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Berlinale, clap 4e

Rédaction Eventail

09 February 2015

© Dogwood Films/Waypoint Entertainment

[caption id="attachment_14710" align="alignnone" width=""]Christian Bale et Natalie Portman dans le dernier film de Mallick[/caption]Accident industriel : si la formule devait s'appliquer à un film, le candidat de l'année serait à coup sûr Knight of Cups. Après l'affligeant To the Wonder (2012), le nouvel opus de Terrence Malick, présenté en compétition, confirme la dégringolade artistique du cinéaste texan.

Le dossier de presse, rédigé en anglais, nous informe que le personnage central, interprété par Christian Bale (sa prestation dans le récent American Hustle était épatante), « despairs at the emptiness of his life ». A la vérité, c'est le film lui-même qui s'avère d'une vacuité désespérante... Bale incarne un certain Rick, scénariste hollywoodien à qui on offre un nouveau projet. Mais étrangement, ce créateur qu'on nous demande de tenir pour génial n'est jamais montré au travail. Malick le présente dans une perpétuelle errance californienne qui va de la plage de Santa Monica à des montagnes désertiques, en passant par les buildings ultra-modernes de Los Angeles. Rick est en proie à des inquiétudes métaphysiques, ce qui permet à l'acteur d'arborer pendant deux heures d'horloge une expression d'ennui abyssal. Tout au long du film, une voix off (qui nous livre j'imagine son monologue intérieur) énonce solennellement des platitudes sur la vie, la mort et le pourquoi du comment. On devine vaguement que Rick a eu des problèmes familiaux : mort d'un frère, rivalité avec un autre, conflit avec le père. Son itinéraire sentimental gravite autour de deux femmes, interprétées par Cate Blanchett et Natalie Portman. Mais tout cela n'est qu'effleuré par l'auteur, qui préfère se griser de mouvements de caméra virtuoses et filmer de ravissantes naïades plongeant dans des piscines immaculées (au point qu'on se demande parfois si Knight of Cups n'a pas été en partie sponsorisé par une firme de maillots de bain). La projection de presse s'est terminée par quelques timides applaudissements, mais le sentiment général était tout de même la consternation. Je vois au générique que les Français du Studio Canal ont mis quelque argent dans la production, ce qui devrait inciter à se poser des questions sur l'état mental de leurs dirigeants.

Tom Courtenay, Charlotte Rampling et Andrew Haigh à la Berlinale 2015 pour 45 Years © DR


Mine de rien, un modeste film britannique est en train de se hisser lentement mais sûrement parmi les favoris du public et des professionnels. 45 Years du presque inconnu Andrew Haigh (né en 1973) séduit par la justesse de l'observation et l'acuité dans la description des sentiments. Un couple retiré à la campagne se prépare à fêter ses 45 ans de mariage lorsqu'un incident lié au passé du mari refait subitement surface. En quelques heures, la parfaite entente conjugale se fissure, laissant place chez l'épouse au doute, à l'inquiétude, voire au ressentiment. La réussite du film tient à un casting idéal. Tom Courtenay, 77 ans, qui fut jadis un des acteurs emblématiques du « Free Cinema », ne surjoue jamais là où d'autres seraient tentés de verser dans l'émotion facile. Quant à Charlotte Rampling, elle est tout simplement magistrale : à 68 ans, cette comédienne accomplie pourrait en remontrer, pour la séduction et l'intelligence, à des actrices qui ont la moitié de son âge. Un prix d'interprétation me semble largement mérité à l'issue de cette 65e Berlinale.

William et Catherine, solides comme le cristal

Chroniques royales

Non, vous ne rêvez pas. Quinze ans ! Quinze ans déjà que William a dit yes à Catherine devant le monde entier, sous les voutes ancestrales de Westminster. Des Noces de Cristal pour ce couple qui nous a tant fait rêver. Et tant fait peur aussi.

Déjeuner avec Amélie et Juliette Nothomb

Vie mondaine

Au Château Sainte-Anne, Amélie et Juliette Nothomb ont partagé un moment de rare complicité lors d’un déjeuner organisé par L’Éventail et la WTCA. Les deux sœurs sont revenues sur leur enfance nomade, leur lien fusionnel et leur passion commune pour la littérature. Autrice de plus de trente romans et forte de 20 millions d’exemplaires vendus, Amélie a également évoqué son mode de vie singulier, loin du numérique. À l’issue de ce déjeuner placé sous le signe de la complicité, Amélie et Juliette Nothomb se sont prêtées avec générosité à une séance de dédicaces, prolongeant ce moment privilégié au plus près de leurs lecteurs. © Violaine Le Hardÿ de Beaulieu

27/03/2026

Hlynur Pálmason : « Il y a beaucoup de beauté dans des petites choses. »

Cinéma

Dans « L’amour qu’il nous reste », son dernier film, le cinéaste islandais Hlynur Pálmason propose une ode à la nature, à la famille et à l’amour. Comme dans « Godland » (sorti en 2022), Hlynur Pálmason place la famille au cœur de son récit. La séparation du couple est vécue comme une lente érosion. Si ce film peut paraître longuet, c’est parce qu’Hlynur Pálmason observe cette famille en déliquescence sur le mode délibérément minimaliste, contemplatif. « L’Amour qu’il nous reste », présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2025, est une chronique sentimentale, froide, empreinte de tendresse et de douceur. Rencontre avec Hlynur Pálmason.

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