Christophe Vachaudez
06 July 2026
Exceptionnellement, le chef de l’État, portant le kilt, a assisté avec la reine Camilla à l’ouverture de la législature au Parlement écossais et a délivré un discours dérogeant quelque peu au rite immuable qui veut que le séjour royal débute toujours par la remise officielle des clés de la ville d’Édimbourg. Que l’on se rassure, la cérémonie eut lieu le jour suivant.
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Arrivé en hélicoptère au palais de Holyroodhouse, la résidence écossaise des souverains, Charles III a été accueilli par la Compagnie Balaklava, 5e bataillon du Royal Regiment of Scotland, qui lui a réservé une haie d’honneur. Les archers de la Royal Company of Archers n’étaient pas loin car ce sont eux qui, symboliquement, assurent la sécurité du monarque. Cornemuseurs et batteurs de tambour ont rythmé la cérémonie durant laquelle le Lord Provost, en présence des autorités, a confié les fameuses clés au roi. Comme ils en ont coutume, Charles III et Camilla ont accordé des audiences et le choix de la reine d’inviter J.K. Rowling n’a pas fait l’unanimité. L’auteure à succès de Harry Potter est connue pour ses positions douteuses dans différents domaines, mais le fait qu’elle ait redonné à de nombreux jeunes le goût du livre était un motif suffisant pour la reine, qui promeut elle-même la lecture dans tout le pays.
Mais le moment que tout le monde attendait assurément était la garden-party donnée par le souverain. Charles III est apparu en haut-de-forme, tout comme son frère Edward, venu l’épauler. La Reine avait choisi une tenue bleu marine rehaussée d’une broche en forme de chardon, hommage endiamanté à l’Écosse. La princesse Anne, le duc de Buccleuch et de nombreux notables n’étaient pas de trop pour s’intéresser aux invités qui pouvaient profiter des jardins du palais. L’imposant édifice a été bâti sur le site d’un monastère fondé par le roi David en 1128. Peu à peu, le complexe religieux a pris de l’ampleur mais il n’en reste aujourd’hui que d’imposantes ruines. Quant au palais, il n’a cessé de s’agrandir avec différentes phases de construction, dont l’une au début du XVIe siècle. Les rois et reines d’Écosse y résidèrent et on dit même que le fantôme de Marie Stuart hante les lieux !
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Le jour suivant, exit la Princesse royale, partie en France avec le duc de Gloucester pour les commémorations de la bataille de la Somme, mais arrivée du prince de Galles, sans son épouse, retenue à Londres par le tournoi de Wimbledon. William avait rejoint son père pour la réunion bisannuelle des chevaliers de l’Ordre du Chardon dans la cathédrale St Giles. Le roi n’accorde qu’avec parcimonie cette distinction, dont les origines remontent au XVIIe siècle. Cette année, la reine Camilla et le duc d’Édimbourg participaient pour la première fois en tant que chevaliers depuis leur investiture en 2024, coiffant le couvre-chef empanaché et revêtant l’ample cape vert émeraude.
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Autre point fort de cette semaine écossaise, le roi a dévoilé une statue à l’occasion du 20e anniversaire du Royal Regiment of Scotland. L’œuvre, représentant un lion de bronze couché montant la garde devant l’insigne du régiment, a été conçue par l’artiste écossais Kenny Hunter. Elle a été coulée en six sections distinctes, symbolisant l’unité des six régiments d’infanterie historiques d’Écosse qui ont fusionné pour former les SCOTS en 2006.
Charles III tient aussi à aller à la rencontre de ses compatriotes et, cette année, il s’est rendu à Jedburgh, capitale de l’ancien comté de Roxburgh. La cité, qui chevauche la rivière Jed Water grâce à un pont à trois arches datant de la moitié du XIIe siècle, était autrefois une ville très disputée à la frontière entre l’Angleterre et l’Écosse.
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Les habitants étaient au rendez-vous et le bain de foule du monarque fut on ne peut plus chaleureux, de quoi rassurer Charles III, qui avait fait publier pour la première fois le détail de ses impôts, toujours un sujet qui génère nombre de frictions dans le royaume. Cette Holyrood Week sert souvent de prélude à un séjour à Balmoral… ce domaine qu’appréciait tant Elizabeth II !
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