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J'ai l'avihonte !

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Juliet Bonhomme

21 September 2022

Ce sentiment de culpabilité qui se glisse dans mes pensées quand des envies de prendre l’avion pour partir loin se manifestent…

Juliet Bonhomme © Barbara Cts

Juliet Bonhomme © Barbara Cts

Il se glisse dans ma valise cabine Ryanair de 55 x 40 centimètres, entre les livres et les bikinis. Sauf que j’ai vingt-six ans, que j’adore voyager et découvrir le monde. Mais aujourd’hui je ne peux pas fermer les yeux et mon bagage sur la crise écologique*.

J’adore le train, j’ai même pris les rails pour aller à Milan ! Un voyage fantastique, qui m’a pris une journée et m’a coûté 140 euros aller/retour. J’ai la chance d’avoir le temps et l’argent pour me le permettre. Mais qu’en est-il des salariés aux jours de vacances comptés, des budgets restreints ou des aventuriers désireux de voir le monde sans devoir faire 52 heures de car pour un peu d’exotisme ?

Réfléchir à pourquoi on veut partir

J’ai réalisé que je partais toujours pour voir la mer sous le soleil, que c’est là que je me sentais vibrer et heureuse. C’est pourquoi je songe à aller vivre dans un lieu qui me l’offrirait sans que je doive prendre l’avion plusieurs fois par an afin d’assouvir ce besoin. Un lieu où je ne me sentirais pas cadenassée, avec une envie d’ailleurs. On fait partie d’une génération née avec le low-cost et la fièvre voyageuse. Nous avons aussi grandi avec une conscience écologique et une éco-anxiété. S’établir autre part peut-il être une solution palliant ce besoin incessant de partir ?

Redonner de la valeur au voyage

Je réalise que prendre l’avion le temps d’un week-end n’est pas nécessaire. Le prix low-cost des compagnies nous déconnecte de l’impact écologique du trajet, le banalise. Les minitrips nous poussent à “fast traveller”, à passer deux jours dans une ville , juste pour “voir ce qu’il y a à voir”. Mais le vrai voyage est réellement beau quand on s’immerge dans une culture, une ambiance, quand on prend le temps.

© lan deng

© lan deng

Alors à chaque envie d’évasion, je mets en marche ce process de plusieurs étapes : je réfléchis à ce besoin incessant de fuir ma ville, je me mets en quête d’une micro-aventure autour de moi, pour le week-end, je cherche une destination atteignable sans avion ou j’ose le long trajet en train. Je reste réaliste : rayer l’avion à vie sera compliqué… mais le diminuer et changer la vision que j’ai de l’évasion, c’est possible. Je veux l’utiliser pour des voyages symboliques, longs et gorgés de sens.

* À titre d’exemple, le bilan carbone d’un aller-retour Paris-New York est d’environ 1,75 tonne de CO2, soit la quasi totalité des émissions annuelles auxquelles un Français devrait se limiter pour respecter les objectifs imposés par le gouvernement pour lutter contre le réchauffement climatique…(Source : Greenly)

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Badi, le comptoir qui pétille

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Saint-Gilles

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