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France, Paris

Du 18 octobre 2022 au 15 janvier 2023

Rosa Bonheur dans son atelier en 1893 en George Achille-Fould © Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, photo L. Gauthier

Rosa Bonheur dans son atelier en 1893 en George Achille-Fould © Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, photo L. Gauthier

Événement majeur sur le plan national et international, cette exposition met à l’honneur une artiste hors norme, novatrice et inspirante, Rosa Bonheur. Cette artiste connue comme icône de l’émancipation des femmes plaça le monde vivant au cœur de son travail et de son existence. Elle s’engagea pour la reconnaissance des animaux dans leur singularité et chercha par son travail à exprimer leur vitalité et leur « âme ». Par sa grande maîtrise technique, elle sut restituer à la fois l’anatomie et la psychologie animales.

Quinze études de cerf, aquarelle, encre et crayon sur papier vélin 45 × 56 cm © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Thierry Le Mage

Quinze études de cerf, aquarelle, encre et crayon sur papier vélin 45 × 56 cm © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Thierry Le Mage

Cette exposition permet de faire (re)découvrir au public la puissance et la richesse de son œuvre, en rassemblant et choisissant dans l’immense corpus de l’artiste une sélection exigeante d’environ 200 œuvres (peintures, arts graphiques, sculptures, photographies) issues des plus prestigieuses collections publiques et privées d’Europe et des États-Unis.

La richesse du monde vivant

Bœufs traversant un lac devant Ballachulish (Ecosse) ou Troupeau traversant une rivière, 1867 - 1873, fusain, crayon de couleur, papier, crayon sépia © DR

Bœufs traversant un lac devant Ballachulish (Ecosse) ou Troupeau traversant une rivière, 1867 - 1873, fusain, crayon de couleur, papier, crayon sépia © DR

Issue d’une famille d’artistes, Rosa Bonheur réalisa une œuvre abondante, fruit de sa cohabitation quotidienne avec les animaux, dans ses ateliers successifs et sur le terrain. Au cours de ses voyages, en Auvergne, dans le Nivernais, dans les Pyrénées, ainsi qu’en Écosse, elle montre une curiosité insatiable pour la diversité des espèces et leur biotope. Elle est également fascinée par la beauté sauvage des grands espaces de l’Ouest américain, et de ses habitants, animaux et humains, même si elle ne put jamais s’y rendre. L’artiste prit un grand plaisir à représenter Buffalo Bill et et les acteurs lakotas du Wild West Show en 1889.

Le regard qu’elle porte sur le monde qui l’entoure témoigne d’une vision exceptionnelle de la flore comme de la faune. Fascinée par les animaux, Rosa Bonheur avait rassemblé autour d’elle, dans sa propriété de By, une formidable ménagerie, comptant des dizaines d’espèces différentes, où se côtoyaient notamment chiens, cerfs et fauves. Plaçant les animaux au cœur de sa création artistique au sein de spectaculaires compositions ou en les isolant dans de véritables portraits, Rosa Bonheur sut créer une œuvre expressive, dénuée de sentimentalisme et d’un extraordinaire réalisme, nourrie des découvertes scientifiques et de l’attention nouvelle portée aux espèces animales des terroirs et à la zootechnie.

Labourage nivernais, dit aussi Le sombrage 1849, huile sur toile 133 x 260 cm ©Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Labourage nivernais, dit aussi Le sombrage 1849, huile sur toile 133 x 260 cm ©Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

L’exposition joue sur les ruptures d’échelles, l’artiste ayant peint de très petits formats ou au contraire des œuvres monumentales, le plus souvent panoramiques et dynamiques, tout autant que des portraits en pied d’animaux. C’est ainsi que Rosa Bonheur dépeint la majesté du cerf du Roi de la forêt (Collection particulière, USA), des bœufs travailleurs de la terre dans le célèbre Labourage Nivernais (musée d’Orsay) ou encore la beauté et l’énergie de chevaux sauvages dans son dernier tableau resté inachevé, Chevaux en liberté dit aussi Chevaux sauvages fuyant l’incendie (Barbizon, musée département des peintres de Barbizon, en dépôt à By-Thomery, château de Rosa Bonheur). L’artiste y exalte leur force tellurique.

Une artiste hors du commun

Portrait de Rosa Bonheur en 1857 par Édouard-Louis Dubufe & Rosa Bonheur. © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / photo Gérard Blot.

Célébrée dès son vivant des deux côtés de l’Atlantique, cette personnalité fascinante, dont l’exposition se propose de dévoiler des aspects peu explorés, voire méconnus, sut s’imposer aussi bien en tant que femme libre que comme artiste officiellement reconnue dans un siècle très corseté. Première femme artiste à recevoir la Légion d’honneur, Rosa Bonheur a su s’associer aux marchands et collectionneurs les plus éminents pour dominer le marché de l’art et conquérir son indépendance financière et morale. Véritable « star » en son temps, elle organisa sa vie autour de son travail et de la quête incessante de perfectionnement, accompagnée en particulier de son amie Nathalie Micas, qui vécut à ses côtés plus de cinquante ans et participa à sa création. La conservation de son atelier et de ses archives est le résultat de l’engagement de sa « soeur de pinceau », la peintre américaine Anna Klumpke, qui vécut au château de By durant les dernières années de la vie de l’artiste.

Rosa Bonheur fut rapidement perçue comme un modèle à suivre dans la quête d’indépendance des femmes, et des artistes plus particulièrement. Articles et revues, françaises, mais surtout anglaises ou états-uniennes, témoignent de cette force inspiratrice pour les générations futures. La diffusion de l’image de l’artiste fut telle, qu’en plus de nombreux portraits peints, photographiés, ou gravés, l’œuvre de Rosa Bonheur tout comme son portrait, devinrent le sujet de ce que l’on appellerait aujourd’hui des « produits dérivés ». A côté de l’image publique, seront révélés des aspects plus insolites de l’artiste, à travers des objets insolites destinés à une sphère privée.

Tête de chien, 1869, fusain et pastel sur papier bleu, 67,9 × 48 cm © Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, photo F. Deval.

Tête de chien, 1869, fusain et pastel sur papier bleu, 67,9 × 48 cm © Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, photo F. Deval.

C’est par son travail que Rosa Bonheur parvint avant tout à s’imposer comme l’artiste aux œuvres les plus chères de son temps. L’une des originalités de l’exposition consiste à présenter une importante sélection d’études et d’esquisses peintes et dessinées, permettant d’apprécier la part du travail, qui passe par le dessin, dans le processus créatif de l’artiste, virtuose et exigeante. Parmi les récentes découvertes, un dessin sur toile de plus de 4,50m de long provenant du château de By sera montré au public pour la première fois.

Une œuvre qui résonne encore aujourd’hui

Deux lapins, 1840, huile sur toile, 54 × 65 cm © Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, photo F.Deval.

Deux lapins, 1840, huile sur toile, 54 × 65 cm © Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, photo F.Deval.

200 ans après sa naissance, l’art et la personnalité de Rosa Bonheur font résonner de nombreuses questions sociétales plus que jamais d’actualité : la place des femmes dans l’art et la société, la cause animale et sa place dans la ruralité et l’écologie. Dépassant de loin les clichés qu’elle a contribué à construire, Rosa Bonheur s’avère avant tout une grande créatrice, qui mérite d’être (re)découverte comme telle. L’exposition est accompagnée d’un catalogue qui est la première publication scientifique depuis le catalogue de 1997 visant à donner une vision d’ensemble des multiples aspects de l’œuvre de Rosa Bonheur.

En couverture : Chat sauvage, 1850, huile sur toile © Photo Erik Cornelius, Nationalmu-seum Stockholm, domaine public.

Informations supplémentaires

Exposition

Rosa Bonheur (1822-1899)

Adresse

Musée d’Orsay
1 Rue de la Légion d’Honneur 75007 Paris, France

Horaire

Lundi : Fermé
Mardi : 9h30 – 18h00
Mercredi : 9h30 – 18h00
Jeudi : 9h30 – 21h45
Vendredi : 9h30 – 18h00
Samedi : 9h30 – 18h00
Dimanche : 9h30 – 18h00

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