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Stéphane Lémeret

16 November 2022

La Rein Elizabeth II et l’automobile, c’est une longue histoire. Dans les jours qui ont suivi sa disparition, on a en effet souvent répété que la jeune Princesse avait intégré les forces armées britanniques en 1945 en qualité de… mécanicienne. Ce fait d’arme lui vaudra d’ail-leurs le surnom de “Princess Auto Mechanic”. C’est aussi à cette période qu’elle apprend à conduire, et elle en conservera le goût…

Si, comme-nous, vous tapez les mots clés “Elizabeth II + voitures” sur un moteur de recherche internet, vous constaterez le nombre inouï d’images que donne cette requête. Et le plus étonnant (ou pas ?) est que les images montrant la Queen saluant la foule depuis l’arrière d’une limousine ne sont pas plus nombreuses que celles qui la montrent elle-même au volant. D’ailleurs ces photos ne manquent pas de nous faire sourire, car l’expression souvent fermée de son visage peut être interprétée de deux façons : soit la Reine est très concentrée, soit elle est excédée par l’incompétence et/ou le manque de good manners des autres conducteurs. On ne le saura jamais…

Entre prestige et simplicité

En 70 ans de règne, les voitures – toutes anglaises – utilisées par Elizabeth II auront,  bien sûr, été nombreuses. Dans cette col-lection fournie, on trouve évidemment ce qu’il faut de limousines de très grand prestige, utilisées pour les déplacements officiels. Entre les années 1960 et le début des années 2000, le fournisseur officiel de royal limos était Rolls-Royce. Le garage de la Reine a ainsi compté nombres de  Phantom de différentes séries, carrossées tout spécialement par Mulliner, le départe-ment personnalisation du constructeur. Ou plutôt des constructeurs, puisque Mulliner est avant tout lié à Bentley, qui était alors sous la coupe de Rolls-Royce. Or, suite à la séparation des deux marques à la fin du XXe siècle, c’est manifestement à Mulliner que la Reine était restée fidèle : en 2002, c’est une Bentley – signée Mulliner, donc – qui prend la relève des vénérables Rolls. Par ailleurs, on ne compte plus les autres modèles de grandes marques britanniques qui, plus épisodiquement, ont transporté Elizabeth I  I et le prince Philip : Jaguar, Daimler et autres Lagonda, souvent transformées en “Landaulet”, un style de berlines allongées et découvrables à l’arrière, de manière à pou-voir être visible de la foule. Pour des raisons évidentes, c’est une autre marque qui avait la préférence de Sa Majesté lorsqu’elle  visitait des parties de son Empire où les routes asphaltées ne sont pas la norme : Land Rover.

Pedal to the metal

Mais, comme nous le disions, Elizabeth I I aimait probablement plus conduire qu’être conduite. Et si elle a été vue au volant de marques aussi simples et diverses que Ford (dont la filiale anglaise était très puissante), Vauxhall (les “Opel anglaises”), voire une X-Type, modèle Jaguar de base du début des années 2000, ses véhicules de choix étaient des Land Rover Defender et des Range Rover. De fait, ces véhicules sont probablement les plus adaptés, tant par leurs capacités que par leur image de gentleman ou gentlewoman farmer, pour circuler aux endroits où la Reine conduisait le plus souvent : dans les alentours du château de Balmoral, en Écosse, où elle s’est éteinte.

Une Reine au volant !

Nous terminerons cet hommage à Elizabeth II par une anecdote qui en dit long sur sa personnalité un brin frondeuse. Un jour de 1995, alors qu’elle recevait le roi Abdallah d’Arabie saoudite à Balmoral, la Reine proposa à son invité de découvrir les paysages de la région. Il accepta, sans imaginer ce qui l’attendait : être piloté par la Reine en personne !  Double choc pour ce dernier, monarque d’un pays où les femmes n’ont obtenu le droit de conduire qu’en 2018. D’autre part, Elizabeth II avait été formée à la conduite motorisée par l’armée britannique, et pouvait se vanter d’une réelle expérience. C’est donc à un rythme très soutenu qu’elle parcourut ce jour-là – comme à son habitude – les petites routes écossaises… jusqu’à ce que le roi d’Arabie, manifestement effrayé, la supplie de baisser le tempo. Il est vrai que même au volant, Elizabeth II n’était décidé-ment pas une femme comme les autres !

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