• HLCÉ

Festival d'Udine : un grutier et son chien

4 / 5 épisodes

CinémaFar East Film FestivalUdine

Marcel Croës

29 April 2022

Une scène du film Manchurian Tiger

Il y a quelques années, j’avais découvert à la Berlinale un long métrage intitulé Black Coal, Thin Ice qui se déroulait dans une région particulièrement ingrate du Nord de la Chine. Une sombre affaire criminelle où les personnages semblaient victime d’un destin absurde et cruel. J’ai retrouvé le même atmosphère envoûtante dans Manchurian Tiger, projeté hier à Udine, un des sept films qui représentent ici la République populaire de Chine.

Auteur également du scénario, le réalisateur Geng Jun est né en 1976 dans le Heilungjiang, une province industrielle du grand Nord. Dans ce pays ravagé par une industrie minière anarchique, et où les hivers durent six mois, les personnages sont façonnés par un environnement hostile qui pèse sur les relations personnelles, comme si le froid mordant paralysait l’expression des sentiments.

Le cinéaste confie volontiers que ses personnages sont inspirés par certains de ses amis ou par des inconnus qu’il rencontre dans le train. Le protagoniste de Manchurian Tiger, un grutier qui bosse pour une compagnie minière, mène une existence grisâtre entre une épouse enceinte, une jeune maîtresse envahissante et des conversations plus ou moins incohérentes avec un type du coin qui se prétend poète. En fait, la seule passion de notre homme est son animal de compagnie, un chien-loup nommé Ruyi qui lui témoigne une affection débordante. C’est précisément la disparition du chien qui va déclencher une mécanique infernale. Le film devient alors le récit d’une vengeance obsessionnelle liée à une arnaque immobilière de plus en plus sordide.

Une scène du film Manchurian Tiger

© DR

Si certains aspects du scénario peuvent échapper à un spectateur occidental, la force du film tient surtout à un climat émotionnel qui nous entraîne dans une spirale de rage et de violence. Geng Jun a une maîtrise du langage cinématographique qui se traduit par des images et des cadrages superbes. Et les acteurs traduisent à merveille cette incapacité à communiquer d’hommes et de femmes murés dans leur solitude. Quant au chien, je préfère ne pas évoquer son sort, les lecteurs trop sensibles risqueraient de m’en vouloir…

5 épisodes

Udine 2022

Sélectionner votre prochain épisode


Artrium : un rendez-vous incontournable… Places limitées !

Arts & Culture

Le temps d’une soirée exceptionnelle, le temps semblera suspendre son vol ! Le 15 juin prochain, le Junior Ballet Project de la compagnie Opinion Public, sous la direction de la chorégraphe Sidonie Fossé — ancienne danseuse de Maurice Béjart — investira l’un des lieux artistiques et culturels les plus emblématiques de la capitale européenne : l’Atelier Isabelle de Borchgrave.

Belgique, Ixelles

Du 15/06/2026 au 15/06/2026

Hlynur Pálmason : « Il y a beaucoup de beauté dans des petites choses. »

Cinéma

Dans « L’amour qu’il nous reste », son dernier film, le cinéaste islandais Hlynur Pálmason propose une ode à la nature, à la famille et à l’amour. Comme dans « Godland » (sorti en 2022), Hlynur Pálmason place la famille au cœur de son récit. La séparation du couple est vécue comme une lente érosion. Si ce film peut paraître longuet, c’est parce qu’Hlynur Pálmason observe cette famille en déliquescence sur le mode délibérément minimaliste, contemplatif. « L’Amour qu’il nous reste », présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2025, est une chronique sentimentale, froide, empreinte de tendresse et de douceur. Rencontre avec Hlynur Pálmason.

Tous les articles

Tous les articles