• HLCÉ

Dans la Cour des Grands : "Wanted : Juan Carlos" !

Dans la Cour des Grands

Thomas de Bergeyck

20 August 2020

© Miguel Cordoba/Panoramic/Photo News

Ce message s'adresse à tous les scénaristes en mal d'inspiration par ces fortes chaleurs : vous cherchiez LA saga de l'été, vous l'avez trouvée elle s'appelle « L'affaire Juan Carlos où l'exil mystère d'un roi ».

Son auteur involontaire ? Juan Carlos de Borbon, premier souverain de l'Espagne postfranquiste. L'homme qui fut le libérateur d'un pays saigné par la dictature, celui-là même que le peuple adula, cet homme débonnaire et rationnel qui régna tel un patriarche durant près de 40 ans est désormais un fuyard. Un paria, disent certains qui songent à la dernière conversation que le monarque de 82 ans a sans doute eue avec Felipe, son fils et successeur. Sous la pression de son gouvernement, le chef de l'état aurait « encouragé » son paternel à s'exiler pour éviter tout scandale. La version officielle, c'est cette lettre adressée à son fils dans laquelle il prétend vouloir lui « faciliter l'exercice de ses fonctions devant les conséquences publiques de certains événements passés de sa vie privée ». En clair, je gêne, donc je fuis.

Depuis le 3 aout, plus de nouvelles de ce roi tombé en disgrâce, et dont Felipe a même refusé l'héritage en mars dernier. On l'aurait aperçu, aux dernières nouvelles, à Abu Dhabi, où il se serait abrité de la canicule dans un palace, invité par ses « amis » arabes.

Car de son règne, Juan Carlos a conservé bien des amitiés, celles-là même qui intéressent la justice espagnole. Il fait l'objet d'enquêtes pour corruption. Le monarque aurait reçu du roi Abdallah d'Arabie saoudite 100 millions de dollars sur un compte en Suisse. Une commission en échange de l'attribution d'un gros contrat de construction d'un TGV, attribué à des entreprises ibères. La transaction a été confirmée dans des conversations enregistrées, à son insu, par l'ex-maitresse de Juan Carlos, Corinna zu Sayn-Wittgenstein, avec qui il a convolé durant huit ans, jusqu'en 2012. Une romance stoppée nette après un autre scandale, celui de la chasse à l'éléphant au Botswana.

Corinna zu Sayn-Wittgenstein, maîtresse du roi Juan Carlos d'Espagne
Corinna zu Sayn-Wittgenstein © Kcs Presse/Photo News

C'est Corinna qui l'avait organisée. Mazette : son amant se fracture la hanche. Il est rapatrié d'urgence. Le peuple ne comprend pas l'attitude de son roi, en pleine crise économique. Il va même présenter des excuses surréalistes dans un couloir d'hôpital, disant regretter, beaucoup. Je me suis trompé, cela ne se reproduira pas. Sa « princesse » ira même jusqu'à affirmer avoir servi de prête-nom pour blanchir de l'argent reçu de pots-de-vin. Ce vin qui fait tache sur un royal CV.

Intronisation du roi Juan Carlos d'Espagne
© Keystone-France/Keystone-France/Photo News

Boudé par ses proches, Juan Carlos se terre en attendant le passage de la tempête. Problème : ex-roi, il ne jouit plus de son immunité. La justice prépare donc sa riposte. En espérant qu'elle n'oublie jamais que cet homme, Grand d'Espagne, fut d'abord celui qui, au mitan des années 70, a remis à la mode un mot oublié depuis fort longtemps par-delà les Pyrénées : le mot démocratie.


 

Retrouvez un siècle d'indiscrétions dans les coulisses des cours du monde entier dans Chroniques royales
Thomas de Bergeyck
Éditions Jourdan
2018

Question de sens : pourquoi restons-nous si longtemps là où nous ne sommes plus heureux ?

Beauté & Santé

Il était venu me voir parce qu’il pensait avoir un problème d’organisation. Directeur depuis plus de quinze ans, il ne parlait que de son agenda, de ses réunions et de ses responsabilités. Les journées étaient devenues interminables. Il avait le sentiment de courir en permanence sans retrouver l’élan qui l’avait animé pendant des années.

La plus élégante reine au monde

Chroniques royales

« La plus élégante reine au monde ». C’est en ces termes que l’on connaissait alors la reine Sirikit. Cette jeune souveraine à la silhouette parfaite et au port grâcieux enchantait la presse par ses tenues toujours parfaites coupées dans les tissus traditionnels et, pour la plupart, dessinées par Pierre Balmain, son couturier favori.

Tous les articles

Gala 2026 de l’IRSA

Vie mondaine

La Fondation Pro IRSA organisait son Gala annuel au profit de l’IRSA (Institut Royal pour Sourds et Aveugles). Dans l’atmosphère élégante et chaleureuse de l’institut, la soirée était orchestrée par Thomas de Bergeyck, et le dîner portait la signature du chef étoilé Yves Mattagne, qui a élaboré pour l’occasion un dîner raffiné en collaboration avec les élèves de la section hôtellerie de l’école secondaire de l’IRSA. L’IRSA fondé en 1835, est le plus grand centre francophone d’enseignement et d’accompagnement pour les enfants et adultes présentant des troubles de la vue, de l’ouïe ou des troubles sévères du langage.

14/01/2026

Tous les articles