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En direct de Cannes : une édition électrisante

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Corinne Le Brun

13 May 2026

Réunies symboliquement, les actrices chinoise et américaine Gong Li et Jane Fonda ont donné ensemble le coup d’envoi du 79e Festival de Cannes.

« Sur l’écran noir de mes nuits blanches ». Eye Haïdara, maîtresse de cérémonie, a débuté son discours par un clin d’œil à la chanson Le cinéma de Claude Nougaro. Magique. « Le cinéma est le seul endroit où un film peut bouleverser une spectatrice brésilienne. » Et de souligner que s’il y avait « un endroit qui continue de nous unir et de nous rapprocher, c’est ici, et c’est le cinéma ». Puis, très émue, Eye Haïdara rend hommage à Nathalie Baye, décédée en avril, « qui a marqué le cinéma », avant d’introduire les membres du jury du Festival de Cannes présidé par le cinéaste sud-coréen Park Chan-Wook.

Elijah Wood, l’interprète de Frodon remet la Palme d’honneur au cinéaste néo-zélandais Peter Jackson, connu pour ses trilogies Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit. « C’était inattendu, presque miraculeux. Je ne pensais pas gagner un jour une Palme d’or parce que je ne fais pas le genre de films qui est récompensé ici. Mais c’est arrivé et j’en suis heureux », reconnaît, non sans humour, le cinéaste. Theodora et Oklou font leur entrée pour interpréter Get Back des Beatles. Grand fan, Peter Jackson a d’ailleurs réalisé en 2021 un documentaire sur leur parcours. Puis, réunissant symboliquement l’Est et l’Ouest, ce sont deux femmes, la Chinoise Gong Li et l’Américaine Jane Fonda, qui ont déclaré conjointement ouvert le 79e Festival de Cannes. « Le cinéma transcende les langues et les cultures, il parle de ce que nous partageons le mieux : les émotions », a souligné Gong Li.

Jane Fonda et Gong Li © Photo News

Place au cinéma et clap de début avec La Vénus électrique, la comédie pétillante de Pierre Salvadori avec Anaïs Demoustier et Pio Marmaï, projetée en ouverture du festival, et dans les salles dès aujourd’hui.

Laura Wandel, membre du jury

Au fil de cette quinzaine, plus de 100 films seront projetés, dont 22 prétendent à la Palme d’or pour succéder à Un simple accident de Jafar Panahi. Parmi les sélectionnés, on retrouve des habitués de la Croisette comme Pedro Almodóvar (Autofiction) et Asghar Farhadi (Histoires parallèles), mais aussi cinq cinéastes français : Léa Mysius (Histoires de la nuit), Jeanne Herry (Garance), Arthur Harari (L’Inconnue), Charline Bourgeois-Tacquet (La Vie d’une femme). Deux films belges sont dans les starting-blocks : Coward de Lukas Dhont et Notre salut d’Emmanuel Marre. Et, fait très rare, une Belge, la réalisatrice Laura Wandel, fait partie du jury aux côtés notamment de la star hollywoodienne Demi Moore, de la réalisatrice chinoise oscarisée Chloé Zhao (Nomadland, Hamnet) ou encore de l’acteur suédois Stellan Skarsgård.

© Borde-Jacovides-Moreau/Bestimage

Autre fait rare : pas de film italien dans l’ensemble de la sélection. Toutefois, Monica Bellucci sera présente. En effet, elle fait partie du casting de Histoires de la nuit réalisé par la Française Léa Mysius et en compétition pour la Palme d’or. Autre bonne surprise italienne : l’écrivain napolitain Erri De Luca est également présent à Cannes 2026, en tant qu’acteur dans le film La vie d’une femme de la réalisatrice française Charline Bourgeois-Tacquet, également en compétition pour la Palme d’or. En revanche, trois films espagnols sont en lice : Autofiction de Pedro Almodóvar, L’être aimé de Rodrigo Sorogoyen, La boule noire de Javier Calvo et Javier Ambrossi. Le film raconte les vies interconnectées de trois hommes à trois époques différentes. Trois existences étroitement liées par la sexualité et le désir, la douleur et l’héritage ; et l’une des dernières œuvres inachevées de Federico García Lorca.

Peter Jackson © Photo News

Pour le reste de la sélection, dans Un Certain Regard, le choix est géographiquement varié, du Rwanda (Ben’Imana de Marie-Clémentine Dusabejambo), au Népal (Les Éléphants dans la brume de Bikrham Shah), de Centrafrique (Congo Boy de Rafiki Fariala) au Chili (El Deshielo de Manuela Martelli).

Demi Moore et l’IA

Non, on ne verra pas Tom Cruise débarquer en hélicoptère sur la Croisette… Pas cette année. Le plus grand festival du cinéma au monde s’est ouvert en l’absence de grosses productions américaines. Les mastodontes d’Amérique cherchent plus que jamais à contrôler la promotion de leurs films. Ira Sachs (The Man I Love) et James Gray (Paper Tiger, en dernière minute) représentent toutefois les États-Unis, porte-paroles du cinéma US indépendant.

Demi Moore © Photo News

Demi Moore, membre du jury, est bien là. Au cours de la conférence de presse du jury du Festival de Cannes, la star d’Hollywood a déclaré : « j’ai vécu une histoire ici tellement belle… je suis super excitée. J’ai l’impression d’être une petite fille qui joue à faire la grande. » L’IA : une menace ou un atout pour le cinéma ? « Il ne faut pas en avoir peur… c’est de l’âme que vient le véritable art cinématographique et l’IA ne pourra jamais reproduire ça. Lutter contre l’IA, c’est comme lutter comme Don Quichotte contre les moulins : il faut essayer de voir comment travailler avec. »

La 79e édition ? Éclectique, audacieuse, de qualité. Le marathon n’ira pas sans douleur. Évidemment, la joie du cinéma sera de la partie. Les premiers à s’élancer sont le film japonais Quelques jours à Nagi du cinéaste japonais Koji Fukada et le drame franco-belge La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet, porté par Léa Drucker.

Photo de couverture : © Jacovides-Moreau/Bestimage

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