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Le prince Gabriel vise le béret brun des paracommandos

Maison de Saxe-CobourgNews Gotha

Rédaction

03 September 2026

Le 27 août dernier, sur la place d’armes de l’École royale militaire, le prince Gabriel a échangé le béret bleu des officiers-élèves contre le béret brun des paracommandos. À vingt-trois ans, le deuxième enfant du roi Philippe et de la reine Mathilde s’oriente vers l’une des filières les plus exigeantes de l’armée belge, sur les traces de son père.

La scène s’est déroulée devant le roi Philippe, la reine Mathilde et la princesse Elisabeth, venus assister à la remise des diplômes. Ce jour-là, le prince Gabriel a reçu son master en sciences sociales et militaires, au terme de quatre années d’études entamées en août 2022. Il devient le premier prince belge à achever l’intégralité du cursus en sciences sociales et militaires de l’ERM, les autres princes s’étant arrêtés au bachelier de trois ans. Sur le plan académique, le voici le membre de la dynastie ayant suivi la formation militaire la plus poussée.

© Didier Lebrun/Photonews

Gabriel avait obtenu le grade de sous-lieutenant en septembre 2025, à l’issue de son bachelier. Plutôt que de s’arrêter là, il a choisi de prolonger son cursus d’une année pour suivre ce master, dispensé entièrement en anglais. Dans le cadre militaire, il utilise depuis son nom civil, van Saksen-Coburg (de Saxe-Cobourg). La tradition veut qu’au terme de la cérémonie, les officiers-élèves jettent le béret bleu de l’École pour endosser celui de l’unité qu’ils rejoignent. Pour lui, ce sera le béret brun, couleur distinctive des paracommandos.

Un long parcours d’entraînement

Selon les informations transmises à la presse par le ministère de la Défense, le prince rejoint l’École d’infanterie d’Arlon, dans le sud du pays, où il sera formé au commandement d’un peloton d’infanterie jusqu’en mars 2027. Cette étape, très pratique, s’impose à tout diplômé de l’ERM qui envisage une carrière opérationnelle. Elle vise à préparer les jeunes officiers à un premier poste dans une unité active.

© Didier Lebrun/Photonews

À partir de mars 2027, Gabriel entamera sa formation spécifique de candidat paracommando au Centre d’entraînement de commandos de Marche-les-Dames, puis à Schaffen. Ce centre, créé en 1947 sur le modèle du camp britannique d’Achnacarry où furent formés les premiers commandos belges, initie parachutistes et soldats au combat en terrain difficile et dans des conditions extrêmes. Vincent Dujardin, historien à l’UCLouvain, rappelle que le prince devra réussir les examens et passer devant les comités d’évaluation requis pour progresser dans la carrière et espérer un jour accéder aux grades de major ou de colonel. Le projet de loi prévoit toutefois certaines dérogations statutaires pour les membres de la famille royale, notamment en matière de classement et d’accès aux fonctions militaires.

Le jeune homme n’aborde pas cette épreuve en terrain inconnu. Lors d’un échange Erasmus de plusieurs mois à l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, en France, il a suivi en 2024-2025 une formation de parachutiste ainsi qu’un stage d’entraînement extrême en Guyane, documentés par des photos diffusées par le Palais royal.

Une loi taillée pour les cadets

Cette carrière militaire n’aurait pas été possible sans une réforme en cours. Jusqu’en 2026, le cadre légal ne permettait pas aux membres de la famille royale d’occuper un emploi rémunéré au sein du ministère de la Défense. Le 22 mai dernier, le Conseil des ministres a approuvé un avant-projet de loi porté par le ministre de la Défense, Theo Francken, autorisant les membres de la famille royale qui ne perçoivent pas de dotation à exercer le métier de militaire.

© Didier Lebrun/Photonews

Le point est décisif pour Gabriel. Contrairement à sa sœur Elisabeth, héritière présomptive et seule assurée, dans la situation actuelle, de percevoir une dotation, il ne perçoit aucune dotation et n’est pas appelé à en recevoir tant que sa position dans l’ordre de succession ne change pas. Comme ses frères et sœurs cadets, il lui faut se construire un avenir professionnel en dehors du système des dotations royales. Le projet de loi déposé à la Chambre le 10 août 2026 prévoit de lui permettre de rester dans la Défense plutôt que de devoir se réorienter vers le civil. Son article 18 fixe une entrée en vigueur au 1er juin 2026, sous réserve de l’adoption et de la promulgation de la loi.

Dans le sillage du roi Philippe

Le parcours de Gabriel suit de près celui de son père. Le futur roi Philippe est entré à l’ERM en septembre 1978, au sein de la 118e promotion Toutes Armes, avant de devenir pilote de chasse, brevet obtenu en 1982 après 330 heures de vol, puis de rejoindre le régiment para-commando. Il a décroché son brevet A de parachutiste le 28 octobre 1982, puis son brevet A Commando à l’issue d’un raid dans les Pyrénées, remis par le roi Baudouin le 17 décembre de la même année. Philippe a ensuite commandé un peloton au 3e Bataillon de Parachutistes de Tielen, avant d’être promu capitaine en 1983. Des images d’archives de 1985 le montrent, à 25 ans, effectuant un saut en chute libre.

© Didier Lebrun/Photonews

La presse belge n’a pas manqué de souligner ce parallèle, en rappelant que Gabriel « suit les pas de son père » en visant le béret brun.

Une fratrie aux trajectoires contrastées

Le choix de Gabriel prend tout son relief au regard de celui de ses frères et sœurs. Elisabeth, l’aînée, a suivi une année de formation à l’ERM en 2020-2021 avant de poursuivre à Oxford puis Harvard, sans s’engager dans une carrière militaire opérationnelle. Emmanuel, le troisième enfant, a d’abord fréquenté une académie de football en Espagne avant d’entamer un bachelier en gestion et marketing, réorienté en 2026 vers l’ISTEC de Bruxelles ; il se produit par ailleurs comme DJ sous le nom de Vyntrix. La monarchie belge laisse visiblement à ses membres non-héritiers une latitude nouvelle pour construire leur vie professionnelle.

La princesse Leonor d'Espagne, a, elle, servi dans la marine de son pays. © Photo News

L’engagement militaire des cadets royaux n’a d’ailleurs rien d’une singularité belge. Au Royaume-Uni, le prince William a servi sept ans dans l’armée, dont trois comme pilote d’hélicoptère de sauvetage ; son frère Harry y a passé dix ans et effectué deux déploiements en Afghanistan comme pilote d’Apache. À Monaco, le prince Albert II a suivi une formation d’élève-officier à l’École navale française avant d’endosser des fonctions honorifiques. Pour Gabriel, la prochaine échéance se situe à Arlon, où sa formation d’officier d’infanterie se poursuivra jusqu’en mars 2027, avant le passage exigeant de Marche-les-Dames.

Photo de couverture : © Didier Lebrun/Photonews

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Il est homme de télé et de radio, animateur, chroniqueur, modérateur, master of ceremonies, journaliste — notamment pour L’Eventail — et expert du gotha. Mais rien n’y fait, ce qu’on retient de lui après l’avoir rencontré, c’est sa sympathie, sa classe, son humanité, sa gentillesse et sa politesse. Thomas de Bergeyck aime la Belgique, Bruxelles et… Knokke-Le-Zoute. Et c’est ici qu’il vient se ressourcer dans la vie trépidante qu’il mène en homme de médias.

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