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La cuisine vivante de Flamme

BruxellesFoodRestaurant

Martin Boonen

28 October 2022

Alors que les concepts culinaires, parfois très éphémères, se multiplient encore à un rythme parfois déroutant, on en vient à se demander où l’on peut encore manger quelque chose de simplement bon, voire de simplement très bon. Une adresse où manger bio et durable n’est pas un exercice intellectuel et gustatif alambiqué. Et bien cette adresse, c’est peut être bien Flamme.

Flamme, c’était Saussice, une adresse saluée par la critique pour la justesse de sa cuisine et de sa carte. Suite à un imbroglio juridique un peu vain, Bénédicte Bantuelle (gastronome sainement hédoniste et co-fondatrice de Bouchéry) et Hanna Deroover (experte des saveurs et spécialiste dans la sociologie alimentaire) ont été contraintes de changer de nom. Qu’à cela ne tienne, ce sera Flamme.

Bénedicte Bantuelle et Hanna Deroover, à l'origine de Flamme © Virgile Castro

Et si c’était un mal pour un bien ? Le nouveau patronyme de cette adresse, sise rue de Roumanie à St-Gilles, est en effet bien plus clair sur les intentions culinaires que ne l’était le précédent. Flamme n’est pas un restaurant mono-produit comme le laissait maladroitement entendre la précédente dénomination. En revanche, c’est effectivement une adresse qui met à l’honneur le feu. Sous toutes ses formes. Quel que soit le menu (qui évolue en permanence), il y aura toujours un élément qui fera intervenir le feu : fumaison, flambaison, grillade, rotisserie… Du coup, Saucisse ou Flamme, on a une petite préférence pour le nom définitif. Pourtant, celui-ci (Flamme donc) peut aussi nous jouer des tours. Notamment en convoquant tout un imaginaire de grill à l’américaine, où l’on vient pour avaler un gargantuesque T-bone steack avec des frites molles et palotes. Or, on en est loin. En passant les portes de Flamme, cela saute aux yeux.

Chez Flamme, le feu est le coeur de la cuisine... © Flamme

... sous toutes ces formes ! © Flamme

Le décor de briques apparentes et de mobilier contemporain est dans l’air du temps : joli, simple, lumineux et chaleureux. La lecture de la carte confirme l’impression donnée par la salle. Enfin, les cartes devrions-nous dire : il y en a deux. Une pour le déjeuner, l’autre pour le soir. Ni courtes, ni longues, parfaites, elles proposent en égal proportion des plats plutôt carnés, péscés et végés. On y retrouve avec plaisir quelques classiques de la cuisine de notre terroir : saucisse de porc Ménapien et jus moutarde, joues de porc confites à la bière, stœmp saucisse, ou encore boudin blanc compote. On pourrait s’imaginer quelques chose de très simple, voir de régressif, mais il n’en est rien. Si les plats de Flamme sont basiques, ils ne sont pas simplistes. En cuisines, il y a un chef qui … cuisine. Cuissons, assaisonnements, accompagnements, sauces et jus… c’est fin, léger et surtout gouteux : on n’est définitivement pas à la cantine !

© Flamme

© Flamme

D’ailleurs, l’exigence dans le choix des produits dits tout des ambitions gustatives de Flamme : les légumes viennent de chez Terroirist (une coopérative locale et bio) et la viande de chez Dierendonck, rien que ça (il y à même à la carte du soir le fameux contre-filet maturé Oedslach). Dans l’assiette, on retrouve notamment beaucoup de légumes lacto-fermentés maison. Il faut aussi évoquer les “miamiches”, spécialités de la maison, espèce de néo-burgers dont la préparation profite d’autant de soins et d’attention que le reste de la carte. Si vous en doutez, sachez juste que le pain des buns a été imaginé par Boulengier… c’est quand même un indice.

© Pauline Preel

Et pour accompagner cette cuisine joyeuse, les boissons sont au diapason. Craft beers et vins nature, sans tomber dans le cliché bobo, on aurait pas voulu boire autre chose dans un tel endroit. La bonne surprise vient avec l’addition. Au regard de ce qui nous a été servi, Flamme fait partie des meilleurs rapports qualité/prix qu’il nous ait été donné de gouter depuis longtemps.

© Flamme

© Flamme

Pas luxueux mais très qualitatif, pas chichiteux mais tellement savoureux, on sort de chez Flamme contenté, léger et heureux d’avoir – simplement – passé un excellent moment.

Photo de couverture : © Pauline Preel

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Adresse

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