Zoute Paper
18 August 2026
Zoute Paper – Décrivez-nous votre première rencontre avec Le Zoute.
Thomas de Bergeyck – Elle remonte à la petite enfance. Lorsque mes parents étaient encore ensemble, nous passions nos étés ici, à flâner sur la digue et à manger des glaces. Je garde en souvenir les séances photo que nous faisions avec le photographe le plus célèbre de la planète, qui était « Bobichon ». Cet homme, déjà âgé d’une soixantaine d’années, tout petit dans mes souvenirs, nous prenait en photo, moi en short et sandalettes, la raie sur le côté comme un enfant de chœur, et mes parents en mode jeunes et beaux, mon père aux allures d’Alain Delon et ma mère telle une starlette cannoise, cheveux ramenés dans un joli foulard et jean moulant. Une certaine idée de l’insouciance des années 80.
© Archives familiales T. B.
– Qu’est-ce que Le Zoute signifie pour vous et pour votre famille ?
– C’est surtout une merveilleuse pause dans le tumulte de nos vies à Bruxelles. Lorsque nous débarquons ici, même pour un week-end, tous les soucis sont effacés instantanément et remplacés par des tracas bien plus futiles, comme les courses à faire pour le soir ou notre chien à sortir de toute urgence sur la plage ! Plus sérieusement, à chaque fois que je débarque ici, je me dis simplement que j’ai beaucoup de chance d’avoir cette oasis de bonheur, ce coin de paradis dans mon pays, à une encablure d’un quotidien à 180 à l’heure.
© T.B.
– Quels sont vos souvenirs forts ici, au Zoute ?
– Il y en a tant. Je me souviens de la colère de Monsieur Luc, le patron du Luna Park sur la digue, qui ne supportait pas que l’on vienne l’ennuyer des heures durant, à lui parler alors qu’il devait surveiller son espace de jeux. Un jour, mon frère est entré dans le Luna Park avec un scooter pour le faire enrager. J’ai bien cru qu’il appellerait la police ! Spontanément, je pense à Rose, qui fut mon coup de cœur à 14 ans à peine. Je me souviens aussi de mes ambitions douchées très vite par une sinistre réalité : elle était ma cousine ! Le Zoute, ce sont aussi les pétards et autres farces et attrapes du magasin de jouets « Pussicat ». Les éternelles boules de Berlin que l’on ne dégustait qu’une seule fois par séjour étant enfant. Ou encore ce « supermarché de fleurs » que j’ai organisé avec mes cousins pour en mettre plein la vue aux autres enfants de la plage. Nous avions tout acheté et revendions les fleurs en les disposant par taille, dans des « rayons » soigneusement construits dans le sable. Les enfants pleuraient de ne plus rien avoir. J’en rougis encore aujourd’hui. De honte.
© Archives familiales T. B.
– Vous considérez-vous comme Zoutois ?
– Non, pas à proprement parler, même si j’y laisse souvent mon âme vagabonder. Mais je nourris l’espoir d’y passer davantage de temps lorsque ma carrière s’arrêtera. Le Zoute, c’est une source d’inspiration permanente pour moi. Lorsque j’y suis, je trouve toujours plus facilement mes idées de chroniques, de sujets à traiter, voire de livres à écrire. Et puis la plage, c’est aussi l’occasion de plonger dans mes lectures, que je savoure autrement ici.
Thomas et son épouse Maryse, au Zoute © T.B.
– Le slogan du Zoute Paper est « The Center of the World Newspaper ». Le Zoute est le centre de quoi pour vous ?
– Ce n’est pas un centre, c’est une spirale qui tournerait à l’infini. Lorsque l’on y entre, on est embarqué dans une sorte de tourbillon de plaisir qui emporte tout avec lui. Les souvenirs, les moments en famille, les partages entre copains et les cartes postales d’un décor à nul autre pareil. Et cette spirale est si belle que, lorsqu’elle s’arrête, la chute n’en est que plus dure. Heureusement, ce n’est à chaque fois que partie remise.
Cet entretien a été initialement publié dans notre magazine frère Zoute Paper.