Sarah Belmont

18 April 2022

Le sculpture 'Maman' de Louise Bourgeois devant les bâtisses signées Tadao Ando. © DR

Une vue d'un terrasse. © Richard Haughton

© Richard Haughton

© Richard Haughton

© Richard Haughton

© Richard Haughton

© Richard Haughton

© Richard Haughton

Schism par Conrad Shawcross © VincentAgnes

Schism par Conrad Shawcross © VincentAgnes

À vingt minutes en voiture au nord d’Aix-en-Provence se déploie un domaine viticole de non moins de 200 hectares, doublé d’un parcours d’art et d’architecture hors du commun. Le surplombe, loin des bouchons citadins et autoroutiers, un splendide 5 étoiles de vingt-huit suites, dont les hôtes apprennent très vite à se laisser bichonner.

On doit cette parcelle de paradis sur terre à l’homme d’affaires irlandais Patrick (Paddy) McKillen. Venu rejoindre sa sœur dans le Midi, au début des années 2000, ce chef d’entreprise, actionnaire majoritaire du groupe hôtelier de luxe Maybourne qui comprend le Claridge’s, le Connaught et le Berkeley à Londres, décide de prendre racine au milieu de la garrigue et d’irriguer son nouveau chez lui de chefs-d’œuvre de (grande) taille…

Le sculpture 'Maman' de Louise Bourgeois devant les bâtisses signées Tadao Ando. © DR

Le sculpture 'Maman' de Louise Bourgeois devant les bâtisses signées Tadao Ando. © DR

Balade intuitive

Passé le portail minimaliste de Tadao Andō, se distingue, sur l’onde, l’une des araignées géantes de Louise Bourgeois, que certains perçoivent, en pensant à la vocation première du lieu, comme un pied de vigne monumental. Un peu plus loin, du même plan d’eau émerge un stabile-mobile d’Alexander Calder. Nul cartel à l’horizon. McKillen préconise une errance purement intuitive au sein de sa collection en plein air. Bien entendu, le centre d’art conçu par l’architecte japonais est à même de vous fournir toute la documentation nécessaire à votre passage ou séjour découverte. Autrement, il est possible de se greffer à une visite guidée (quatre par jour – deux en français, deux en anglais – durant l’été).

Schism par Conrad Shawcross © VincentAgnes

Schism par Conrad Shawcross © VincentAgnes

Avec ou sans plan, l’art se déguste ici entre divers plants (chênes, oliviers, lavande…). Première œuvre in situ du domaine, Wall of Light (2007) de Sean Scully se révèle être le tout premier projet sculptural du peintre américain. Quant à Schism, polygone de six mètres récemment imaginé par Conrad Shawcross, il se distingue à peine entre les arbres. Garder les yeux grands ouverts pour ne manquer aucune pépite. Telle est la règle d’or sur le site.

La Grande Croix rouge de Jean-Michel Othoniel © Jean-Michel Othoniel

La Grande Croix rouge de Jean-Michel Othoniel © Jean-Michel Othoniel

Sophie Calle, Jean-Michel Othoniel, Tracey Emin, Richard Serra… D’une vingtaine d’installations en 2011, Château La Coste est passé à une quarantaine aujourd’hui. Les unes sautent aux yeux. Ainsi du sentier pavé par Ai Weiwei de pierres récupérées dans le port de Marseille. D’autres se font plus discrètes. Pénétrer dans l’Oak Room d’Andy Goldsworthy, chambre souterraine tapissée d’un entrelacs de branches de chêne, évoque l’échappatoire du lapin blanc dans Alice au pays des merveilles… Et elles sont encore nombreuses, les merveilles à appréhender sur place !

Morceaux de bravoure architecturale

Au-delà d’une mine d’art, Château La Coste apparaît comme un terrain de jeu rêvé pour les architectes. Et pas n’importe lesquels ! McKillen ne semble s’en remettre pour le moment qu’aux lauréats du prix Pritzker, de Renzo Piano et sa structure en verre et béton, à Frank Gehry et son auditorium aux tonnelles déstructurées, en passant par Jean Nouvel et ses deux hémi-cylindres en aluminium… Depuis la rénovation des anciens chais par Jean-Michel Wilmotte, en 2015, premier espace d’exposition du domaine, trois autres ont vu le jour. Au pavillon de Richard Rogers, inauguré l’été dernier, succédera (ce printemps) celui d’Oscar Niemeyer, destiné à accueillir plus d’installations vidéo.

Le restaurant d'Hélène Darroze à Villa La Coste où trône une œuvre de Louise Bourgeois. © DR

Le restaurant d'Hélène Darroze à Villa La Coste où trône une œuvre de Louise Bourgeois. © DR

À ne pas confondre avec Château La Coste, ce parcours artistique ouvert à tous, Villa La Coste se profile dans les hauteurs du domaine. L’une des vues les plus appréciables de l’établissement revient à la terrasse du restaurant Hélène Darroze à Villa La Coste. Respectivement couronnée de deux et trois étoiles Michelin pour ses tables parisienne et londonienne, Marsan par Hélène Darroze et Hélène Darroze at The Connaught, cette cheffe d’exception orchestre en Provence un menu en trois ou cinq mouvements. « La Carotte de Didier Ferreint à Mallemort », « L’Endive de Samuel Dezileau en Ariège », « Les Épinards géants d’hiver »… Dans les intitulés, comme dans les plats en céramique signés Marion Graux, les légumes sont rois. À déguster sous le regard de The Couple de Louise Bourgeois, car de la réception au spa, œuvre de l’architecte hongkongais André Fu, l’art est omniprésent à Villa La Coste.
Infos

Informations supplémentaires

Adresse

Château La Coste
2750 Route de la Cride
13610 Le Puy-Sainte-Réparade, France

Téléphone

+33 4 42 50 50 00

Réservations

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