 20 sont encore majoritairement dirigées par des hommes » même s’il reconnaît que « Les efforts sont indéniables : nous avons eu une Première ministre, les arcanes du pouvoir se féminisent, les voix féminines portent de plus en plus… »

Joan Condijts au lancement de la chaine LN24

Joan Condijts en compagnie de Boris Portnoy et Martin Buxant lors du lancement de la chaine info LN24 © Philip Reynaers/Photo News

Lors de ces entretiens, Lobby est également revenus avec nos deux intervenants sur l’année sportive ainsi que sur les disparitions marquantes de l’année 2021. Pour découvrir leurs réactions, parfois surprenantes, rendez-vous dans le numéro du magazine Lobby actuellement en diffusion ou sur le tourne page lobby 54 !

Newsletter Lobby du 4 février 2021, rédigée par François Didisheim, fondateur de Lobby. Retrouvez Lobby, la revue des cercles du pouvoir, ici

Photo de couverture : © Didier Lebrun/ /Photo News

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