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"Les Huit Montagnes" fabuleuses de Felix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch

CinémaFilmInterview

Corinne Le Brun

14 December 2022

Adaptation du best-seller éponyme de Paolo Cognetti, «Les Huit Montagnes» raconte l’histoire d’une amitié entre Pietro (Luca Marinelli) et Bruno (Alessandro Borghi), du Val d’Aoste au Népal

Le premier est un enfant de la ville, le deuxième vit à la montagne. Ils se lient d’amitié dans les magnifiques paysages du Val d’Aoste. La vie les éloigne. Si Bruno reste fidèle à sa montagne, Pietro, lui, parcourt le monde. L’amour des sommets scellera leurs retrouvailles. Leur amitié, de la vie à la mort. Felix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch ont filmé ce lien indéfectible au format carré, restituant la beauté de la nature. Un film intimiste et esthétique, couronné par le prix du Jury au Festival de Cannes (ex aequo avec E.O de Jerzy Skolimowski).

Eventail.be – Pour la première fois, vous avez réalisé le film, ensemble. Pourquoi ?
Felix Van Groeningen –
On n’a pas hésité. On l’a fait ensemble, totalement. Charlotte sait vraiment où elle veut aller. Elle est comme une boussole. Elle a une force incroyable en elle. On avait déjà travaillé ensemble, notamment pour le scénario d’Alabama Monroe (2012). Charlotte a joué dans Belgica (2016).
Charlotte Vandermeersch – On avait envie d’écrire pour du vrai, avec plus de profondeur.

– Que peut apporter une femme dans une histoire d’amitié masculine?
C.V. –
Felix a souvent réalisé des films sur les rapports entre hommes, entre père et fils. Entre frères. Les Huit Montagnes parle d’une amitié très tendre, déjà présente dans le livre. Il raconte une histoire d’hommes, très respectueux les uns avec les autres et qui n’ont pas toujours les mots pour s’exprimer. Souvent, ils sont dans le silence à travers lequel ils se comprennent déjà. Je me suis focalisée sur le sens de la virilité dans l’amitié masculine. Les hommes qui parlent d’amitié est quelque chose de fascinant. C’est exotique. J’ai grandi avec trois frères. J’aime observer les hommes. J’ai fait une adaptation pour le théâtre de Buzz Aldrin, mais où donc es-tu passé? de l’écrivain norvégien Johan Harstad. J’y ai incarné le jeune homme de 17 ans, timide, qui cherche sa place dans le monde. Felix avait vu que j’étais prête. Plusieurs aspects de l’histoire que raconte le film m’intéressaient : un père parfois absent qui, en vacances dans les montagnes, se révèle être différent. J’ai un peu reconnu mon père. La manière d’être connecté à la terre et aux animaux m’ont aussi attirée. J’ai grandi à la campagne. Je connais la vie dans la nature et le souci de prendre soin des animaux. Le volet spirituel, métaphysique, la métaphore de la montagne m’a beaucoup plu. J’ai voulu adapter cette poésie à l’écran.

L'équipe du film à Cannes © Photo News

– Vous avez tourné en italien, avec des acteurs italiens…
F.V.G. –
On a travaillé avec Paolo Cognetti qui parle très bien le français. Il a ajouté des détails et des réflexions très précieux. Charlotte et moi avons pris des cours d’italien en Belgique et sur place. On sentait que cela allait marcher. Notre professeur d’italien nous a accompagnés.
C.V. –
On a aussi été aidés par les gamins qui ne parlaient que l’italien. On a très vite appris à s’exprimer, y compris avec les mains et les pieds.

– Luca Marinelli et Alessandro Borghi avaient déjà joué ensemble dans «Mauvais graine» (2015). Etait-ce un avantage pour vous et les acteurs ?
F.V.G. – Ce n’était pas un hasard. Dès le début, Luca Marinelli et Alessandro Borghi nous avaient été proposés. Au départ, Luca devait incarner le personnage de Bruno. En réalité, il pouvait interpréter les deux rôles. Il nous fallait trouver un acteur à sa hauteur. Alessandro était revenu, avec l’idée d’incarner Bruno. L’équilibre était parfait. C’était fantastique.
C.V. – Luca et Alessandro voulaient une histoire juste. Ils étaient très contents de se retrouver. Ils se comprenaient totalement. Ils ont élevé le film. Ils étaient une bombe d’amour. Après le tournage, on est restés très proches.

Felix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch, couple à la ville, à Cannes © Photo News © Borde-Jacovides/ Bestimage/Photo News

– Comment avez-vous filmé la montagne ?
F.V.G. – On a quelques fois utilisé des drones et des hélicoptères. On a surtout beaucoup marché avec l’équipe dans le Val d’Aoste. Paolo Cognetti nous a fait découvrir le village où il séjourne pendant les vacances. Il nous a beaucoup aidés à trouver des endroits magnifiques. Cela avait un sens de tourner là-bas. Y compris au Népal, un lieu très important pour Pietro qui doit trouver sa place dans le monde. Les montagnes sont encore plus hautes. C’est beau.
C.V. – Le tournage a été parfois rude. Mais se trouver dans les hautes montagnes, proches du Tibet était merveilleux. On voulait filmer dans des décors naturels, sur place. Cela donne aussi du crédit au film.

– Que vous a apporté l’expérience de la haute montagne ?
F.V.G. – Avec un ami, je me rendais en Auvergne où je pouvais me ressourcer. Ces dernières années, Charlotte et moi sommes allés ensemble dans les Pyrénées, les Dolomites. L’expérience du Val d’Aoste a été un plus. Même chose pour notre voyage au Népal. J’ai compris que la montagne sera toujours un refuge pour moi.
C.V. – Notre fils, qui nous a accompagnés, a adoré ce monde ouvert à une nature tellement belle. Il pouvait jouer partout.

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France

Du 15/04/2026 au 20/07/2026

Informations supplémentaires

Titre

Les Huit Montagnes

Réalisation

Charlotte Vandermeersch et Felix Van Groeningen

Distribution

Luca Marinelli, Alessandro Borghi, Filippo Timi

Sortie

En salles

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