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Rania de Jordanie, une reine dans la tourmente

  • Rédigé par Christophe Vachaudez
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Rania de Jordanie, une reine dans la tourmente © Droits réservés

Classée dans le top des souveraines glamours du gotha, Rania de Jordanie exerce pourtant sa charge au sein de l'une des monarchies les plus exposées du globe, gérant avec charme et intelligence une marche de manoeuvres étroite, dans un contexte souvent explosif. Retour sur un portrait dressé par notre spécialiste Christophe Vachaudez au printemps 2015.

Femme de son époque, l'épouse du roi Abdallah est sans doute la seule reine disposant d'un compte sur Twitter et d'un autre sur Facebook, ouverts à tous. Elle utilise le premier, suivi par 3.500.000 d'utilisateurs, pour échanger des points de vue et favoriser les mutations idéologiques. Le second qui frôle aujourd'hui les quatre millions d'adeptes lui permet d'encourager les dialogues interculturels et interreligieux, dans la tolérance et l'écoute de l'autre. Par le biais des réseaux sociaux, Rania tente d'être une souveraine accessible et elle a gagné son pari. Préoccupée par les dérives de certaines mouvances, elle a initié sur You Tube une plate-forme où elle invite les participants à partager leur opinion sur le Moyen Orient, l'Islam et le Monde arabe, un moyen de rétablir la vérité et de se débarrasser des stéréotypes malheureux. Elle fut l'une des premières à mesurer l'impact de la cyber-communication et ce n'est pas un hasard si elle a reçu en novembre 2008 le YouTube Visionary Award.

La reine des enfants

Coqueluche des medias, la Reine participe aussi à des clips ou à des campagnes en faveur de l'éducation, de la santé ou de la micro-finance, acceptant même de débattre lors d'émissions télévisées ou de forums de portée internationale. Quand son époux accède au trône le 7 février 1999, elle n'est que princesse-consort mais, le 22 mars suivant, elle est proclamée souveraine du royaume hashémite, devenant à cette date la plus jeune reine au monde. Ce qui aurait pu constituer pour elle un handicap se transforme finalement en atout de premier plan. Pourtant, quand elle rencontre le prince Abdallah en janvier 1993, rien ne la prédestine à la fonction suprême puisque le successeur du roi Hussein, en fonction des us en vigueur, n'est autre que son frère le prince Hassan. Un décret entérina les changements et la passation de pouvoir eut lieu sans encombres, modifiant au passage le destin de Rania al Yassin, née au Koweit de parents palestiniens le 30 août 1970. La nouvelle Reine a fréquenté l'école anglaise de Jabriya, avant d'obtenir une maîtrise en Business Administration à l'Université du Caire et de gagner Genève pour entamer des études approfondies en gestion d'entreprise. En mars 1993, ses fiançailles sont officielles et le 10 juin, le mariage est célébré à Amman. D'emblée, elle essaie de se rendre utile et son premier projet d'envergure prend forme en 1995 avec la création de la Jordan River Foundation, un programme qui s'attache à privilégier le bien-être des enfants en les dégageant des enjeux politiques et des tabous culturels. La Fondation qui a récemment fêté ses vingt ans aide les jeunes confrontés à la maltraitance et veille à ce que chacun puisse accéder à l'éducation.

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A New York, la reine Rania de Jordanie a remis le prix The Leadership in Civil Society à Malala Yousafzai, une militante pakistanaise des droits de l'homme © Getty images

 

On l'aura compris, Rania de Jordanie a fait de l'enfance son cheval de bataille, multipliant les initiatives comme la création, en 2003, d'un fonds spécial destiné à assurer le futur des orphelins, ou d'un organisme chargé d'apporter des soins gratuits aux enfants souffrant de déformations faciales et baptisé Opération Sourire. L'UNICEF ne s'y est pas trompé et l'associe depuis longtemps à ses campagnes de sensibilisation, la nommant en 2007, Ambassadeur pour les Enfants dans le Monde. Attentive à l'éducation des femmes et des jeunes filles, elle a rejoint l'UNGEI en 2009. Mais ce n'est pas tout, la souveraine hashémite a soutenu un projet appelé Madrasati (Mon école) qui visait à rénover, sur une période de cinq ans, l'ensemble des 500 écoles du Royaume. Elle a créé le Queen Rania Scholarship Program, qui facilite l'envoi d'étudiants jordaniens à l'étranger, et le Queen Rania Award for Excellence qui récompense chaque année des enseignants méritants. Enfin, en 2009, elle milite lors de la campagne 1Goal : Education for All qui vise à ramener 75 millions d'enfants sur le chemin de l'école, et ce, avec l'aide de stars internationales du ballon rond.

Un engagement sans faille

Présidente de l'Association Royale pour la Santé, la Reine défend aussi le droit aux soins, un sujet qui se couple parfois avec la condition féminine dont elle est une des plus ardentes défenderesses. Ainsi, lors d'une interview télévisée, elle n'a pas craint d'évoquer le port du hijab, qui selon elle, devrait être entièrement laissé à l'appréciation des intéressées. Cependant, depuis le Printemps Arabe, il lui a été demandé, pour des raisons de sécurité, d'arborer des tenues discrètes afin d'éviter toute polémique. La Reine dont le goût pour la haute couture est bien connu a donc bridé ses envies tout en ne perdant rien de son élégance naturelle. Comme la reine Maxima des Pays-Bas ou la grande-duchesse Maria-Teresa de Luxembourg, Rania de Jordanie est une des avocates du micro-crédit, un thème qu'elle a évoqué au Forum économique mondiale de Davos dont elle est une des intervenantes les plus assidues.

Un-engagement-sans-faille
La prince Hussein, la princesse Salma, la reine Rania, la princesse Iman, le roi Abdullah II et le prince Hashem de Jordanie en juin 2014 lors de la remise de diplôme d'Iman © Droits réservés 

 

Quatre fois maman avec le prince héritier Hussein, né le 28 juin 1994, la princesse Iman, née 27 septembre 1996, la princesse Salma, née le 26 septembre 2000, et le prince Hashem, né le 30 janvier 2005, la reine Rania a écrit, et on l'ignore souvent, des livres pour enfants dont un volume sur le roi Hussein, un autre dédié aux mamans et un ouvrage racontant l'histoire d'une petite fille déterminée à franchir tous les obstacles pour aller à l'école. En reconnaissance de son engagement, la Souveraine s'est vue décerner de nombreux prix dont le PeaceMaker Award ou le North-South Prize remis en mars 2009 par le Conseil de l'Europe, quand ce n'est pas elle qui confère des récompenses comme ce fut le cas à New York quand la Pakistanaise Malala reçut de ses mains le Clinton Global Initiative's Citizen Award.

Il y a peu, elle défilait dans les rues d'Amman, avec ses sujets, pour dénoncer l'exécution du pilote jordanien par les barbares de l'État islamique. Reine engagée, Rania fait la fierté d'un peuple qui a bien besoin de lumière et d'espoir en ces temps tristes et obscurs.

 

Rédigé par Christophe Vachaudez

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