France, Paris

Du 12 avril 2022 au 17 juillet 2022

Antoni Gaudi (1852 – 1926) Fauteuils du palais Güell Acajou sculpté et doré à la feuille d’or, velours, cuir de Cordoue, 113 × 67 × 86 cm Paris, collection Kiki et Pedro Uhart Photo © Kiki et Pedro Uhart

Antoni Gaudi (1852 – 1926) Paravent de la Casa Milà (La Pedrera), 1909 Chêne, vitre cathédrale rose pâle, 196 × 400 × 2,5 cm Paris, collection Kiki et Pedro Uhart Photo © Kiki et Pedro Uhart

Paravent de la Casa Milà (La Pedrera), 1909, chêne, vitre cathédrale rose pâle. © Kiki et Pedro Uhart

Organisée avec le Museu Nacional d’art de Catalunya de Barcelone (où elle sera présentée l’hiver prochain), l’exposition du musée d’Orsay, à travers des pièces de mobilier exceptionnelles, mais aussi des documents photographiques, des maquettes, des moulages et quelques dessins, s’attache à montrer l’extraordinaire capacité d’invention de l’artiste qui fut sans cesse à la recherche de la bonne interaction entre la forme, le volume et l’organisation spatiale ; l’espace et la couleur. Elle nous fait aussi découvrir les techniques sophistiquées mises en œuvre dans son atelier où s’activaient de nombreux collaborateurs.

Fauteuil du salon de l’étage principal de la Casa Calvet, vers 1900 Photo © Museu Nacional d’Art de Catalunya, Barcelona, 2021
Jardinière tripode de section triangulaire, 1905. © DR

Difficile de dépasser « cet énorme bibelot touristique qu’on a fait et qu’on continue de faire » du grand Gaudí servi à toutes les sauces dans les brochures et les prospectus, de « comprendre son œuvre dans sa profonde intensité, [de] saisir son caractère dramatique » (1) et éminemment symbolique, voire politique… C’est pourtant ce à quoi se sont attelés les commisaires de cette exposition d’envergure.

On retiendra la leçon en quatre notions. Tout d’abord, l’audace – l’audace d’une console « réduite à » la concrétion du flétrissement d’une feuille d’arbre suspendue au mur (réalisée entre 1906 et 1910 en bois doré), ou d’une vitrine en encoignure dressée sur trois pointes, telle une danseuse. La richesse des matériaux, ensuite – tels ces fauteuils d’acajou sculpté et doré à la feuille d’or, tendus de velours et de cuir de Cordoue, réalisés vers 1884 pour le Palais d’Eusebi Güell (membre éminent de la nouvelle bourgeoisie barcelonaise et principal commanditaire de l’artiste). Puis, l’éclectisme – déployé dans les bois chantournés et dorés et les tissus damassés des chaises et fauteuils du même palais. La liberté toute organique, ou osseuse, des lignes, enfin – dessinée admirablement, notamment, dans le sublime paravent de la Casa Milá de La Pedrera (1909) faisant ondoyer dans un corset de chêne des vitres cathédrale rose pâle…

En couverture : Fauteuils du palais Güell Acajou sculpté et doré à la feuille d’or, velours, cuir de Cordoue, 113 × 67 × 86 cm © Kiki et Pedro Uhart

Musée d'Orsay, Rue de la Légion d'Honneur, Paris, France

Informations supplémentaires

Exposition

Gaudí

Dates

Du 12 avril au 17 juillet 2022

Adresse

Musée d’Orsay
1 Rue de la Légion d’Honneur
75007 Paris, France

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