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Quand l'auto se convertit au veganisme

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Stéphane Lémeret

24 February 2022

Siège vegan Polestar

Si vous pensez que l’engagement environnemental du monde automobile se limite à l’électrification, vous faites erreur. Soucieuse de réduire au maximum son bilan carbone, cette industrie s’implique à tous les niveaux, notamment celui qui nous touche au plus près : l’habitacle.

La transition électrique qui est en marche n’est, en effet, que la partie visible des efforts du secteur automobile. Et par visible, nous voulons dire « médiatisée ». Car en réalité, d’autres efforts sont encore plus palpables. Ils sont juste sous nos yeux. Osons même écrire sous nos fesses ! Et alors qu’on se demande encore si l’impact environnemental de l’électrification sera réellement positif, celui dont on parle ici le sera, sans la moindre discussion. Ce dont nous parlons aujourd’hui, ce sont les matériaux

Volvo Cars' new leather free material for its next generation cars consists of textiles made from recycled material such as PET bottles, bio-attributed material from sustainable forests in Sweden and Finland, and corks recycled from the wine industry

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Rôle d’avant-garde

Plastiques, mousses, cuir, tissus… Dans tous ces domaines, il y a beaucoup à faire, et les constructeurs sont déjà au boulot. En 2019, une marque nous parlait pour la première fois d’un nouveau revêtement de sièges, issu du recyclage de ceintures de sécurité, de vieux sièges et de bouteilles en plastique. C’était dans la petite Zoé électrique de Renault. Aujourd’hui, à peu près tous les constructeurs s’y mettent. Faisant mentir l’adage, celui qui en parle le plus, actuellement, n’est certainement pas celui qui en fait le moins. Ce constructeur, qui a toujours eu un rôle d’avant-garde sur les sujets sociétaux, comme la sécurité, la dépollution des gaz d’échappement, puis la disparition des moteurs thermiques, n’est autre que Volvo. Preuve de cet engagement, sa décision la plus récente…

Le model 3 de Tesla, 100% vegan. © Tesla

Le model 3 de Tesla, 100% vegan. © Tesla

Pollution et bien-être animal

Partant du constat que l’élevage de bétail, en grande majorité bovin, est responsable de 14 % des gaz à effet de serre d’origine humaine, Volvo a récemment décidé de supprimer peu à peu le cuir de ses listes d’option, en commençant par celles de ses véhicules 100 % électriques. Ce geste ne va d’ailleurs pas que dans le sens de la décarbonisation, mais aussi dans celui du bien-être animal. Il en va de même pour le développement des revêtements intérieurs en laine de haute qualité, provenant de fournisseurs qui garantissent une traçabilité écoresponsable sans faille. En est-ce donc fini de ce toucher et de cet aspect du cuir, synonyme de haut de gamme ? Non, car la marque a créé son propre substitut. Le Nordico est un « cuir synthétique » élaboré à partir de bouteilles PET recyclées, de matières certifiées bio provenant des forêts suédoises et finlandaises, et d’une autre matière inattendue, le liège. En effet, on retrouvera dans nos voitures des matériaux contenant des déchets de bouchons achetés à des entreprises viticoles. À l’avenir, chaque fois que vous déboucherez une bonne bouteille, vous pourrez vous dire que vous contribuez à rendre l’automobile moins polluante !

Plastiques purificateurs

Du bouchon, on en retrouvera aussi dans la Precept, future berline de standing de Polestar, la nouvelle marque de luxe liée à Volvo. Le modèle sera d’ailleurs une sorte de vitrine du matériau durable. Exemple très symbolique du combat environnemental : les tapis de sol de la voiture sont élaborés à partir de filets de pêche récoltés en mer. Mais la Precept fait encore plus fort, en s’attaquant à l’une des plus grandes sources de pollution mondiale : le plastique. Dans la Polestar, son utilisation est réduite de 80 % et il est remplacé par un nouveau « plastique » que l’on peut qualifier de purificateur. Il est, en effet, composé de fibre de lin, une plante aux multiples vertus. D’abord, il est biodégradable et 100 % recyclable. Pour pousser, il ne lui faut qu’un peu de pluie, et sa transformation est également très économe en eau et en énergie. Le lin n’a nul besoin de pesticide pour rester en bonne santé. C’est également un « nettoyeur naturel », puisqu’il purifie les sols, même très pollués, sur lesquels il pousse. Enfin, cerise sur le gâteau, le lin est très gourmand… en CO2 : un hectare en retient en moyenne 3,7 tonnes par an.

Bref, le monde de l’automobile est en pleine transition, et engage ses immenses ressources financières dans tout ce qui pourra réduire les émissions de CO2. Et, sans mauvais jeu de mot, on peut dire que cette industrie sera un vrai… moteur du changement !

Il Giardino : quand Uccle se met à parler avec les mains

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