Rédaction
28 October 2026
Il pleuvait sur le circuit, samedi à 18 heures, lorsque le prince Laurent a agité le drapeau qui lançait les 24H 2CV/C1, dernière course de la saison à Spa-Francorchamps. Trente-deux ans plus tôt, le frère du roi Philippe avait pris part à cette même épreuve, aux côtés d’Éric van de Poele, ancien pilote de Formule 1, et de Pascal Witmeur. Il venait cette fois en père. Son fils Aymeric, 20 ans, s’apprêtait à disputer la course pour la première fois, et la princesse Claire avait elle aussi fait le déplacement pour l’encourager.
Avant le départ, Aymeric s’est présenté devant la presse en combinaison, entouré de ses parents. Le jeune homme, qui étudie le business à Maastricht, aux Pays-Bas, avait encore passé un examen la veille. Il présente le sport automobile comme un hobby sérieux, sans en faire sa priorité : « Le plus important, ce sont mes études », a-t-il rappelé. Laurent et Claire ont d’ailleurs dit leur satisfaction quant à ses examens.
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L’enjeu sportif n’en restait pas moins réel pour un pilote encore peu expérimenté. « Je suis évidemment stressé », confiait Aymeric avant la course, tout en se disant heureux de courir « à domicile », sur un circuit qu’il apprécie. Son objectif annoncé tenait en peu de mots : acquérir de l’expérience et rallier l’arrivée sans incident.
Malgré le nom de l’épreuve, Aymeric ne pilotait pas une 2CV routière mais une Citroën Dyane de compétition, vert fluo, frappée du numéro 14 et engagée en classe H par l’écurie The Golden Horse. La voiture était décrite avant la course comme équipée d’un moteur de moto BMW 850. Au fil des décennies, les petites Citroën de Spa ont beaucoup évolué, et les bicylindres d’origine ont cédé la place, dans certaines catégories, à des mécaniques BMW nettement plus puissantes.
© DR
Aymeric partageait le volant avec Clément Nopère, Geoffroy Van Derton, Jordan Genten et Maxime Philippin. L’équipage figurait parmi les favoris : The Golden Horse Racing avait déjà remporté l’épreuve en 2023. Face à lui, la grille officielle publiée après les qualifications comptait 111 partants, pour 120 équipages annoncés avant l’événement. Les 2CV, Dyanes et Citroën C1 se partagent le grand tracé ardennais, ce qui impose une gestion permanente du trafic et des écarts de performance.
Pendant que son père lançait la course, Aymeric suivait le départ depuis les tribunes. Face à la pluie intense et aux conditions nocturnes, l’équipe avait choisi de confier les premières heures aux pilotes les plus aguerris. Le prince a pris son relais le dimanche vers 11 h 10 et s’est rapidement montré compétitif : un suivi de course le donnait alors deuxième pilote le plus rapide en piste.
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Les documents de chronométrage de RIS Timing lui attribuent 13 tours, avec un meilleur passage en 3 min 24,522 s. Le meilleur tour de la n° 14, en 3 min 16,372 s, revient à Maxime Philippin.
C’est encore Philippin qui a signé la remontée décisive. Troisième au 313e tour, il a hissé la Dyane à la deuxième place au 317e, à moins de trois minutes du drapeau à damier. Au terme de 320 tours, The Golden Horse a réalisé le doublé : la victoire est revenue à la voiture sœur, la n° 16 de Sébastien Piette, Pierre Dupont et Jean-Pierre Blaise, avec 2 min 37,705 s d’avance selon le classement provisoire publié après l’arrivée.
L’histoire familiale donne à ce podium une saveur particulière. En 1994, l’équipage du prince Laurent avait dû abandonner sur un problème moteur. Pascal Witmeur a raconté plus tard que l’opération avait été conçue comme un coup médiatique, associé notamment à Choco Prince et Royal Canin, les fonds des sponsors devant revenir à une œuvre caritative. Son témoignage soulignait déjà la passion de Laurent pour l’automobile.
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Pour Aymeric, troisième enfant du couple princier après les jumeaux Louise et Nicolas, Spa ne constituait que la deuxième course de sa jeune carrière. Après des essais en Fun Cup à Mettet et à Croix-en-Ternois durant l’hiver, il a intégré en mars 2026 la M3M Endurance Academy, qui réunit 24 jeunes de 15 à 25 ans. Ses débuts officiels ont eu lieu début septembre aux 8 Heures du Castellet, où son équipage est remonté de la 56e à la 29e place parmi 86 voitures. Il avait découvert la Dyane en août, lors d’essais privés d’une cinquantaine de tours au circuit Jules Tacheny de Mettet.
À l’annonce de sa participation, il qualifiait les 24H 2CV de course appartenant au « patrimoine du sport auto belge ». L’épreuve est née en octobre 1985 à l’initiative du club automobile Santa Fé de Chaineux, qui réunissait alors une soixantaine de voitures encore proches de la série. Organisée depuis 2007 par 2CV Racing Teams, elle accueille aussi des Citroën C1, avec un classement distinct, depuis 2017.
Photo de couverture : © Olivier Davaux