Rédaction
19 August 2026
Pendant plus de vingt ans, une même question a couru dans la presse belge : qui était le père du fils né en 2000 de la chanteuse flamande Wendy Van Wanten, de son vrai nom Iris Vandenkerckhove ? L’intéressée, qui avait partagé près de sept années avec le prince Laurent, a laissé le doute planer sur cette filiation. Clément Vandenkerckhove, né à Ostende le 16 août 2000, fut régulièrement présenté comme le « fils caché » du frère cadet du roi Philippe, sans qu’aucune confirmation officielle ne vienne étayer l’hypothèse.
Wendy van Wanten, mère de Clément Vandenkerckhove © Simon Mouton/PhotoNews
Une première clarification est intervenue le 9 septembre 2025. Ce jour-là, Clément prenait la parole dans un documentaire en deux volets diffusé sur VTM, intitulé Clément, zoon van… — « Clément, fils de… ». Dans le même temps, le prince Laurent diffusait par l’agence Belga une déclaration mettant un terme à des années de spéculations : il y reconnaissait être le père biologique du jeune homme, au terme d’échanges qu’il disait « ouverts et honnêtes » et « fondés sur un sentiment de compréhension et de respect ». Cette annonce n’avait toutefois qu’une portée symbolique. Aux yeux de l’état civil, elle ne valait pas reconnaissance légale de paternité.
C’est en février 2026 que l’étape déterminante a été franchie. Le prince, inscrit à l’état civil sous le nom de « Laurent van Saksen-Coburg » en raison de sa résidence en Flandre, s’est présenté avec son fils devant un officier de l’état civil pour acter formellement la reconnaissance. Clément a signé le document à ses côtés. L’information, restée confidentielle plusieurs mois, a été révélée en exclusivité par le Soir Mag le 19 août 2026. Entre-temps, père et fils avaient, selon leurs confidences, noué une relation de proximité croissante : Clément confiait au début du mois d’août que son père « libère toujours du temps » pour lui, évoquant des liens chaleureux avec le palais qu’il « n’aurait même pas espérés il y a quelques années ».
Le droit belge distingue nettement deux régimes. Celui des titres, d’abord. L’arrêté royal du 12 novembre 2015 prévoit que les enfants et petits-enfants issus de la descendance directe du roi Albert II portent le titre de prince ou de princesse de Belgique et le prédicat d’Altesse Royale. Le texte ne distingue pas les descendants selon le statut matrimonial de leurs parents. L’établissement légal de la filiation place donc Clément Vandenkerckhove dans une situation comparable à celle qui avait conduit à la reconnaissance du titre de la princesse Delphine et de ses enfants.
La succession au trône relève d’une tout autre logique. L’article 85 de la Constitution réserve les pouvoirs royaux à la descendance « directe, naturelle et légitime » de Léopold Ier, par ordre de primogéniture. Le terme « légitime » s’entend d’une naissance issue d’une union répondant aux conditions dynastiques prévues par la Constitution. Un enfant reconnu hors mariage demeure donc exclu de l’ordre dynastique, quelle que soit l’évolution de sa filiation.
Sur le plan patrimonial, Clément est reconnu comme héritier de son père au sens du droit civil, sur un pied d’égalité avec ses frères et sa sœur. La loi lui ouvre également la possibilité de porter le patronyme paternel, « von Sachsen-Coburg » ou « van Saksen-Coburg », à sa seule discrétion. Le jeune homme s’est toutefois montré attaché à son nom : « Je pourrais le faire, mais je suis fier du nom Vandenkerckhove », a-t-il confié à la presse néerlandophone. Aucune dotation publique ne lui sera par ailleurs octroyée, la Belgique n’en accordant pas aux enfants du prince Laurent et de la princesse Claire.
La question de la formalisation du titre reste distincte de celle de la filiation. Dès septembre 2025, plusieurs médias rapportaient que le roi Philippe entendait signer un arrêté royal permettant à Clément de porter officiellement le titre de prince de Belgique. Une telle démarche ferait intervenir le gouvernement et le Roi et consacrerait administrativement son nouveau statut. Le précédent de la princesse Delphine de Saxe-Cobourg, fille reconnue hors mariage du roi Albert II, constitue le principal point de comparaison.
La princess Delphine © Didier Lebrun/Photonews
Rappelons que le titre de prince de Belgique, tel qu’il est organisé pour les descendants d’Albert II depuis 2015, n’emporte aucune fonction officielle ni obligation de représentation. Seuls les membres de la famille royale bénéficiant d’une dotation parlementaire assument des missions institutionnelles régulières. Les autres, à l’image des enfants du prince Laurent, ne paraissent qu’occasionnellement lors d’événements familiaux, telle la messe annuelle célébrée en février à la mémoire des défunts de la dynastie.
Certains observateurs, relayés par le média flamand HLN, soulignaient dès l’automne 2025 la portée politique d’un arrêté confirmant ce titre à un enfant né hors mariage, dans une monarchie soucieuse de conjuguer image de modernité et équilibres dynastiques. Pour le principal intéressé, la question paraît secondaire au regard du lien reconstruit avec son père. « Je ne cherche pas un titre, je cherche un lien », déclarait-il à la télévision flamande à l’automne 2025.
Photo de couverture : © Philip Reynaers/Photonews