Christophe Vachaudez

27 September 2021

© DR

La veille, il avait convié les invités pour une soirée au palais Alliata di Pietratagliata, propriété du prince Biagio Licata Baucina et de la princesse Signoretta Alliata. Le jour J, c'est sous les merveilleuses mosaïques du XIIe siècle de la cathédrale érigée par les Normands que les jeunes scellèrent leur union. Détail inhabituel, la mariée arriva en calèche en premier lieu. Son père qui avait renoncé au kilt portait toutefois un gilet coupé dans le plus beau tartan. Clin d'œil aux origines de Lady Charlotte, on entendit soudain retentir quelques cornemuses. Jaime suivit, en compagnie de sa mère, en robe longue rose et mantille, sa tenue rehaussée de boutons en diamants qui, selon la tradition, furent la propriété de l'archiduchesse Marie-Christine, gouvernante de nos régions et sœur de Marie-Antoinette.

La duchesse de Calabre, mère du duc Jaime de Noto
La duchesse de Calabre, mère du marié © DR

La future princesse avait opté pour une somptueuse robe au bustier de dentelles signée de la britannique Philippa Lelley, une couturière qu'avait aussi choisie Flora Ogilvy, la petite-fille de la princesse Alexandra de Kent (dont nous vous relations les détails ici), pour ses noces voici dix jours. Elle figurait d'ailleurs parmi les convives aux côtés de son mari Timothy Vesterberg. Un diadème familial de perlees et diamants ornait la coiffure de Lady Charlotte. Curieusement, aucune pièce historique ne lui avait été prêtée et les coffres princiers sont loin d'être vides même si les ducs de Calabre sont à l'origine d'une des plus grandes dispersions de bijoux du XIXe siècle, chez Sotheby's, en 2018, avec quelques pièces d'anthologie ayant appartenu à Marie-Antoinette.

Les familles de Jaime, duc de Noto et de Lady Charlotte  
© DR 

Une haie de glaïeuls blancs menait à l'autel. Les observateurs furent surpris de ne voir aucun représentant de la famille royale espagnole, pourtant proches amis et cousins des princes de Bourbons-Siciles. Pour rappel, le grand-père du prince Pedro était un frère de la comtesse de Barcelone, mère du roi Juan-Carlos. Peu de membres du gotha en général mais les cinq tantes du marié avaient répondu présentes puisque l'on reconnaissait la princesse Cristina et Pedro Lopez-Quesada, la princesse Maria-Paloma et l'archiduc Siméon d'Autriche, la princesse Inèse et Don Michele Carrelli Palombi et la princesse Victoria et Markos Nomikos. Les trois sœurs et les trois frères de Jaime ne manquaient pas à l'appel. Le prince Juan escortait d'ailleurs sa grand-mère la duchesse douairière de Calabre, née princesse Anne d'Orléans. Cette dernière avait recyclé un ensemble jaune, déjà porté à plusieurs reprises, notamment à l'occasion du mariage du futur roi Felipe et de Letizia Ortiz, voici 17 ans.

Lady Charlotte Lindesay-Bethune
© DR 

Dans l'assistance, avaient pris place la princesse Carla de Bulgarie et son fils Mirko, le prince Maximilian de Windisch-Graetz dont la mère, l'archiduchesse Sophie assistait au mariage de la princesse Marie-Astrid de Liechtenstein, la marquise Leonia Frescobaldi, le prince Giacomo Massimo, la princesse Chantal d'Orléans et son époux le baron François-Xavier de Sambucy de Sorgue, la princesse Adélaïde d'Orléans, la princesse Marie d'Orléans, épouse du prince Gundakar de Liechtenstein ou encore les ducs de Huescar et les comtes d'Osorno, issus de l'illustre maison d'Albe. Tous rejoignirent Palerme où un dîner de gala avait pour cadre le palais royal, ancienne résidence des rois normands de Sicile mais aussi des ancêtres du prince Jaime, qui régnèrent ici jusqu'à l'unité italienne. Quand le présent rencontre le passé !

Publicité

Tous les articles

Publicité