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De provenance impériale et royale

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Christophe Vachaudez

11 March 2024

Plus que jamais, les ventes qui exhument les souvenirs et objets évoquant ou ayant appartenu aux grandes familles, royales ou impériales, continuent à rencontrer un vif succès. La prochaine vacation aura lieu ces 12 et 13 mars et présente sans surprises nombre de trésors pour la plupart inédits.

Á commencer par quelques reliures armoriées issues des bibliothèques de la reine Marie Leczynska, épouse de Louis XV, du roi Charles VII de Sicile, de la duchesse de Berry ou encore du roi Louis-Philippe. Côté correspondance, un ensemble de missives écrites de la main de Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour (1721-1764), suscitera la curiosité, notamment celles adressées à Louis-César de La Baume Le Blanc, duc de La Vallière, un intime qu’elle appelait cher brochet, ma pauvre broche ou Mr brochet !

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Blasonnons à tout va avec une remarquable paire d’armoiries en bois sculpté et doré des Bourbon-Condé (d’azur à trois fleurs de lys d’or et bâton péri en bande de gueules), entourées des colliers des ordres de Saint-André, de Saint-Michel et du Saint-Esprit, sur fond de drapeaux, le tout sommé de la couronne des princes de sang de la Maison de France. La section argenterie s’illustre notamment grâce à un rafraîchissoir pour verres à vodka en vermeil procédant du service de la grande-duchesse Alexandra de Russie, fille du tsar Nicolas Ier, par l’orfèvre Tegelstein de Saint-Pétersbourg. Datant de 1843, il est rehaussé du monogramme entrelacé A. N. sous couronne impériale du tsarévitch Alexandre Nicolaïévitch de Russie, futur tsar Alexandre II (1818-1881) et sur l’autre face de l’aigle bicéphale des Romanoff sous couronne impériale. Enfin, on ne peut manquer deux assiettes de présentation en métal argenté issue du service offert par Napoléon III à l’archiduc Maximilien quand ce dernier devînt empereur du Mexique. Commandé chez Christofle en 1863, il ne comprenait pas moins de 4938 pièces !

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Plus intimes, ces souliers ayant appartenus à l’impératrice Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon. Ils confirment s’il en était besoin que l’intéressée, comme elle le proclamait elle-même, avait un joli pied. Quant aux gants, ils témoignent d’un raffinement unique comme l’illustre suffisamment une paire en chevreau de couleur crème à revers orné d’une dentelle de soie blonde de Caen aux fuseaux se mêlant à une délicate passementerie aux fleurs de mimosa et fleurs d’oranger en soie ! Sans omettre une remarquable miniature sur ivoire de Jean-Baptiste Singry (1782-1824) figurant le roi Louis-Philippe, posant en redingote bleue et jabot de dentelle blanche, on conviendra aisément que les porcelaines s’imposent royalement avec tout d’abord deux seaux à demi-bouteille du service que la reine Marie-Antoinette a commandé pour Trianon. Réalisé entre 1781 et 1782 par la Manufacture de Sèvres selon un modèle à perles et barbeaux (ancien nom du bleuet, fleur préférée de l’infortunée souveraine) en porcelaine tendre, il comprenait 295 pièces destinées à 24 convives. Aujourd’hui, on en trouve des reliquats au Musée du Louvre, au V&A de Londres, dans les collections de Lord Revelstoke ou dans celles du duc d’Uzès d’où proviennent d’ailleurs ces deux seaux. Depuis la dation de 75 pièces faites par les descendants du président Valéry Giscard d’Estaing, le petit Trianon conserve désormais 90 pièces !

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Et enfin, le service des vues de France s’annonce parmi les lots évènements de la vente. Le premier service fut livré par la Manufacture de Sèvres en septembre 1825 comme présent du roi Charles X au duc de Polignac (1780-1847), alors Ambassadeur de France à Londres. En 1832, le roi Louis-Philippe en commande un pour le palais des Tuileries, alors résidence officielle du souverain. Chaque année il fut régulièrement réassorti. Ce service se retrouve par la suite au palais de l’Élysée où on l’utilise lors des dîners officiels. Il semble que l’ensemble présenté ici aurait été offert par l’Empereur Napoléon III à Frédéric Le Play (1806-1882), qui fut sénateur, conseiller d’État et participa activement à l’organisation des expositions universelles de Paris de 1855 et 1867. Ce service avait pour but de servir de propagande afin de permettre aux convives des dîners royaux d’admirer les paysages et les monuments des plus beaux lieux de toutes les régions du pays. Du Tréport à Meudon, d’Étretat à Chambertin, du château de Dieppe aux côteaux de Meudon en passant par l’église Saint-Ouen à Rouen, Châteauroux ou Harfleur, ces trois lots de 12 assiettes illustrent la maîtrise des artistes engagés à Sèvres, une occasion unique de manger dans les assiettes similaires à celles du président Emmanuel Macron !

Noblesse et royauté – Collection de Monsieur X & à divers – Coutau-Bégarie (coutaubegarie.com)

Résistance à Knokke-Heist : le Hey Museum lève le voile sur le "Plan B"

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Le Hey Museum de Knokke-Heist accueille une exposition consacrée à la Résistance locale pendant la Seconde Guerre mondiale. « Plan B : Résistance à Knokke et Heist » retrace le travail clandestin de ceux qui, entre 1940 et 1944, ont cartographié les défenses allemandes du Mur de l’Atlantique. Un pan méconnu de l’histoire de la côte belge.

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Noblesse et royauté
Collection de Monsieur X & à divers

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Vernissage de Lelli d’Orléans Bragance, princesse du Brésil

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C’est à l’Ancienne Nonciature, au Sablon, qu’avait lieu le vernissage de l’exposition « Brumas » de Lelli d’Orléans Bragance, princesse du Brésil, où elle dévoilait des paysages inspirés de son pays natal : forêts tropicales, horizons brumeux et évocations de l’Amazonie. Installé dans l’ancien siège du Vatican, restauré et transformé en « Ambassade des Arts », par Anne Derasse, architecte d’intérieur et historienne de l’art, le lieu avait retrouvé sa vocation culturelle en accueillant artistes et galeries dans un cadre d’exception. © Violaine le Hardÿ de Beaulieu

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