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La Berlinale, trop politisée ?

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Berlinale2023CinémaFestivalFilm

Marcel Croës

20 February 2023

Me voici de retour dans la capitale allemande après une parenthèse forcée de deux ans liée au Covid. Cette 73e édition de la Berlinale, on s’en aperçoit d’emblée, ne ressemblera pas aux précédentes. L’actualité s’y impose avec force. Le Festival s’ouvre exactement un an après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Et pour ce qui est du cinéma, la répression du régime iranien contre les artistes du pays – condamnés à la prison ou au silence – n’a pas faibli ces derniers mois.

Le premier week-end a été marqué entre autres par la projection de Superpower, un documentaire coréalisé par l’acteur Sean Penn et Aaron Kaufman. Les deux hommes se trouvaient à Kiev le 22 février 2022 lorsqu’une série d’explosions a secoué la capitale, annonçant le déclenchement des hostilités. Le film donne longuement la parole au Président Zelensky, lequel est intervenu ici en direct vendredi soir par transmission vidéo pour renforcer son message et réitérer sa demande d’aide à l’Occident.

© Alexander Janetzko/Berlinale 2023

En ce qui concerne l’Iran, un geste symbolique des organisateurs du Festival a été l’invitation de la célèbre actrice Golshifteh Farahani à faire partie du jury de la compétition qui attribuera le traditionnel Ours d’or samedi prochain. Mais d’autres thèmes actuels sont également très présents dans cette Berlinale : diversité, inclusion, antiracisme, féminisme, durabilité, crise climatique ou political correctness. Au point qu’on se demande parfois s’il n’y a pas une dérive. À la différence de Cannes ou de Venise, Berlin a toujours témoigné d’un engagement politique. Je me demande cependant si le Festival ne risque pas de se transformer en une sorte de tribune politico-sociale, négligeant la vocation de spectacle et de divertissement inhérente au septième art.

Golshifteh Farahani © Philip Gay

Les amateurs de cinéma traditionnel auront été satisfaits, j’imagine, par le film d’ouverture, She Came To Me, écrit et réalisé par l’Américaine Rebecca Miller et interprété entre autres par Anne Hathaway. Un compositeur d’opéra en panne d’inspiration (tiens ! la musique classique est devenue tendance ces derniers temps) se débat dans des problèmes à la fois professionnels et sentimentaux où interviennent à la fois son épouse psychanalyste et une foule d’autres personnages. Une romantic comedy de type classique qui connaîtra, je le crains, le sort de la plupart des films d’ouverture de la Berlinale : à peine vus, on s’empresse de les oublier.

Peter Dinklage dans "She Came to Me" de Rebecca Miller © Protagonist Pictures

A mon sens, le film le plus intéressant proposé jusqu’ici est un semi-documentaire signé Guy Nattiv : Golda fait revivre une des figures emblématiques de notre temps, la première ministre israélienne Golda Meir, remarquablement interprétée par Helen Mirren, qui doit affronter ici un des moments les plus cruciaux de l’histoire de son pays, la guerre du Yom Kippur de 1973. Le cinéma remplit ici une de ses fonctions essentielles : s’affirmer comme un témoin de l’époque où nous vivons.

Photo de couverture : © Alexander Janetzko/Berlinale 2023

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