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Les 70 bougies de Maria Teresa de Luxembourg

Maison de NassauNews Gotha

Christophe Vachaudez

23 March 2026

Depuis l’abdication de son époux, elle a certes laissé la lumière à la nouvelle grande-duchesse mais Maria Teresa n’a pas disparu pour autant du paysage luxembourgeois car elle souhaite continuer à soutenir les causes qui lui sont chères. Ce dimanche, elle a passé le cap des 70 printemps, l’occasion de revenir sur un parcours marqué par le destin.

Née à Marianao, au coeur de la Havane, le 22 mars 1956, Maria Teresa Mestre a fui Cuba avec ses parents en 1959. Á New York, elle fréquente alors la Marymount School puis le Lycée français et fait des séjours à Santander, en Espagne. Elle étudie ensuite en Suisse où elle rencontre un certain Henri de Nassau. Si la relation a semble-t-il surpris la famille, le mariage aura finalement lieu le 14 février 1981, une date symbolique, certes, mais qui s’est presqu’imposée par hasard. Le couple a eu cinq enfants (Guillaume, Félix, Louis, Alexandra et Sébastien) et Maria Teresa succède à Joséphine-Charlotte le 7 octobre 2000 comme grande-duchesse consort de Luxembourg.

© Maison grand-ducale

D’un tempérament de feu mais profondément croyante, elle insuffle à la fonction un autre style mais l’engagement ne faillit pas. En sa qualité d’ambassadeur de Bonne Volonté de l’Unesco et d’Eminent Advocate pour l’Unicef, Maria Teresa de Luxembourg se préoccupe depuis toujours du sort des enfants à travers différentes associations dont la Maison Shalom créée par Marguerite Barankitse. Celle que l’on surnomme « l’Ange du Burundi » a initié ce véritable refuge en 1993 pour secourir les milliers d’enfants, victimes collatérales des massacres opposant les ethnies Hutu et Tutsi. Dans un premier temps, la Maison Shalom a aidé 150 mineurs issus des prisons des provinces de Ruyigi, Cankuzo, Gitega, Rutana, Bujumbura et Ngozi. Le succès de ce projet est indéniable. En effet, alors qu’il y avait quelque 600 mineurs dans les prisons burundaises en 2010, il n’en reste plus aucun aujourd’hui.

© Maison grand-ducale

Autre fer de lance de Maria Teresa, la mise sur pied de « Stand Up, Speak and Rise ! », un forum destiné à aider les survivantes de violences sexuelles dans les environnements fragiles, tels que les zones de conflit. Comme elle le confiait à l’époque : « C’est pour moi un devoir d’agir et de mobiliser le grand public autour de la cause des survivantes, parce que, comme le dit Denis Mukwege, « violer une femme, c’est violer notre humanité » ! Nous ne pouvons pas de ne pas nous sentir concernés par ce qui se passe dans les zones de guerre ou les camps de réfugiés où des milliers de femmes luttent au quotidien contre les viols, l’esclavage sexuel, les mariages forcés et les mutilations. L’indignation ne suffit pas. Nous devons tout faire pour prévenir et combattre les violences sexuelles dans les zones sensibles et le viol comme arme de guerre. Nous ne pouvons plus fermer les yeux devant ces actes de barbarie qui font du corps des femmes des champs de bataille, que ce soit en République démocratique du Congo, au Myanmar ou en Libye, pour ne citer que ces pays. Les survivantes seront au coeur de la conférence que j’ai intitulé Stand Speak Rise Up! car elles ont besoin de notre solidarité pour élever et amplifier leurs voix. Nous devons agir et proposer des solutions pertinentes pour aider les survivantes à se reconstruire et à devenir de véritables actrices de la paix et du changement. C’est mon engagement et c’est l’objectif de la conférence de Luxembourg. »  Ce même docteur Denis Mukwege a d’ailleurs reçu le Prix Nobel de la Paix 2018, également décerné à Nadia Murad, déjà lauréate du prix Sakharov en 2016. Cette dernière n’est pas une inconnue pour la Grande-Duchesse qui l’a reçue au palais en compagnie de Lamiya Aji Bachar, deux citoyennes irakiennes issues de la communauté yézidie persécutée par l’État islamique.

Conférence de presse pour le lancement officiel du forum international "Stand Speak Rise Up!" en présence du Prix Nobel de la Paix 2018, Dr Denis Mukwege et de la juriste internationale Céline Bardet. © Maison grand-ducale

Elle défend l’entrepreneuriat au féminin ou encore la microfinance du professeur Muhammad Yunus, visant à sortir les personnes précarisées de leur misère par un modeste apport financier. Grâce à la Fondation du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse fondation qui a vu le jour en 1981 et dont elle est la présidente, Maria Teresa de Luxembourg a encore pu élargir son champ d’action, en contribuant au financement de projets dans le domaine social et humanitaire au Népal, au Mali, au Bangladesh, en Thaïlande, en Bosnie, au Laos, au Kenya ou au Sénégal. Au Luxembourg, cette même fondation intervient directement auprès de familles en situation vulnérable et favorise l’intégration de personnes souffrant de déficience physique ou psychique, notamment à travers l’éducation, le travail et le sport. En janvier 2016, Maria Teresa de Luxembourg a ainsi été l’instigatrice du premier forum international sur les troubles d’apprentissage dont la dyslexie à laquelle elle a été confrontée directement avec son fils, le prince Louis.

© Maison grand-ducale

Juste retour des choses, la Grande-Duchesse a été récompensée en 2009 par le Steiger Award, un prix saluant son action dans la catégorie « Charity », et en 2013, c’est l’association ELPIDA qui lui décerne l’International Solidarity Award en reconnaissance de son œuvre en faveur des enfants atteints d’un cancer, autant de distinctions qui l’encouragent à persévérer dans cette voie, avec toujours plus de zèle et de conviction. Très impliquée dans la défense de certaines causes, la Grande-Duchesse est au contraire particulièrement décriée quant à sa gestion du personnel. Les plaintes répétées, les nombreux licenciements et départs volontaires au fil de ces dernières années semblent confirmer la triste situation. L’épouse du chef de l’État a d’ailleurs failli être convoquée au tribunal mais un règlement financier a fait taire la dernière plaignante en date. Maria Teresa se partage aujourd’hui entre le grand-duché, Biarritz, Paris et Cabasson dans le sud de la France. Elle a plus de temps à consacrer à ses neuf petits-enfants (Charles, François, Amalia, Liam, Balthasar, Gabriel, Noah, Victoire et Hélie), un job dont elle s’acquitte haut la main. Nul doute que la joie fut au rendez-vous pour cet anniversaire bien spécial.

Photo de couverture : © DR/Photo News

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