Bertrand Leleu
15 July 2026
© Lempertz
Manufacture royale de porcelaine de Berlin (KPM)
Vase monumental, 1895, porcelaine
Vente du 25 avril, Lempertz, Berlin
Moins célèbre que ses concurrentes Meissen ou Sèvres, la Manufacture royale de porcelaine de Berlin (Königliche Porzellan-Manufaktur – KPM) fait pourtant partie, elle aussi, des grandes institutions artisanales créées au XVIIIe siècle. Fondée en 1763 par Frédéric II de Prusse, la Königliche Porzellan-Manufaktur est avant tout un instrument de prestige politique et culturel. À l’instar de ses rivales française et saxonne, KPM répondait à de nombreuses commandes royales et fabriquait services de table, vases décoratifs et objets d’apparat. Les formes naturalistes, réalisées d’après l’observation des peintres et sculpteurs dans le jardin de la manufacture, font écho au style Art nouveau émergeant lors de la réalisation de ce vase, en 1895. L’œuvre, haute de 116 centimètres, était une commande du prince Philipp zu Eulenburg und Hertefeld.
© Horta
Manufacture Barbedienne
Jardinière et son piédestal, bronze
Vente du 26 avril, Horta, Schaerbeek
Avec les expositions universelles parisiennes de 1867 et surtout celle de 1878, l’engouement pour l’art asiatique, particulièrement l’art japonais, se traduisit par une influence concrète sur la création occidentale. Dans le domaine des arts décoratifs, les maîtres du genre furent Édouard Lièvre et Gabriel Viardot. Ceux-ci dessinaient des objets décoratifs fortement inspirés du vocabulaire esthétique japonais : bambous, dragons, poissons stylisés, etc. Réalisées pour des maisons célèbres comme Barbedienne ou l’Escalier de Cristal, ces créations, figurant une représentation stylisée de la nature, donneront naissance au style qui éclora quelques années après, l’Art nouveau.
© Aguttes
Jaguar MK2
Préparation Usine – Tour de France Automobile
Vente du 4 mai, Aguttes, Paris
Souvent considérée comme la quintessence de la Jaguar classique, la Mark 2 (ou MK2) marie élégance, luxe et performances sportives. Produite entre 1959 et 1967, cette berline allie en effet le confort d’une voiture haut de gamme à la puissance d’une voiture de sport, le tout dans un design au style très britannique, avec son intérieur en cuir et bois précieux. Doté d’un palmarès remarquable, ce modèle a notamment participé deux fois au Tour de France Automobile, dont il est reparti victorieux en 1961 avec Bernard Consten au volant. Voiture familiale, la MK2 impressionnait dans les années 1960 avec ses 200 km/h en pointe et ses 100 km/h en moins de 9 secondes !
© Artcurial
Égypte, époque saïte, XXVIe dynastie, v. 664-525 av. J.-C.
Sarcophage et cercueil au nom d’Iahtesnakht, bois peint
Vente du 12 mai, Artcurial, Paris
Si le nombre de « boîtes » formant les sarcophages varie selon les époques et le rang du défunt, nul doute ici que la dénommée Iahtesnakht, dont la dernière demeure était proposée en vente, fût de haut rang. Composé d’un cercueil et d’un sarcophage anthropomorphe, l’ensemble était entièrement décoré, intérieurement et extérieurement, de symboles religieux. Malgré l’absence de la momie, l’ensemble livre un témoignage important sur les pratiques funéraires au début de la Basse Époque égyptienne, car son Livre des morts (qui accompagne généralement les sarcophages) est conservé à l’Université de Cologne et a déjà été bien étudié. Conservé dans un état remarquable, l’objet a ravi les thanatophiles et prouvé que le marché de l’archéologie a toujours de beaux jours devant lui, malgré les restrictions toujours plus nombreuses.
© Antenor
Zaha Hadid (1950-2016)
Vase-sculpture Flow, corian, 3/12
Vente du 12 mai, Antenor, Bruxelles
Si l’architecte-star Zaha Hadid a laissé derrière elle de nombreux chefs-d’œuvre, à l’instar de la capitainerie du port d’Anvers, elle a également brillé dans le domaine du design. En effet, son style, reconnaissable entre tous, est à la fois fluide et doté d’une tension dynamique. Ses objets ne connaissent pas de rupture visuelle et semblent comme figés en plein mouvement. Utilisant des algorithmes géométriques pour parvenir à des formes dont la structure est optimisée, Hadid a réussi le pari de créer du mobilier et des objets décoratifs dont la ligne semble inspirée de la nature, comme l’eau ou la pierre, mais en utilisant des procédés informatiques et des matériaux hautement sophistiqués. Une maîtrise technique largement appréciée des collectionneurs, à l’image de ce vase-sculpture, édité en seulement douze exemplaires.