Christophe Vachaudez
05 October 2026
Le lieu choisi ne résulte pas du hasard puisque, depuis 1878, ladite Fondation gère le musée de l’histoire danoise que le prestigieux édifice, parangon de la Renaissance nordique, abrite depuis la fin du XIXe siècle. À cette époque, la famille royale a décidé de ne plus habiter cet immense château construit entre 1560 et 1630 et situé à Hillerød, à une quarantaine de kilomètres de Copenhague, lui préférant Fredensborg.
© DR
Mais cet anniversaire coïncide également avec l’inauguration du premier portrait officiel du roi Frederik, monté sur le trône en 2024, suite à l’abdication de sa mère, la reine Margrethe II. La mission qui a été confiée à l’artiste Cathrine Raben Davidsen, figure majeure de l’art contemporain danois, s’inscrit dans la tradition puisque la grande salle du château conserve le portrait de tous les souverains de la dynastie des Glücksbourg depuis le roi Christian IX, ancêtre direct du monarque actuel.
On y trouve également des portraits de la reine Alexandra et du roi Édouard VII, du roi Georges et de la reine Olga de Grèce ou encore ceux de l’impératrice Dagmar et du tsar Alexandre III de Russie.
© Ralf Turander
Le couple royal, qui est arrivé en solo, fut chaleureusement accueilli. Le roi, très élégant, en costume noir et nœud papillon, escortait la reine en robe crème avec effets argentés du créateur australien Toni Maticevski. Elle portait des boucles d’oreilles du créateur danois Ole Lynggaard et un bracelet en or et diamants offert en 1868 comme cadeau de mariage à la future reine Louise de Danemark, arrière-grand-mère de son époux.
Soigneusement drapé et invisible aux yeux des invités, le fameux portrait qui trône désormais dans l’ancienne salle de bal du roi Christian IV, un vaste espace au décor foisonnant, attend juste d’être dévoilé. Frederik s’exécute enfin dans un geste théâtral et son effigie apparaît au grand jour.
© Kongehuset
© Kongehuset
L’impression générale est plutôt positive. Après plusieurs séances de pose et deux ans de travail, le roi apparaît en pied, portant l’uniforme de gala d’amiral de la Marine, barré du ruban bleu pâle de l’ordre de l’Éléphant, l’un des plus anciens de la chevalerie européenne puisqu’il serait apparu vers 1460/62 sous le règne de Christian Ier. On distingue également l’ordre du Dannebrog qui fut créé en 1671 par le roi Christian V.
À la main, une épée qui a appartenu à son grand-père, le roi Frederik IX, et qui lui a été offerte par la reine Ingrid en 1997, à l’approche de son trentième anniversaire. La silhouette royale se détache d’un fond aux tons verts qui évoque la forêt de Kongsøre, sur la péninsule d’Egebjerg, là où le souverain a passé une partie de sa formation militaire.
© Kongehuset
Enfin, les plus attentifs pourront distinguer des marguerites, une allusion sentie à la reine Margrethe mais aussi au Danemark dont cette fleur est devenue le symbole végétal. Le portrait du roi vient donc enrichir l’ensemble des œuvres décorant la grande salle et actualiser l’histoire d’un pays dont la monarchie aurait été instaurée vers 935, ce qui en fait l’une des plus anciennes au monde. Frederik X fait désormais partie intégrante de cette saga qui débuta avec Gorm l’Ancien, roi des Vikings !
Illustration de couverture : © Kongehuset