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Le Louvre profané

JoaillerieLouvreMuséeOrfèvrerie

Christophe Vachaudez

20 October 2025

Il n’a pas fallu plus de sept minutes aux malfrats pour s’emparer d’un ensemble de bijoux historiques à la valeur inestimable au nez et à la barbe des gardiens et des services de sécurité. Un monte-charge, quelques cônes placés sur la route, et voilà les voleurs déguisés en ouvriers ouvrant à la disqueuse l’une des fenêtres de la galerie d’Apollon donnant sur le quai François Mitterrand.

La scène se passe en plein jour alors que le musée vient d’ouvrir et que la circulation bat son plein sur les artères avoisinantes. Un culot monstre qui a payé car les vitrines fracassées ont laissé échapper un véritable trésor joaillier. Au total, huit bijoux ont été subtilisés et un neuvième a été perdu en route et non des moindres puisque les policiers ont retrouvé la couronne de l’Impératrice Eugénie sur la voirie, abîmée certes, mais sauvée pour la postérité. Cette couronne exécutée par Lemonnier fut léguée au prince Victor Napoléon puis passa à sa fille Marie-Clotilde. Le bijou sera vendu au Louvre par sa descendance. Mais le bilan du vol reste lourd !

Mais quelles sont les pièces qui ont été emportées ?

Tout d’abord, le grand nœud de l’impératrice Eugénie, rare vestige des Diamants de la Couronne de France, rescapé de la vente de 1887 voulue par Jules Ferry et le gouvernement français. Créé vers 1855 par le joaillier Kramer, il était réapparu en 2008 et était passé en vente chez Christie’s, à New York. C’est à cette occasion qu’il avait été racheté pour le Louvre.

© PsnewZ/Photo News

Autre joyau issu de la grande vente de 1887, le diadème de la parure de perles dessiné par Lemonnier pour l’impératrice Eugénie. Acquis par les princes de Tour et Taxis, il a été porté par la princesse Margaretha, née archiduchesse d’Autriche, par la princesse Elisabeth, née Infante du Portugal, et finalement par la princesse Gloria qui le coiffe le jour de son mariage avec le prince Johannes le 31 mai 1980. Il sera vendu au Louvre lors d’une vacation fleuve orchestrée par Sotheby’s en 1992. Comme la couronne, il apparait sur le célèbre portrait de l’épouse de Napoléon III par Franz Xaver Winterhalter.

© PsnewZ/Photo News

Disparue elle aussi, la précieuse broche reliquaire de l’impératrice Eugénie, ouvrée par le joaillier Bapst en 1855 à partir de diamants historiques du Garde-Meuble et attribuée au Louvre en 1887. Le grand collier et les boucles d’oreilles de la parure d’émeraudes réalisées en 1810 par Nitot pour l’impératrice Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon, manquent aussi à l’appel. Conservé par l’intéressée après la chute de l’Empire, l’ensemble sera légué au grand-duc de Toscane, Léopold II, et restera dans sa descendance jusqu’en 1953. Le diadème sera acheté par Marjorie Merryweather Post qui fera remplacer les émeraudes par des turquoises et offrira le bijou au Smithsonian Institute de Washington. Le collier et les boucles d’oreilles entreront au Louvre en 2004.

©WikiMedia

Enfin, la parure de saphirs de Ceylan de la reine Marie-Amélie fait également partie du butin dérobé par les malfaiteurs. Racheté à la reine Hortense, fille de l’impératrice Joséphine, par l’épouse de Louis-Philippe, alors duchesse d’Orléans, l’ensemble était resté dans la famille jusqu’en 1985, avant que le comte de Paris ne s’en sépare. Son épouse, née princesse Isabelle d’Orléans-Bragance, fut la dernière à avoir pu l’arborer. Modèle d’élégance, Madame, comme on avait coutume de la nommer, connaissait sur le bout des doigts l’histoire de cette parure qu’elle vit quitter le giron familial non sans une pointe de nostalgie.

Isabelle d'Orleans, Duchesse de Guise, portant les saphirs de la reine Marie-Amelie © WikiMedia

Ce n’est pas la première fois que le Louvre est victime d’un vol puisque l’épée constellée de diamants que le roi Charles X utilisa pour son sacre en 1824 a disparu lors d’un cambriolage commis de nuit le 16 décembre 1976. Après le pillage de la Voûte Verte à Dresde qui eut lieu le 25 novembre 2019 et choqua l’Allemagne, le saccage de la galerie d’Apollon a laissé sans voix les amoureux du patrimoine. Il s’agit à n’en point douter d’un coup dur pour l’image de la France. Les enquêteurs gardent toutefois l’espoir de retrouver ces bijoux qu’il est impossible de vendre et qui risquent d’être démontés, voilà qui constituerait une perte irréparable ! Il faut donc garder l’espoir de pouvoir admirer à nouveau dans un futur proche ces joyaux qui reflètent avec splendeur le savoir-faire de la joaillerie française du XIXe siècle.

Photo de couverture : © PsnewZ/Photo News

La Villa Lorraine, à l’aube du renouveau, cherche encore le bon tempo

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C’est l’événement culinaire de l’année : le chassé-croisé entre les chefs du Botanical Sanctuary et de la Villa Lorraine. Si le palace anversois cherche clairement à renforcer son prestige en accueillant dans les cuisines de son restaurant un nom aussi ronflant que celui d’Yves Mattagne, l’arrivée du chef Reuben Christiaens à la Villa signe un véritable tournant dans l’histoire de cette grande maison. Fini les flonflons et les grands airs : place à la modernité… et à une certaine idée de l’accessibilité. Les tâtonnements sont visibles (et assumés), mais cette grande maison est prête à trouver son nouveau rythme.

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L’hommage à la duchesse d’Albe

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C’est en présence de nombreux membres de la famille de la défunte que le roi Felipe VI d’Espagne a inauguré une exposition consacrée à Cayetana, 18e duchesse d’Albe. Sa fille Eugenia Martinez de Irujo, duchesse de Montoro, et Cristina Carrillo de Albornoz, une lointaine parente de la reine Fabiola, ont étroitement collaboré pour construirez cet hommage autour d’un personnage atypique et sans doute unique au sein de l’aristocratie espagnole. Sévillane de cœur, elle a laissé un souvenir intense dans la cité andalouse où elle était éminemment accessible, se plaisant à converser avec chacun. Il était donc tout naturel que le Palais de Las Dueñas, l’une des résidences de la Maison d’Albe, serve de cadre à cet événement qui célèbre une âme originale qui aurait eu 100 ans !

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Lancement du livre “Entre Murs et Jardins”

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En cette fin d’année 2025, APARTÉ ÉDITIONS avait convié le « ban et l’arrière-ban », chez Quatuor Design, à Uccle, à l’occasion du lancement de son dernier livre « Entre murs et jardins », dédié aux plus belles demeures et aux plus beaux parcs de Bruxelles (et alentours). Difficile d’imaginer meilleur cadre pour présenter ce superbe ouvrage dû à Paul Grosjean pour les textes et à Mireille Roobaert pour les photographies. Pas étonnant qu’autant de monde se soit déplacé dans ce trésor du patrimoine ucclois en vue de découvrir le nouvel opus de notre duo de choc… © DR

16/12/2025

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