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Dans la Cour des Grands : Palace, ton univers impitoyable !

Dans la Cour des GrandsMaison Windsor

Thomas de Bergeyck

09 December 2022

Jeudi 8 décembre. Il est 9h05 lorsque mon Charlie, un an et demie, finit son petit-déjeuner. À la bonne heure ! J’ai du retard sur le planning que m’ont imposé ce matin les amants terribles du Royaume-Uni. L’événement d’hier, c’est la sortie du documentaire sur la vie d’Harry et Meghan, racontée from inside par les intéressés. On avait déjà eu les confidences chez Oprah, les « interviews vérité » du prince par-ci par-là, son livre « Spare » qui arrive en janvier, le téléfilm. Maintenant, voici donc un documentaire dont on dit qu’il va faire exploser Buckingham. De fait, à 08h heure de Londres, un comité de crise était réuni dans l’un des salons du palais pour visionner en direct la sortie des trois premiers épisodes des aventures outre-Atlantique du couple sécessionniste. Et envisager, ensuite, une réponse.

Sur les 150 premières minutes de documentaire, nous en apprenons davantage sur leur départ de Londres. Harry le dit : « elle a tout sacrifié pour entrer dans mon monde. À moi de tout sacrifier pour entrer dans le sien ». Dont acte. On sent que ça pèse lourd : le fils cadet du Roi vide son sac, fait son analyse. Il se confie pour se sentir mieux. « J’ai réussi à sortir de la bulle dans laquelle je vivais » résume-t-il. Meghan, elle, nous épargne les larmes, mais pas la pitié. Elle aurait vécu un enfer. Personne pour l’aider à entrer dans cette famille. Il a fallu tout apprendre, seule. Ses tenues ? Elle les choisissait très ternes, exprès pour ne pas concurrencer la reine colorée. Sa couleur de peau ? Un problème permanent, dont elle a fait un combat en s’engageant dans des associations et en prenant la parole. Sa famille ? Des vautours. Entre la demi-sœur Markle qui assène qu’elle connaissait très bien Meghan, cette petite capricieuse, et le père, Thomas, qui a été acheté par la presse pour un reportage photo, cinq jours avant les noces.

Mais s’ils sont partis, c’est d’abord pour protéger leurs enfants d’une presse aux allures d’ogre baveux. Ce documentaire, c’est une énorme « leçon de paparazzisme ». Racontée avec moult détails par Harry lui-même. « On nous a toujours donné le même conseil explique-t-il. Ne pas réagir, et ne pas alimenter la machine. » La jeune femme raconte que son fiancé lui interdisait de sourire devant les photographes venus la surprendre dans sa vie privée : « Si tu leur souris, c’est que tu aimes ça. Tu ne peux pas le faire, et surtout ne jamais leur répondre. » Assis dans un fauteuil, le Prince lui fait alors, sous les caméras de Netflix, un véritable cours sur le fonctionnement du journalisme royal. « Ils ne sont que quelques-uns acceptés par le Palais (la royal rota, ndla), ils veulent nous contrôler et exploiter notre famille. Ils contrôlent le narratif de notre histoire. » Et le Prince de préciser qu’on lui demandait expressément de se donner en spectacle devant eux, au risque de ne plus avoir l’aval de la presse, qui publierait ensuite « des choses affreuses. »

© Photo News/Netflix

Le documentaire, très touchant par moments, m’a quelque peu sorti de mes certitudes sur l’erreur qu’ils avaient commise de quitter l’institution, et la mauvaise influence de Meghan sur le prince rebelle. J’ai revu mon jugement. Je comprends bien des arguments avancés par le couple. Je ne parviens simplement pas à saisir comment la raison d’état, dans l’esprit d’un garçon qui n’a connu que cela depuis sa naissance, n’a jamais pris le dessus sur tout le reste. Est-ce si compliqué de se créer une vie dans le cadre, certes strict mais terriblement privilégié de la famille royale britannique ? Ne pouvait-on pas éviter de repousser si loin les frontières et de trouver situation plus arrangeante pour tout le monde ? Cette sortie des Sussex me conforte dans l’idée qu’il reste impossible de comprendre les vicissitudes d’une vie royale lorsqu’on n’y est pas partie prenante. J’en resterai à l’état d’impressions, pas de certitudes et certainement aucun jugement à l’encontre de nos tourtereaux à qui je souhaite, ainsi qu’à vous tous, de merveilleuses fêtes de fin d’année. En famille ?

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