Nathalie Marchal
11 February 2026
LE COUP D’ENVOI des célébrations qui ont marqué cette année anniversaire a été donné à Paris lors du lancement de la Classique Souscription 2025. Inspirée de la montre dite “de Souscription” imaginée en 1797 – qui était proposée au travers d’un prospectus, du jamais-vu auparavant – elle incarne l’essence de Breguet en reprenant presque à l’identique une montre de poche adaptée au format montre-bracelet dans un boîtier de 40 millimètres. “Cette montre est le trait d’union entre ce que nous souhaitons partager de l’histoire de Breguet et notre volonté de perpétuer cette histoire en mouvement”, a déclaré Gregory Kissling, ceo de Breguet.
Habillé d’un émail grand feu blanc éclatant, le cadran, d’une grande simplicité apparente, est ainsi doté en son centre d’une aiguille Breguet unique à pomme évidée en acier, fabriquée à l’ancienne, bleuie à la flamme et courbée, qui survole les fameux chiffres arabes Breguet légèrement inclinés, ainsi que le chemin de fer circulaire au graphisme spécifique. La signature secrète, réalisée à l’aide d’un pantographe à la pointe diamant, apparaît discrètement selon la lumière. Fruit d’un minutieux travail de développement, son mouvement, révélant une guilloche inédite inspirée des rives du quai de l’Horloge, délivre une impressionnante réserve de marche de quatre jours et intègre un spiral Nivachron ™ en alliage amagnétique. La Classique Souscription 2025 a remporté l’Aiguille d’Or au Grand Prix de l’Horlogerie de Genève en 2025, la distinction la plus prestigieuse du concours, qui récompense le meilleur garde-temps pour son excellence technique et son design emblématique.
Si la recherche et le développement sont au coeur de l’esprit Breguet depuis 250 ans, la manufacture a voulu souligner cette démarche de progression continue en développant une collection parallèle à celles déjà existantes, qu’elle a baptisée Expérimentale. Conçue pour accueillir les derniers développements techniques et esthétiques de la maison qui vont être développés dans ses collections ultérieures, elle vise à mettre en lumière la science au sens large alliée au design. En témoigne cette première pièce, l’Expérimentale 1 dévoilée à Paris en apothéose des célébrations de son année jubilaire. D’un diamètre de 43,5 mm, elle est réalisée en or Breguet 18K. Ayant la forme d’une pièce Marine, elle est certifiée du poinçon Breguet classe scientifique. Grande nouveauté chez Breguet, ce garde-temps est doté du tout premier tourbillon à échappement magnétique à haute fréquence (10 Hz), avec force constante transmise au balancier.
Le lancement de cette nouvelle ligne dédiée à la haute horlogerie prospective constitue le dernier chapitre des célébrations des 250 ans de la manufacture.
D’un point de vue historique, l’Expérimentale 1 reprend entre autres les codes de cette montre de poche Breguet n°3448, par exemple au niveau de son affichage cadran.
Garde de temps de poche de type chrono mètre de Marine Breguet n° 3448. Vendu conçues comme des bijouxle 12 juillet 1820 à l’astronome Alexis Bouvard, pour la somme de 1820 francs. Boîte argent, cadran argent guilloché de type régulateur, mouvement à deux barillets, échappement à détente. Diamètre : 67 mm.
De nouveaux visages de la Reine de Naples ont également été dévoilés à l’occasion de ce 250e anniversaire. Cette collection trouve son inspiration dans la pièce réalisée de 1810 à 1812 pour Caroline Murat. Car la soeur de l’empereur Napoléon Ier, devenue par la suite reine de Naples, était une grande collectionneuse des créations signées Breguet.
Dans les ateliers de la manufacture, le temps se mesure aussi autrement : il se grave, se sculpte, se polit. Incarnant l’essence même de la maison, les métiers d’art et de décorations horlogères y prolongent l’héritage d’Abraham-Louis Breguet et transforment la précision technique en signature. On en dénombre une trentaine, entre guillochage, gravure main, émaillage “grand feu”, sertissage, colimaçonnage, soleillage, perlage ou polissage… notamment. Et si les composants travaillés sont souvent apparents, Breguet apporte aussi ses finitions aux éléments qui ne sont pas visibles : une manière de façonner des montres d’exception. Un exemple : le guillochage. Abraham-Louis voulait rendre les informations du cadran plus lisibles en contrant les effets des rayons de la lumière. Il a pour ce faire introduit la technique du guillochage. Signature de la belle horlogerie, elle encore réalisée aujourd’hui, à la main par les artisans de la manufacture sur les cadrans, fonds de boîte, platines et rotors. Ou encore, en matière de décoration horlogère, l’anglage – aussi appelé chanfrein – qui figure parmi les techniques de finition complexes transmises de génération en génération et a pour but de mettre en forme et polir des angles, le plus souvent à 45 °. Pour l’émaillage grand feu, l’artisan dépose l’émail, concassé et broyé en fine poudre, grain par grain et couche par couche, au pinceau, sur l’objet à décorer, en adaptant sa technique à la géométrie de celle-ci.
Pour marquer son quart de millénaire, la maison a introduit son propre alliage aurifère baptisé “or Breguet”. S’inspirant des alliages du xviiie siècle, il se compose de 75 % d’or pur enrichi de cuivre, d’argent et de palladium. Un bel hommage à son raffinement historique.
La gravue se fait toujours à la main. L’artisan graveur sculpte les matières les plus nobles à main levée. À l’aide d’outils qu’il a façonnés à sa mesure et pour son usage personnel, il crée des reliefs et façonne les surfaces avec patience et précision, le moindre faux mouvement pouvant ruiner plusieurs jours de travail.
Photos : © BREGUET

Reconnu pour son génie et ses talents d’inventeur, Abraham-Louis Breguet est à l’origine de la plupart des innovations horlogères contemporaines. On lui doit notamment celle du tourbillon, de la montre perpétuelle, de la seconde d’observation (qui donnera vie au chronographe), du spiral à courbe terminale Breguet ou encore du ressort-timbre (pour les montres à sonnerie). Sans oublier, bien sûr, la première montre-bracelet, commandée en 1810 par Caroline Murat, qui a fait de Breguet l’un des pionniers du garde-temps porté au poignet. En 1815, il fut nommé “Horloger de la Marine royale” par Louis XVIII, le titre le plus prestigieux qui soit pour un horloger. “Toutes les inventions sont passées par un stade expérimental pouvant sembler surprenant, pour ensuite s’intégrer et faire partie de notre vie quotidienne. À travers son histoire, Breguet a réalisé beaucoup d’innovations que ses contemporains n’ont pas nécessairement tout de suite comprises, que ce soit en termes de design ou de technique.” nous confie Emmanuel Breguet, Head of Patrimony.
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