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D'Albin Michel à Gallimard, les fidélités d'Amélie Nothomb

LittératureLivreRoman

Martin Boonen

06 November 2026

Après trente-quatre ans chez Albin Michel, Amélie Nothomb rejoint Gallimard, selon une information que Le Figaro présente comme acquise depuis le 5 novembre. La presse française relie cette rupture au licenciement de Florence Godfernaux, son attachée de presse historique et amie. Il y a trois ans encore, la romancière affirmait publiquement sa fidélité à son éditeur.

En novembre 2023, Amélie Nothomb était la marraine de la nouvelle librairie qu’Albin Michel ouvrait boulevard Raspail, à Paris. Elle y avait réaffirmé publiquement sa fidélité à la maison et rappelé avoir décliné d’autres propositions au fil des années. Trois ans plus tard, la romancière belge s’apprête à publier ailleurs. Le 30 octobre, Le Parisien évoquait un départ probable vers Gallimard. Le 5 novembre au soir, Le Figaro l’annonçait comme acquis. Le titre de son premier livre chez Gallimard, sa date de parution et les conditions de l’accord n’ont pas été rendus publics.

Une maison et un bureau

Le lien remonte à 1992 et à la parution d’Hygiène de l’assassin chez Albin Michel. Depuis, Amélie Nothomb a publié un roman à chaque rentrée littéraire, toujours chez le même éditeur. En septembre 2025, une enquête des Échos Week-End consacrée à l’éditeur décrivait encore son bureau dans ses locaux et la présentait comme l’une de ses valeurs sûres. Son roman de la rentrée 2026, L’Adolescence du perroquet, a paru chez Albin Michel le 19 août.

© Denis Guignebourg/BestImage

Pour le public, son nom était associé à la rentrée littéraire d’Albin Michel, et son parrainage de la librairie du boulevard Raspail avait encore resserré ce lien. Albin Michel perd avec elle l’une des figures qui représentaient la maison auprès des lecteurs.

Florence Godfernaux, une interlocutrice essentielle

Toutes les informations publiées mentionnent Florence Godfernaux. Attachée de presse historique de la romancière, elle a ensuite pris la responsabilité du service de presse d’Albin Michel. Sa fonction ne faisait pas d’elle l’éditrice de Nothomb, qui reçoit le manuscrit et travaille le texte. Elle s’occupait des relations avec la presse, un poste exposé auprès d’une autrice aussi sollicitée.

Dès septembre 2004, un portrait paru dans le quotidien suisse Le Temps la désignait comme l’attachée de presse de Nothomb et décrivait déjà leur proximité : Florence Godfernaux y protégeait la romancière des sollicitations des médias. Leur relation est aussi personnelle. En décembre 2025, sur RTL, Amélie Nothomb racontait que Florence Godfernaux l’avait accueillie pour son premier Noël en France, et que ce Noël était devenu une tradition chaque fois qu’elle se trouve à Paris à cette période de l’année.

Selon Le Parisien, dont les informations ont été reprises par ActuaLitté, c’est le licenciement de Florence Godfernaux qui aurait conduit la romancière à quitter la maison. Les intéressés n’ont pas confirmé directement ce lien de cause à effet, et les raisons de ce licenciement n’ont pas été rapportées.

Le choix de Gallimard

Si cette version se confirme, le départ ne serait pas venu d’une offre concurrente, puisque Amélie Nothomb disait en 2023 en avoir déjà refusé. Elle aurait suivi le sort d’une collaboratrice avec laquelle elle travaille depuis au moins 2004 et dont elle a fait une amie. Aucune déclaration de sa part ne permet, pour l’instant, de le vérifier.

Albin Michel a pu compter pendant trente-quatre ans sur la fidélité d’une autrice qui déclinait les propositions des autres maisons. Selon la presse, une décision interne visant une seule collaboratrice aurait suffi à y mettre fin.

Amélie Nothomb n’a pas exposé publiquement ses raisons, et aucune condition financière n’a été rapportée. Elle rejoint une maison du groupe Madrigall, que Livres Hebdo présente comme le troisième groupe de l’édition française et dont le dirigeant revendique 18 % du marché de la littérature grand format en 2025.

Le titre et la date de son premier livre chez Gallimard ne sont pas connus, pas plus que la collection qui l’accueillera ou la personne qui suivra son travail éditorial. On ne sait pas non plus si Florence Godfernaux continuera à l’accompagner, chez Gallimard ou ailleurs.

Photo de couverture : © Cédric Perrin/Bestimage

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