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Audrey, mon amour

Rédaction Eventail

22 February 2017

© Ullstein Bild/Getty Images

Derrière la rétrospective que le Gemeentemuseum de La Haye consacre actuellement à Hubert de Givenchy se cache une émouvante déclaration d'amour à sa muse, Audrey Hepburn.

Ce projet prend racine dans l'hommage que le Thyssen-Bornemisza rendait, il y a deux ans, au créateur. Un hommage mis en scène par Eloy Martínez de la Pera Celada. On doit au conservateur espagnol une visite guidée, ponctuée par l'intervention du grand couturier.

Le parcours s'ouvre sur les premières créations de Givenchy, telle sa blouse Bettina (1952). « L'amitié que lui portent ses clientes est remarquable. Aucun prêt ne nous a été refusé ». Un sort particulier se voit ensuite réservé aux artisans que lui recommanda Balenciaga, à ses débuts. « Regardez la modernité des matériaux », poursuit Eloy Martínez, pointant un ruban de paquet cadeau greffé à du tulle. Dans la section suivante, des « petites robes noires » - emprunt assumé à Channel - ont été confrontées à deux toiles, sorties tout droit des réserves du Gemeentemuseum. « Je voulais dresser un parallèle entre la mode et l'art du XVIIe, où le noir symbolise pouvoir et élégance ».

 
 Hubert de Givenchy, 1960, © Robert Doisneau ; courtesy Hubert de Givenchy

C'est là qu'Audrey entre en scène. À une mosaïque de unes répond une série de photos de l'actrice. Entre les deux, une salle obscure peuplée d'ensembles conçus pour ses films les plus célèbres, dont des extraits passent en toile de fond. Cet espace débouche sur trois sections, dédiées à la duchesse de Windsor, Grace de Monaco, et Jacqueline Kennedy qui « aurait dû, pour sa première apparition en tant que Première Dame, être habillée par un Américain. Elle a pourtant sollicité Givenchy ». Sur les 140 pièces présentées, une cinquantaine ont appartenu à Audrey Hepburn. « Nous étions très proches. Je l'avais tous les jours au téléphone », explique Givenchy, retrouvé à mi-parcours.

 
 © Courtesy Hubert de Givenchy

Ses créations ne visaient pas que les plateaux de cinéma, comme en témoigne le reste de l'accrochage. Le parcours s'achève sur les deux robes de mariée que le créateur imagina pour sa muse, entre autres modèles. Ce bouquet final mène à la boutique, dont Givenchy signe quelques produits dérivés. « Il faut aider les musées qui investissent tant d'efforts dans pareil projet. D'où les sacs et les foulards, que j'ai dessinés exprès pour l'exposition ». Les bénéfices seront en partie reversés à l'UNESCO, dont Audrey était l'ambassadrice. La boucle est bouclée.

www.gemeentemuseum.nl/hubert-de-givenchy

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