Virginie Dupont
20 January 2026
On se retrouve place Rouppe, dans “sa” maison. Laurence Rigolet parle d’une voix posée, mais l’assise de l’hospitalité est solide. “J’ai grandi au milieu des casseroles et des serviettes”, sourit-elle. L’histoire familiale plonge ses racines dans le Borinage. Son arrière-grand-père, promis à la mine, refuse de s’y enfermer. Il travaille dans un hôtel, se passionne pour la restauration et, en 1926, ouvre avec son épouse un petit restaurant de quartier où l’on mangeait comme chez soi… “Dans l’histoire du Comme chez Soi, il y a toujours eu le couple”, rappelle Laurence.
Laurence Rigolet © Elles Visuelles
Petite, elle se rêve hôtesse de l’air ou architecte d’intérieur. Puis, il y a ces week-ends chez sa grand-mère paternelle. “Avec ma sœur, on tournait en rond. Alors on demandait d’aller au restaurant.” De là naît l’envie de l’école hôtelière, où elle croisera Lionel, futur chef du restaurant et père de ses enfants.
Les années passent et Laurence commence à donner un coup de main, de plus en plus régulièrement. Aujourd’hui, elle revit la scène avec son mari, mais depuis l’autre côté de la ligne, avec une génération montante qui les épaule. “Le plus important, c’est le dialogue et la bonne entente. En dehors des services, on se voit souvent et on échange beaucoup. Du temps de mes parents, ça se faisait beaucoup moins. Aujourd’hui, on briefe, on débriefe, on affine.” Les méthodes évoluent aussi : Victoria, à l’aise avec le numérique, appuie Laurence à la fois en salle et dans les tâches administratives.
Le décor du Comme chez Soi n’est pas un écrin figé, c’est une réinterprétation Art nouveau imaginée à la fin des années 1980 dans l’esprit de Victor Horta. “On a fait un énorme travail de recherche sur ce qu’il avait conçu”, souligne Laurence. Elle évoque l’Innovation, spectaculaire bâtiment parti en fumée en 1967, ou encore la destruction de la Maison du Peuple – “un drame” – et cette volonté d’honorer l’œuvre de l’architecte bruxellois. La salle est petite, presque confidentielle. Il fallait un décor qui épouse la maison plutôt que de l’écraser. L’architecte qui a signé les travaux ? Le grand-père de Victoria. Les ramifications familiales, encore et toujours.
Aujourd’hui, les clients, belges ou voyageurs, jeunes curieux ou habitués de longue date, viennent autant pour l’assiette que pour le cadre. Beaucoup pensent que tout est d’origine : les boiseries, les marbres délicatement fissurés, l’argenterie chinée au Sablon par la mère de Laurence… “Je prends un plaisir énorme à travailler dans cet environnement”, conclut-elle.
Restaurant
Comme chez soi
Adresse
23 place Rouppe
1000 Bruxelles
Téléphone
Site
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