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La collection Al Thani à l'encan

News Gotha

Christophe Vachaudez

27 May 2019

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La nouvelle de la vente d'une partie de la collection Al Thani a fait l'effet d'une bombe. Le Sheikh qui achète sans compter depuis des années et réside dans une somptueuse demeure en plein coeur de Londres a décidé de se séparer d'une partie de ses joyaux pour financer l'installation d'une sélection d'objets d'exception et de joyaux à la Place de la Concorde dans l'ancien hôtel de la marine

Toutefois, il ne s'agit que de 400 lots, pourrait-on dire, soit une faible portion d'un ensemble qui compte près de 6000 pièces ! Le cheikh Hamad bin Abdullah Al Thani est un cousin germain de l'actuel émir du Qatar. Il écume le marché à la recherche de bijoux et d'objets précieux réalisés en Inde ou en Europe mais avec une influence indienne, voilà le fil conducteur qui dicte ses achats.

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Le cheikh a ainsi constitué une remarquable collection d'objets moghols en jade ou en or, incrusté de rubis ou d'émeraudes. Mais ses faits d'armes, il les doit à la joaillerie, des sarpechs, colliers et broches qui procèdent parfois directement des coffres des maharadjahs.

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Parmi les merveilles proposées par Christie's, certaines ont déjà été présentées à Pékin, Paris, Venise ou Londres lors d'expositions qui ont fait date. Du Maharadjah de Nawanagar, deux remarquables ornements de turban, l'un serti d'un éblouissant saphir de Ceylan, l'autre, appelé Jigha, daté de 1907 et remodelé en 1935, garni de plumes blanches et d'une myriade de diamants qui totalisent 153 carats. Un serre-cou de billes de rubis réalisé par Cartier en 1931 pour le maharadjah Bhupinder Singh de Patiala voisine avec un important collier en diamants de Golconde jadis porté par le Nizam de Hyderabad, qui totalise plus de 200 carats.

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Un magnifique paon sorti des ateliers de la maison Mellerio illustre la veine naturaliste comme un fabuleux ornement de corsage au serti muguet jadis imaginé par Cartier en 1912 pour le diamantaire Solomon Joel, actionnaire des mines d'Afrique du Sud. L'illustre joaillier de la rue de la Paix est aussi à l'origine d'une stupéfiante broche combinant émeraudes, saphirs calibrés et diamants acquise par Lady Cholmondeley, fille du banquier Edward Sassoon et de la baronne Aline de Rothschild.

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Citons encore une émeraude hexagonale gravée de 141,13 carats, une autre aussi importante montée en ornement d'aigrette sommée d'un panache de perles et de saphirs, un collier de 37 perles naturelles de la plus belle eau, mais aussi des pierres non montées d'une pureté immaculée, un diamant rectangulaire de 52,58 carats baptisé 'Le miroir du paradis' et l'un des diamants Arcot, une poire de 17,21 carats qui fut offerte à la reine Charlotte de Grande-Bretagne par le Nawab de Arcot et qui intégra plus tard les collections des ducs de Westminster. Bref, une véritable caverne d'Ali Baba qui promet de susciter bien des convoitises et de faire frémir le monde des amateurs de joyaux d'exception.

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