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Knokke, une vision incarnée

HLCKnokkeLe ZouteLippens

François Didisheim

06 January 2026

En ce début d’année 2026, alors que Knokke-Heist s’inscrit dans la continuité d’un modèle urbain et culturel singulier sur la côte belge, il est difficile de ne pas évoquer la figure qui a le plus profondément marqué son identité contemporaine : Léopold Lippens, bourgmestre de la commune pendant plus de quarante ans, de 1979 jusqu’à son décès en 2021.

Issu d’une famille étroitement liée à l’histoire du Zoute et de Knokke, Léopold Lippens a exercé son mandat avec une vision précise, parfois clivante, mais toujours assumée. Pour lui, la station balnéaire ne devait pas être une destination comme les autres. Elle devait incarner un certain art de vivre, fondé sur l’élégance, la qualité de l’espace public et une exigence esthétique constante.

Une gouvernance fondée sur la cohérence

Sous son impulsion, Knokke-Heist a connu une transformation profonde. L’urbanisme y a été strictement encadré, avec une attention particulière portée à l’harmonie architecturale, à la maîtrise des volumes et à la préservation des perspectives. Les projets jugés discordants avec l’identité de la station étaient systématiquement écartés. Cette rigueur a parfois suscité des critiques, mais elle a aussi permis d’éviter une banalisation du littoral observée ailleurs.

© Photo News

La gestion de l’espace public, la propreté, la sécurité et l’ordre urbain faisaient partie intégrante de cette vision. L’objectif n’était pas uniquement d’attirer des visiteurs, mais de garantir un cadre de vie durable, lisible et cohérent pour les résidents comme pour les hôtes de passage.

Culture et environnement comme piliers

Léopold Lippens a également contribué à positionner Knokke comme un pôle culturel reconnu. Galeries d’art, événements artistiques, initiatives privées et publiques ont progressivement façonné une offre culturelle dense, participant au rayonnement de la station bien au-delà de la saison estivale. Le beau, selon lui, devait faire partie du quotidien.

Cette exigence esthétique ne se faisait pas au détriment de la nature. Le Zwin, réserve naturelle emblématique créée sous l’impulsion de son père Léon Lippens, est resté au cœur de cette vision d’équilibre entre développement et préservation. Un rappel constant que l’identité de Knokke repose aussi sur son paysage, son silence et son rapport au vivant.

© DR

Un style, une parole, un héritage

Figure au franc-parler assumé, Léopold Lippens n’a jamais cherché à lisser son discours. Son style direct, parfois abrupt, faisait partie intégrante de son autorité politique. Il divisait, mais ne laissait jamais indifférent. Cette authenticité, rare dans le paysage politique contemporain, a largement contribué à forger son image publique.

Depuis sa disparition, Knokke-Heist poursuit son évolution, portée par un héritage familial et politique qui continue de structurer la commune. Son fils Valery Lippens s’inscrit dans cette continuité, prolongeant une tradition où la vision à long terme prime sur les effets immédiats.

Léopold Lippens n’a pas seulement administré une station balnéaire. Il a façonné un modèle, imposé une ligne et inscrit Knokke-Heist dans une trajectoire singulière sur la côte belge. Une empreinte durable, visible dans l’architecture, la culture et l’atmosphère d’une ville qui continue, aujourd’hui encore, de lui devoir beaucoup.

Article inspiré par la newsletter de Lobby du 2 janvier 2026 écrite par Françoise Wallyn et François Didisheim, fondateur de Lobby. Retrouvez la revue des cercles du pouvoir, ici

Photo de couverture : © Joel Hoylaerts/Photonews

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