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Maîtriser l'orthographe: un atout pour demain

Éditions LarousseEnfantsLangue françaiseOrthographeSociété

Corinne Le Brun

16 April 2026

Stimuler la curiosité de nos enfants et enrichir leur connaissance de la langue française. Un vrai défi ! Nous avons rencontré Carine Girac-Marinier, directrice des Éditions Larousse(1), qui nous livre ses réflexions.

Apprendre à lire, enrichir son vocabulaire, faire la chasse aux fautes d’orthographe… En première ligne, les enseignants accompagnent l’enfant dans sa maîtrise de la langue française. À l’heure d’Internet et de l’intelligence artificielle (IA), en quoi le dictionnaire serait-il encore utile à nos enfants ? Nous avons posé cette question – et d’autres – à Carine Girac-Marinier.

L’Éventail – L’utilisation de l’IA dans les écoles : opportunité ou danger, selon vous ?
Carine Girac-Marinier – Savoir utiliser l’IA peut être utile pour se former aux métiers de demain, mais il ne faut pas dépendre d’elle dans le cadre de la production d’écrits. L’IA peut être utile en tant que source d’information, mais il faut absolument savoir mettre ses contenus en perspective et garder un sens critique très développé. L’idéal, dans les écoles, serait donc que les enseignants puissent montrer les dérives et dangers de l’IA, tout en formant les jeunes à ne pas en avoir peur.

– Le dictionnaire papier a-t-il encore sa place dans les classes ? Quels en sont les bénéfices pour l’enfant ?
– Le dictionnaire a toute sa place à l’école et à la maison, car son utilisation permet d’exercer sa connaissance de l’ordre alphabétique, de mémoriser l’orthographe, de distinguer les différents sens (propre et figuré, notamment) d’un mot, d’en saisir les nuances et d’enrichir son vocabulaire avec des synonymes ou des antonymes. Qui plus est, le dictionnaire donne des informations encyclopédiques qui enrichissent la compréhension du monde. Pour toutes ces raisons, le dictionnaire reste très prescrit en classe et sa pratique (recherche de mots, de sens, etc.) fait partie des programmes scolaires.

– Trouver la signification d’un mot en “googlisant” ou en feuilletant les pages d’un dictionnaire, quelle différence voyez-vous ?
– En cherchant un mot dans le dictionnaire, on est davantage actif. On mémorisera donc mieux son orthographe, alors qu’en le “googlisant”, on reste passif car la complétion automatique vous suggère le mot toute seule. Qui plus est, c’est souvent en se trompant que l’on retient mieux les choses. Si vous cherchez dans le dictionnaire papier le mot “haricot” en oubliant qu’il prend un “h”, vous aurez l’impression momentanément que le dictionnaire s’est trompé et en comprenant votre oubli vous le retiendrez à vie ! Alors qu’avec la complétion automatique, si vous oubliez de taper le “h” de “haricot”, l’ordinateur le mettra de lui-même et vous ne retiendrez pas, puisque vous ne remarquerez même pas votre erreur.

– En quoi la maîtrise de l’orthographe et du vocabulaire est-elle un enjeu majeur dans le développement de l’enfant ?
– Maîtriser l’orthographe est fondamental pour les adultes de demain, dans le cadre tant personnel (courriers administratifs) que professionnel. Avoir du vocabulaire est également essentiel car, d’une part, cela permet de mieux comprendre les débats de société et de mieux saisir les subtilités du monde d’aujourd’hui, et, d’autre part, cela peut aider à prendre confiance en soi et à oser participer à ces débats. Donc, dans le cadre scolaire, il est tout à fait fondamental de vouloir faire progresser chez tous les enfants la maîtrise de l’orthographe et du vocabulaire, pour former les futurs citoyens de demain et les rendre à même de participer à la vie en collectivité. Dans le cadre, qui plus est, de l’arrivée de l’IA et d’éventuelles “fausses informations”, il faut aussi former les jeunes à l’art de la nuance et développer leur sens critique, en leur apprenant à lire entre les lignes ou à déceler ce qui relève de l’opinion individuelle. Savoir manier la langue, grâce aux dictionnaires, améliore les capacités cognitives et développe l’imagination (on cherche un mot et, de page en page, on parcourt plusieurs articles, on admire des reproductions d’œuvres d’art, on découvre des informations encyclopédiques…). Cela développe aussi la créativité et le sens critique, ménage la nuance, apprivoise la durée, offre le recul – bref, dispense les outils utiles à chaque individu pour construire sa liberté et son autonomie.

– Pourquoi la lecture et l’orthographe reculent-ils chez les jeunes ?
– La pratique de la lecture recule chez les jeunes, car ils sont de plus en plus happés par l’instantanéité des écrans. Près d’un jeune sur cinq ne lit pas pendant son temps libre. Entre seize et dix-neuf ans, cette proportion atteint 38 %. Dans le même temps, les jeunes passent dix fois plus de temps sur les écrans qu’à lire des livres(2). La baisse du niveau d’orthographe est liée à cette baisse de la lecture, car plus on lit et plus on mémorise l’orthographe.

larousse.fr

(1) Directrice du Département Encyclopédies, Dictionnaires, Parascolaire et Beaux Livres aux Éditions Larousse. (2) in Les jeunes Français et la lecture, étude du Centre National du Livre (CNL), avril 2024.

© SHUTTERSTOCK : ALLAMA I LAROUSSE

Le goût de lire

Pour transmettre le goût de lire, il est très important de faire la lecture tous les jours aux plus petits, d’inciter les plus grands à créer des rituels quotidiens et à lire, même dix minutes, chaque jour, de les emmener régulièrement dans les librairies et les bibliothèques, de continuer à lire devant eux et, bien sûr, de leur offrir des livres.

  • de 0 à 3 ans :
    Les rituels de lecture sont essentiels : c’est un moment que les parents partagent avec l’enfant, qui écoute attentivement les histoires, regarde les images et retient parfois les mots comme dans une comptine. On peut également jouer avec les sons pour susciter l’envie de lire en faisant des petits jeux (A comme Abricot, Abeille…), pour attiser la curiosité des enfants.
  • de 7 à 10 ans :
    Une fois que les enfants ont appris à lire, il est très important de leur mettre dans les mains des ouvrages adaptés à leur niveau de lecture : avec des textes simples, si possible en lien avec la progression syllabique apprise à l’école. Ces textes doivent être courts, contenir des illustrations pour ne pas leur faire peur et une petite pagination pour mettre l’enfant en confiance. L’idée, c’est que l’enfant puisse aller au bout de l’histoire, qu’il prenne confiance en lui et prenne aussi plaisir en lisant une courte histoire drôle ou mystérieuse. Plus l’enfant sera lecteur, plus les livres qu’on pourra lui offrir auront moins d’images, davantage de textes et de pages. L’important, c’est de ne pas le brusquer, ne pas le mettre en échec et lui permettre d’expérimenter avant tout le plaisir de lire.
  • de 11 à 15 ans :
    Entre onze ans et quinze ans, il est fondamental de développer le plaisir de la lecture : il existe à cet égard des romans, classiques ou contemporains, formidables. Les enseignants sont souvent des défricheurs : ils savent ce qui peut plaire aux adolescents. La lecture peut ainsi devenir une évasion ou une ouverture sur le monde.

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