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Dans la Cour des Grands : « Famille je t'aime ... moi non plus ! »

  • Rédigé par Thomas de Bergeyck
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La reine Elizabeth II, le duc et la duchesse de Sussex, le prince William et la princesse Catherine, duc et duchesse de Cambridge, se tiennent sur le balcon du palais de Buckingham à Londres pour regarder le défilé aérien du centenaire de la RAF en 2018 La reine Elizabeth II, le duc et la duchesse de Sussex, le prince William et la princesse Catherine, duc et duchesse de Cambridge, se tiennent sur le balcon du palais de Buckingham à Londres pour regarder le défilé aérien du centenaire de la RAF en 2018 © Anwar Hussein/Empics Entertainment/Photo News

C'est une tradition, semble-t-il, dans nos monarchies et elle est tenace : il est toujours une altesse pour ne pas s'en laisser conter. Un visage qui dépasse de la meute, la contemple et qui, à un moment, se retourne contre elle et s'en va paître au loin. L'aventure américaine du 6e en ordre de succession britannique n'y fait pas exception. Elle nous prend de stupeur. Mais nous renvoie, aussi, vers une certaine idée de la liberté.

Il ne faut pas aller très loin pour trouver dans les annales royales pareil exil : n'est-ce pas Edouard VIII qui, au cœur des années 30, a envoyé valdinguer carrosses et honneurs pour convoler avec une double divorcée ? À la différence qu'ici, c'est bien un roi qui a choisi de faire une croix sur son destin par amour ?

Vous me direz, il est facile de prendre pour exemple le paria le plus connu de la planète, de surcroit aïeul de notre rouquin récalcitrant, et de l'ériger en contre-exemple. Alors allons voir plus loin : la Norvège a sa rebelle : Martha-Louise qui, tout récemment, avait avoué avoir refusé le trône à un moment où il était question de modifier la loi salique. En 2002, elle demande à perdre son prédicat d'altesse royale pour épouser son artiste torturé Ari Behn et communiquer tranquillement avec les anges.

 

La princesse Martha Louise de Norvège et son mari Ari Behn
La princesse Martha Louise et Ari Behn lors du mariage du prince héritier de Suède Carl Philip et de Sofia Hellqvist au palais de Stockholm le 13 juin 2015 © Alain Benainous/Allpix/Photo News

 

Souvenons-nous encore de Johan Friso, aux Pays-Bas, qui n'a pas souhaité épiloguer lorsque le gouvernement a refusé son mariage avec Mabel Wisse-Smit, au parfum de soufre. Elle était celle qu'il lui fallait, mais elle avait entretenu des relations plus que rapprochées avec un célèbre baron de la drogue aux Pays-Bas. Il a donc cédé sa deuxième place dans la succession au trône batave. Qu'importe. Sauf qu'ici, il n'était pas question de conflit larvé avec l'institution ou avec la famille. Juste un « pas de côté » subtilement organisé ...

 

Johan Friso des Pays-Bas avec Mabel
La princesse Mabel et le prince Johan Friso dans le centre de Middleburg en 2010 © Marcel Antonisse/Empics Entertainment/Photo News

 

Et si nous osions voir plus près ? Notre royaume n'a-t-il pas, aujourd'hui encore, une altesse en déshérence (aux dernières nouvelles) Outre-Atlantique ? Elle s'appelle Marie-Christine, elle est la fille d'un roi, et son Amérique à elle est loin de celle que se sont forgé les Sussex et leurs 45 millions (retrouvez le portrait que nous lui consacrons ici). La conséquence, c'est que nous, Belges, ignorons totalement notre altesse. Juste parce qu'un jour, elle a choisi de tourner le dos à toute sa famille pour des motifs qui ne nous regardent que de loin d'ailleurs.

 

La princesse Marie-Christine de Belgique qui pose dans un lit
La princesse Marie-Christine de Belgique dans son malheureux exil américain © DR

 

Si l'on veut pousser les limites, souvenons-nous d'Antoinette Grimaldi, la sœur du souverain monégasque qui a intrigué pour mettre sur le trône son fils Christian de Massy au détriment de son propre neveu, ou encore de ce prince héritier – je pousse - qui a tué toute sa famille au Népal parce que ses parents ne voulaient pas qu'il épouse une jeune fille du clan opposé au sien.

Harry, Meghan et leurs accords toltèques me font un peu penser à la parabole de l'enfant prodigue. Souvenez-vous, à la fin, lorsque le fils est de retour, son père propose de « manger et festoyer. Car le fils que voici était mort, et il est revenu à la vie. Il était perdu, et il est retrouvé. » Qui sait, un jour peut-être ...

 

 


Le logo de Place Royal, l'émission gotha de Thomas de Bergeyck

Tous les samedi, de 18 à 18h30, sur Bel RTL, Thomas de Bergeyck vous propose de pousser les portes des palais pour évoquer la vie des monarchies et revient sur tout ce qu'il faut savoir sur l'actualité des têtes couronnées.
En mars, votre émission gotha préférée revienvdra en télévision sur RTL TVI !
www.facebook.com/PlaceRoyale

 

Rédigé par Thomas de Bergeyck

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