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L'Expo Capitale : Rome

expocapitale

Rédaction Eventail

06 July 2017

© Droits réservés

Un sacré numéro, ce Botero ! Né en 1932 à Medellín, le père des modèles les plus plantureux de l'histoire de l'art se voit dédier une rétrospective dans une capitale éternellement prisée, j'ai nommé Rome.

Apparemment, commencer un article par une citation serait de mauvais goût (vague souvenir d'école). Une maladresse difficile à contourner tant l'une des premières à ouvrir le parcours du Vit-toriano est significative. "La forme prime, parce qu'elle définit le style. Impossible de philosopher par la couleur ; seule la forme le permet". Ainsi parlait, parle - il n'est pas encore enterré - Fernando Botero. Un précepte dont rendent parfaitement compte les sculptures postées à l'entrée de l'exposition - un cheval à l'extérieur, une poignée de femmes, à l'intérieur - mais qui se contredit au fil des salles.

 
 © Iskra Coronelli
 

Le bronze à l'état pur souligne la netteté des courbes modelées. Les silhouettes de Botero ont beau être grosses, elles ne sont pas grasses. Leur grâce tient précisément à la fermeté de leurs membres sciemment disproportionnés. "Il arrive que mes sujets soient déformés ; ce qui donne l'impression que je porte un regard satirique sur la vie. Ce n'est généralement pas vrai. La déformation dans ma peinture repose sur un souci esthétique et non des raisons stylistiques".

 
 © Droits réservés
 

Parlons-en de sa peinture ! Puisque la couleur importe peu, pourquoi se montre-t-elle si palpable ? La palette de Botero révèle une matérialité troublante et ce, dès la première salle, consacrée aux maîtres anciens. Jamais l'infante des Ménines (hommage à Vélasquez) n'aura été aussi rouge. Les murs adjacents renferment d'appétissantes natures mortes. On serait presque tenté de les croquer : la couleur n'y prend pas forme - celle de fruits ou légumes -, elle est forme. Des morceaux de bleu, de vert, de jaune y cohabitent, telles les pièces d'un puzzle que Botero aurait savamment prédécoupé.

 
 © Droits réservés

Ses opinions politiques, thème abordé plus loin, au même titre que le cirque ou le carnaval, sont-elles aussi tranchées ? Il faut croire que non. Conformes à son sens des disproportions, ses portraits officiels confinent à la caricature. Pourtant, loin de lui le vœu de ternir le pouvoir, qu'il perçoit comme une nouvelle occasion de faire exploser sa palette. La couleur, encore et toujours ! Un héritage précolombien qu'il revendique haut et fort. Le parcours se conclue sur les nus difformes qui ont forgé sa réputation et qui, avec tact, confortent les spectatrices dans une féminité perdue ou intacte.

Botero
Jusqu'au 27 août.
Complesso del Vittoriano
Piazza Venezia
Rome, Italie
www.ilvittoriano.com

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