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Michel Polnareff, La Poupée qui fait non

Rédaction Eventail

29 April 2016

© Michel Clement / AFP

[caption id="attachment_16104" align="alignnone" width=""]Michel Polnareff en 1984...[/caption]Eventail.be vous propose de (re)plonger dans la manne à disques... De nombreux tubes ont jalonné l'histoire de la musique. Rendez-vous chaque mois pour le Tube du Grenier. Ce mois-ci, retour sur le premier single de Michel Polnareff, La Poupée Qui Fait Non, qui fête aujourd'hui son cinquantième anniversaire.

Voilà un single porteur d'un tas de bonnes nouvelles. La première, c'est l'émergence d'un talent hors normes, nouvelle incarnation du renouvellement de la pop française au mitan des années 1960 et promesse que l'on ne devra pas éternellement s'en remettre au célèbre trio Brel-Brassens-Ferré. L'autre excellente nouvelle, ce sont ces paroles, en apparence anodines, mais qui prônent sous un vernis enfantin la libération sexuelle: "Elle est tellement jolie/ Que j'en rêve la nuit (...) Pourtant je donnerais ma vie/ Pour qu'elle dise oui.". Troisième excellente nouvelle, la puissance de La Poupée Qui Fait Non n'est redevable à aucun calcul ni référence, mais uniquement au talent de son auteur, Michel Polnareff, et de ses complices: Franck Gérald aux paroles (plus tard, il écrira également Love Me Please Love Me ou Sous Quelle Étoile Suis-je Né?) et, plus étonnant, Jimmy Page (futur membre des Yardbirds et fondateur de Led Zeppelin) à la guitare.

Ce sont tous ces éléments qui font aujourd'hui encore de ce single, sorti le 29 avril 1966, un classique absolu du paysage francophone, dont la magie originelle n'est toujours pas usée cinq décennies après sa publication – sinon, comment expliquer que cette mélodie, guillerette et légère, ait été reprise aussi bien par Jimi Hendrix et The Byrds que par Saint Etienne, Mylène Farmer et Scott McKenzie (l'auteur de San Francisco) ? Pourtant, si Michel Polnareff prouve ici que la chanson française n'est pas nécessairement destinée à un public de vieilles dames aux permanentes mauves, écoulant plus de 200 000 exemplaires de sa célèbre poupée, on est encore bien loin des orchestrations sophistiquées mises en place par l'homme aux lunettes blanches quelques années plus tard sur des titres comme "Qui a tué grand maman?" - composé en 1971 en hommage à son mentor Lucien Morisse, à qui l'on doit la découverte de Dalida et Petula Clark – ou l'indépassable "Le Bal des Laze", écrit en 1968 dans un studio où brûlaient, afin de recréer l'atmosphère glaciale d'une église, plus de cinq mille bougies.

Mais qu'importe l'absence de sophistication, Michel Polnareff prouve ici que l'on peut dire beaucoup avec peu, et livre au passage, à seulement 21 ans, l'un de ses singles les plus aboutis, diablement séduisant.

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