• HLCÉ

Berlinale 2020 : exigeant Rizi, de Tsai Ming-Liang

Rédaction Eventail

28 February 2020

© Homegreen Films

Un film de deux heures sans un mot de dialogue : la Berlinale aime proposer ce genre de défi à son public.

Il y a quelques années, rappelez-vous, nous avions eu droit à une œuvre de huit heures réalisée par le Philippin Lav Diaz (je suis resté jusqu'au bout). L'auteur de Rizi (en anglais : Days), qui figurait hier en compétition, est un habitué des festivals internationaux. Né en Malaisie, Tsai Ming-Liang, 63 ans, avait été découvert en 1994 à la Mostra vénitienne par le bouleversant Vive l'amour. Depuis lors,il n'a cessé d'aligner des longs métrages d'une radicalité absolue. Son style est immédiatement reconnaissable : de longs plans fixes ; un refus des structures narratives classiques ; aucune explication psychologique ou sociologique ; un sentiment de déréliction proche du Beckett de Fin de partie.

Dans Rizi, l'action se réduit à la préparation minutieuse d'un plat de cuisine chinoise traditionnelle, et à une séance d'acupuncture apparemment fort éprouvante. Deux êtres se rencontrent dans une grande ville bruyante qui pourrait être Taipei. Aucun mot n'est échangé. Les deux hommes se retrouvent dans une chambre d'hôtel pour une longue séance de massage où le plus jeune donne à l'autre du plaisir, après quoi nous les voyons à distance partager un plat dans un fast-food local. Chacun retourne à sa solitude.

Une scène du film du réalisateur Tsai Ming-Liang Rizi présenté au festival du film d'auteur de Berlin Berlinale
© Homgreen Films 

De film en film, Tsai Ming-Liang dépeint ainsi un monde déshumanisé où la communication est devenue impossible, et où même le sexe n'est qu'un contact furtif et sans avenir. Une œuvre aussi singulière n'est concevable que grâce à la participation de Lee Kang-Sheng, interprète hors du commun qui depuis vingt ans accompagne le cinéaste dans ses expériences les plus extrêmes. Au point qu'à la fin du film, dans une sorte de rituel d'adoration, l'auteur ne demande même plus à l'acteur de jouer : il nous offre, pendant des minutes entières, un gros plan de son visage endormi. Contrairement à ce qu'on aurait pu craindre, le public n'a pas pris la fuite durant la projection et Rizi a été salué par des applaudissements respectueux.

Dans une prochaine, j'essaierai de trouver un fil rouge dans la programmation assez déconcertante de cette 70e Berlinale, telle qu'elle a été conçue par son nouveau directeur artistique Carlo Chatrian. Et, comme d'habitude, nous avons rendez-vous ici lundi pour mes commentaires sur le palmarès.

50 ans du métro : le musée souterrain de Bruxelles

Foires & Expositions

Le 20 septembre 1976, le roi Baudouin inaugurait la première ligne de métro de Bruxelles. Un demi-siècle plus tard, les 69 stations de métro et de prémétro abritent plus de 100 œuvres, formant une spectaculaire galerie d’art souterraine que des dizaines de milliers de voyageurs traversent chaque jour sans toujours la voir.

La Bénédiction de la Forêt fête sa 89e édition avec Juliette Nothomb

Agenda

Le dimanche 27 septembre, Habay-la-Neuve et le château du Pont d’Oye célèbrent la nature, le patrimoine et les arts à l’occasion de la 89e Bénédiction de la Forêt. La romancière Juliette Nothomb y prononcera le discours littéraire de la forêt, sur le thème de « La Forêt nourricière ».

Belgique, Habay-la-Neuve

Du 27/09/2026 au 27/09/2026

Publicité

Hlynur Pálmason : « Il y a beaucoup de beauté dans des petites choses. »

Cinéma

Dans « L’amour qu’il nous reste », son dernier film, le cinéaste islandais Hlynur Pálmason propose une ode à la nature, à la famille et à l’amour. Comme dans « Godland » (sorti en 2022), Hlynur Pálmason place la famille au cœur de son récit. La séparation du couple est vécue comme une lente érosion. Si ce film peut paraître longuet, c’est parce qu’Hlynur Pálmason observe cette famille en déliquescence sur le mode délibérément minimaliste, contemplatif. « L’Amour qu’il nous reste », présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2025, est une chronique sentimentale, froide, empreinte de tendresse et de douceur. Rencontre avec Hlynur Pálmason.

Tous les articles

Tous les articles