JC Darman
16 July 2026
Héléna, jeune femme athénienne, est amoureuse de Démétrius qui, lui, est épris d’Hermia, qui aime Lysandre. Par une nuit d’été, les quatre amants vont se perdre dans une forêt enchantée où règne le lutin Puck. Sur ordre d’Obéron, roi des elfes, Puck utilise un philtre magique pour redistribuer les passions. Mais il se mélange les pinceaux, ce qui entraîne une avalanche de quiproquos délirants.
Pendant ce temps, des artisans, comédiens amateurs au visage couvert de masques grotesques, préparent une pièce pour fêter le mariage de Thésée, duc d’Athènes, avec Hippolyta, reine des Amazones. Finalement, Obéron et Titania, reine des fées, dissiperont les envoûtements et les couples, cette fois bien assortis, pourront célébrer leurs noces.
© Aude Vanlathem
Pour leur 40e édition, les producteurs des spectacles théâtraux de Villers-la-Ville n’ont certainement pas choisi la pièce la plus accessible de Shakespeare, mais sans doute la plus poétique. Cette œuvre, écrite vers 1594, présente des personnages singulièrement prolixes se débattant dans des intrigues infiniment complexes. D’ailleurs, à la fin du dernier acte, seul sur scène, Puck s’adresse au public et s’excuse si le spectacle a pu paraître fantasque comme un rêve.
C’est la dernière réplique de cette longue pièce avant un final où toute la troupe se met à danser dans une scène de bal masqué totalement surréaliste. La mise en scène a été confiée une nouvelle fois à Thierry Debroux, directeur du Théâtre royal du Parc, coproducteur du spectacle. Sa réalisation se montre extraordinairement originale et inventive. Elle a aussi le mérite d’alléger cette accumulation d’intrigues, de rendre plus abordable une pièce où la frontière entre rêve, magie et réalité devient indiscernable, où les murs prennent la parole et où des humains sont affublés de têtes d’animaux.
© Aude Vanlathem
En même temps, la mise en scène exalte l’extraordinaire poésie de l’œuvre. La troupe s’avère parfaitement homogène et les comédiens maîtrisent avec talent un texte très contraignant, indéniablement difficile à mémoriser et à interpréter. Surtout en plein air et sans aide sonore. Il y a bien un micro sur scène, mais il est seulement utilisé pour quelques intermèdes musicaux inattendus et déconcertants, comme des chansons de Julio Iglesias, Céline Dion, Queen ou encore Amy Winehouse.
Une mention particulière pour Denis Carpentier, qui interprète Puck. Il est attifé en une sorte de disc-jockey punk, demeuré, à la bouche pleine de dents en or. Il assume avec beaucoup de drôlerie un rôle auquel il donne un éclairage clownesque. Les costumes créés par Béa Pendesini sont intemporels, fleuris et colorés.
© Aude Vanlathem
Dans l’espace grandiose des ruines abbatiales, les éclairages réglés par Christian Sténuit, les voix et les silences diffusent des sensations à la fois oppressantes et apaisantes, bien faites pour escorter cette étonnante œuvre onirique.
Un spectacle enchanteur et envoûtant à voir jusqu’au 15 août.
Pièce
Le songe d’une nuit d’été, de William Shakespear
Dates
Jusqu’au 15 août
Adresse
Abbaye de Villers-la-Ville
Rue de l’Abbaye, 55
1495 Villers-la-Ville
Billeterie
Sur internet