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Gros Cœur : « On tient à l’idée de proposer une musique qui fasse voyager »

Belgian BandInterviewMusique

Maxime Delcourt

14 January 2026

Depuis Liège, ce quatuor redonne des couleurs au rock psychédélique dans des morceaux chantés en français, qui s’étirent régulièrement sur plus de six minutes. Deux ans après un premier album prometteur, Gros Cœur propose aujourd’hui Vague scélérate, un deuxième long-format qui doit autant aux débuts de Tame Impala qu’à Philippe Katerine. Alexandre De Bueger, le batteur, en détaille les coulisses.

Eventail.be – Gros Disque, votre premier album, est né après une période mouvementée, notamment le Covid, survenu alors que vous veniez à peine de former Gros Cœur. Comment est né Vague scélérate ?
Alexandre De Bueger –
Il y avait effectivement une certaine frustration autour de la sortie de notre premier album, que l’on avait décidé d’enregistrer en live, dans l’idée de capter l’énergie d’un concert. Ce deuxième album, on souhaitait qu’il soit plus collaboratif, plus produit, tout en gardant ce côté home-made (c’est d’ailleurs Adrien, le chanteur, qui l’a mixé). L’idée était d’aller plus loin dans nos recherches autour des sons, de composer des mélodies qui soient différentes de ce que l’on propose en live.

– On a l’impression que vos morceaux naissent de longues jams où vous tentez tout ce qui vous passe par la tête. C’est le cas ?
Ça nous paraît tout simplement plus intéressant de faire des morceaux qui s’étirent, qui contiennent de multiples niveaux de lecture et qui développent une sorte de narration. On est parfois tenté de les couper en deux, ne serait-ce que pour leur permettre de durer quatre ou cinq minutes, et donc d’avoir un format plus standard, mais on tient finalement à l’idée de proposer une musique qui fasse voyage. Et puis, oui, ça reflète notre processus : on joue, on jamme, on enregistre des trucs assez inaudibles de 40 ou 50 minutes, puis on condense et on tente de rendre cette matière-là plus intéressante.

– À l’évidence, vous faites partie de ces groupes pour qui le format album a encore de l’importance. Y-a-t-il un disque qui met tout le monde d’accord au sein de Gros Cœur ?
Pas vraiment… Même si on se retrouve tous sur le concept de Gros Cœur, il faut bien avouer que nous n’avons pas les mêmes goûts. Jimmy, le guitariste, ne jure que par des groupes pop d’influence britannique comme Oasis ou Arctic Monkeys, alors que moi, je n’écoute que de la folk et des chansons de singer-songwriters américains. Julien, le bassiste, est plutôt dans l’ambient. En fin de compte, c’est Adrien qui est le plus branché rock psyché. C’est une bonne chose. Ce côté patchwork vient indéniablement nourrir notre musique.

– Ce qui vous caractérise, c’est aussi un côté décalé finalement assez singulier au sein de la scène rock, qui ne s’autorise que rarement l’humour…
On tient effectivement à conserver l’amusement au centre de tout. Ça se voit notamment dans nos clips, que l’on réalise nous-mêmes et au sein desquels on refuse de se prendre au sérieux. On est persuadé que cette approche, disons plus légère, n’est pas incompatible avec le fait de faire de la musique très sérieusement. Vague scélérate, par exemple, est plus sombre, plus adulte que Gros Disque, on sent que l’on maîtrise mieux notre propos, que la structure basse-batterie nous permet d’aborder autrement nos morceaux. Et pourtant, un clip comme « Contre-Corps », avec ce plan fixe et ce montage, tient presque de la blague.

– On sait que vous travaillez déjà sur le prochain album. Est-ce parce qu’un groupe est aujourd’hui condamné à être continuellement productif pour exister ou est-ce tout simplement parce que vous débordez d’idées ?
Disons que c’est une combinaison des deux. Cela dit, notre moteur, c’est vraiment de produire de la musique en permanence, d’explorer d’autres styles. On a un côté chien fou. À tel point que si on se laissait aller, on sortirait probablement un album par an… On aime cette idée de flux tendu et, par chance, on est aujourd’hui entouré par plusieurs labels en France, en Angleterre et en Belgique, ce qui nous permet de sortir nos albums dans les meilleures conditions. Rendez-vous en 2026 !

Photo de couverture : © DR

L’Empire du sommeil

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Du bel Endymion plongé dans un sommeil perpétuel par Sénélé, la déesse de la Lune, à la Dormition de la Vierge, en passant par l’insomnie de Job ou l’ivresse de Noé, la mythologie du sommeil a, depuis l’Antiquité, inspiré les plus grands artistes.

France, Paris

Du 09/10/2025 au 01/03/2026

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