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La princesse Salimah Aga Khan, les enfants en héritage

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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La princesse Salima Aga Khan La princesse Salima Aga Khan © DR

Celle qui fut l’épouse du chef des Ismaéliens et l’un des mannequins vedettes des années soixante vient de fêter ses 81 ans. Pourtant, la princesse Salimah a toujours ce même regard intense qu’elle tourne désormais vers les enfants de SOS Village, l’une des plus anciennes organisations caritatives au monde.

Elle a connu un destin unique qu’un divorce douloureux vint soudain briser. Pour se reconstruire et panser ses plaies de femme et de mère, Salimah s’est consacrée aux autres, avec dévouement et énergie, considérant le passé avec recul pour s’autoriser à sourire à nouveau. Tout commença au cœur de l’Inde coloniale quand nait Sarah Frances le 28 janvier 1940, à New Delhi, dans le foyer du Lieutenant-Colonel Arthur Edward Crocker-Poole et de Margaret Watson. Elle a six ans quand elle revient en Grande-Bretagne, d’abord dans la propriété familiale du Berkshire, puis la famille s’établit à Londres.

 

La princesse Salima Aga Khan dans sa jeunesse lors d'un dîner
© DR 

 

Éduquée à la Croft House School, un pensionnat pour filles dans le Dorset, elle intègre ensuite l’Institut de Madame Boue à Paris, réservé aux jeunes demoiselles bien nées. Son père qui officie maintenant à Scotland Yard a de l’ambition pour Sally, dont la beauté s’affirme au fil des ans. En 1958, elle fait partie de la dernière salve des Débutantes à être présentée à la Reine. La tradition s’arrêtera brusquement l’année suivante, un peu à cause de la Princesse Margaret qui aurait dit avec dédain… « Toutes les tartes peuvent désormais rentrer à Buckingham ».

 

La princesse Salima Aga Khan dans son jardin
© DR 

 

Mission accomplie pour Sally qui, l’année suivante, épouse Lord James Crichton-Stuart, fils cadet du cinquième marquis de Bute. Le mariage ne durera que deux étés mais très vite, Sally a souhaité s’affranchir financièrement. Les plus grands photographes ont remarqué ce physique racé qui plait tant à leur objectif et bientôt Cecil Beaton, Norman Parkinson, Terence Donovan, Hiro ou Richard Avedon la sollicitent. Elle participe à des publicités pour des cosmétiques et pose comme modèle, s’assurant un revenu de 80.000 £ par an, une fortune pour l’époque.

Un mariage de conte de fée

Toujours célibataire, l’Aga Khan qui a succédé à son grand-père en 1957 en tant que 49e imam de la communauté ismaélienne, vient de fêter ses 32 ans quand il rencontre Sarah Crocker-Poole. Le mannequin officialise son divorce en 1968 et, un an plus tard, elle épouse le prince à la mosquée de Paris, devant des représentants religieux venus du monde entier. Désormais, elle sera appelée Salimah avec le prédicat d’altesse à son titre de Begum. Les mariés irradient et monopolisent la une des magazines quand ils ne sont pas les stars de réceptions huppées. Car si l’Aga Khan veille sur les siens, particulièrement nombreux au Pakistan et en Inde, mais aussi au Canada, en Iran ou au Tadjikistan, il vit à l’européenne, se partageant entre ses nombreuses résidences. Il possède aussi une importante écurie de courses. Karim et Salimah s’installent ainsi en France, passent les étés en Sardaigne et les hivers en Suisse. La princesse Zahra voit le jour en 1970, suivie du prince Rahim, en 1971, et du prince Hussain, en 1974.

 

La princesse Salima Aga Khan dans avec un enfant dans ses bras
© DR 

 

Le conte de fée se poursuivra des années durant et la nouvelle Begum s’investit pleinement dans son nouveau rôle, accompagnant son époux dans ses voyages et le secondant dans les missions caritatives, revêtue du traditionnel sari. Son empathie, sa gentillesse et son élégance lui valent une admiration unanime. Le temps passe et l’Aga Khan s’éloigne peu à peu, multipliant les aventures. Salimah patiente mais Karim veut bientôt divorcer. La trahison, durement ressentie, s’assortit d’une longue bataille juridique, et la Begum doit supporter un cruel manque d’égard. Quelques mois après le prononcé qui tombe en 1995, elle se sépare de sa collection de bijoux, vestiges d’un amour défunt. L’Aga Khan l’assigne, par avocats interposés, mais est débouté. Il ne peut récupérer que 150 pièces. Les autres, signées Harry Winston, Bulgari, Cartier, Boivin, Van Cleef and Arpels ou Buccelati, sont proposées aux enchères chez Christie’s, à Genève. Les adjudications atteindront plus de 27 millions de dollars, un record ! L’argent sera placé dans une fondation et permettra à la Begum de poursuivre ses engagements caritatifs.

 

La princesse Salima Aga Khan pose pour une fondation humanitaire
© DR 

 

Cependant, cette épreuve l’a déstabilisée et il lui faudra du temps pour se reconstruire. La princesse Zahra se marie le 21 juin 1997 à Aiglemont, près de Chantilly, et Salimah qui n’a pas été invitée, a pris les devants et donne un bal au Claridge’s en l’honneur de sa fille et de son fiancé Mark Boyden, une semaine avant les noces. La princesse Margaret, l’impératrice Farah, la princesse Kyril de Bulgarie ou le prince Hussein de Jordanie font partie des 500 invités. En 2006, elle sera autorisée à assister aux noces de son second fils et pose, resplendissante, sur une photo de famille alternative. Elle sera absente pour le mariage de l’aîné Rahim, avec le mannequin Kendra Spears. Le dialogue avec l’Aga Khan semble irrémédiablement rompu.

Marraine de SOS Village d’enfants

Salimah a réorganisé sa vie, choisissant la Suisse et Londres où elle a conservé un appartement pour rester proche de sa famille. Philippe Lizop, l’avocat qui a négocié son divorce et l’a soutenue dans les moments difficiles partage désormais son existence. En 1995, elle est conviée à Tahiti par l’association SOS Villages d’enfants qui y implante sa première structure. La Princesse offre un million de dollars au projet, à répartir sur dix ans. L’organisation qui a vu le jour en Autriche, à Imst, au Tyrol plus exactement, après la seconde guerre mondiale, est née à l’initiative de Hermann Gmeiner, consterné de voir ces veuves de guerre et ces enfants seuls, orphelins, mourir de faim. Il fit du porte à porte afin de récolter les premiers fonds et établir un village communautaire où les fratries ne seraient pas séparées et où chacun prenait une part active à la vie de l’autre, pour éviter l’isolement et le dénuement. L’exemple a essaimé et SOS Villages d’enfants couvre aujourd’hui 132 pays, fonctionnant grâce à la générosité des donateurs. Le rôle de la Princesse qui a été nommée ambassadeur de l’association a été déterminant.

 

La princesse Salima Aga Khan dans avec un enfant sur ses genoux
© DR 

 

Depuis, elle voyage à travers le monde pour soutenir les nouvelles communautés des pays proches ou plus lointains, du Cambodge à la Roumanie, en passant par l’Égypte, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Pakistan, le Mexique, le Salvador, le Panama, le Portugal, le Maroc ou le Népal où elle fut accueillie en 2000 par le Dalaï Lama. C’était la première fois qu’elle retournait dans ce pays, depuis son divorce. Mère de trois enfants et marraine de milliers d’autres, la Princesse réchauffe les cœurs depuis vingt-cinq ans, une action qui l’honore et suscite un respect unanime…le plus beau des cadeaux d’anniversaire.         

Rédigé par Christophe Vachaudez

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