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Sylvie Dejardin

23 October 2022

Cette année, la campagne de sensibilisation du Breast International Group (BIG) à l’occasion d’Octobre rose a pour thème “Missing”, sujet qui renvoie à l’absence. En effet, le cancer du sein reste responsable de nombreux décès et la recherche vise à améliorer les taux de guérison pour ne plus perdre aucun proche. Le docteur Philippe Aftimos, oncologue, chef de l’Unité de Recherche clinique à l’Institut Bordet, nous éclaire sur ces traitements qui font gagner le combat pour la vie.

L’Éventail – Les cancers du sein liés à des mutations génétiques touchent de nombreuses femmes. Le programme AURORA a été créé pour étudier ces phénomènes. Quelle est son ampleur ?

Philippe Aftimos –  BIG a développé ce programme inter-national dans onze pays européens où 1100 patientes et patients présentant des cancers avancés ont été recrutés pour réaliser un profilage moléculaire. Des biopsies au cœur des tumeurs ont été réalisées pour détecter ces  altérations génomiques. AURORA a permis  d’analyser un panel de 411 gènes liés au  cancer chez les personnes présentant des  métastases, avec l’objectif de mieux com-prendre la maladie, son évolution et de trouver de nouveaux traitements.

Cancer Cell Oncology concept Immunotherapy Treatment with gene editing T-Cells 3d rendering

– Quel traitement est actuellement proposé aux femmes présentant ce type de cancer ?

– AURORA a démontré que 51 % des patientes présentaient un cancer avec au moins une altération génomique ciblable par un traitement spécifique. C’est le concept de médecine de précision. Nous retrouvons les mutations de BRCA1 et BRCA2 parmi ces altérations ciblables. Quand elles sont héréditaires, ces mutations sont responsables du développement du cancer du sein, le plus souvent à un âge précoce. De nouveaux traitements appelés “inhibiteurs de PARP” ont été proposés aux patientes et ont présenté de meilleurs résultats que la chimiothérapie dans la maladie avancée. Le cancer du sein, dans ce cas de figure, est lié à un problème de réparation de l’ADN dont le  mécanisme est défectueux. Grâce à l’inhibiteur de PARP, les cellules cancéreuses sont privées d’un deuxième processus de  réparation de l’ADN et vont mourir.

Ces molécules ont été testées dans l’étude internationale OlympiA, menée par BIG avec des patientes présentant un cancer en stade précoce mais à haut risque de récidive, ainsi que ces mutations héréditaires. Après un traitement standard, deux groupes de  patientes ont reçu soit l’inhibiteur de PARP, soit un placebo. Le traitement par inhibiteur de PARP a réduit le risque de récidive de 42 % et le risque de décès de 32 %. C’est une avancée majeure dans le combat que mènent ces femmes contre la maladie et une opportunité pour elles de passer plus de temps avec leur famille. OlympiA montre l’importance d’un réseau mondial comme BIG dans la découverte de nouveaux traitements.

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BE08 0689 0916 0213
www.bigagainstbreastcancer.org

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