• HLCÉ

Allemagne 1920, l'expo sur la Nouvelle Objectivité

Centre PompidouExpositionNouvelle ObjectivitéParis 4eRive Droite

Stéphanie Dulout

10 May 2022

Secrétaire à la Westdeuts cher Rundfunk de Cologne], 1931 © Die Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur – August Sander Archiv, Cologne/ Adagp, Paris, 2022

Rassemblant près de 900 œuvres et documents déployés dans un parcours pluridisciplinaire en huit sections, associant la peinture et la photographie, mais aussi l’architecture, le design, le cinéma, le théâtre, la littérature et la musique, le Centre Pompidou consacre une exposition fleuve à la Neue Sachlichkeit (Nouvelle Objectivité), courant artistique développé sous la République de Weimar (1918-1933), à la veille du nazisme.

Couleurs stridentes ou terreuses, visages grimaçants, corps défaits, cadrages dérangeants nous plaçant dans une proximité inquiétante avec le modèle portraituré, espaces confinés souvent dépourvus d’horizon… Le monde vu à travers la lorgnette des peintres de la Nouvelle Objectivité est dur et âpre. Virtuoses par la précision de leur trait aiguisé et tranchant comme une lame de rasoir, la transparence de leur glacis et de leur « mince couche de peinture, lisse, aussi fine que possible, comme un métal poli » – pour reprendre les termes utilisés par le critique d’art Franz Roh en 1925 pour définir cet « après-Expressionnisme » –, leurs tableaux ont la froideur de la vérité.

Otto Dix, Portrait de la danseuse Anita Berber, 1925, huile et tempera sur contreplaqué (détail). © ADAGP, PARIS, 2022 PHOTO : BPK / KUNSTMUSEUM STUTTGART, SAMMLUNG LANDESBANK BADEN-WÜRTTEMBERG IM / FRANK KLEINBACH

Otto Dix, Portrait de la danseuse Anita Berber, 1925, huile et tempera sur contreplaqué. © ADAGP, PARIS, 2022 PHOTO : BPK / KUNSTMUSEUM STUTTGART, SAMMLUNG LANDESBANK BADEN-WÜRTTEMBERG IM / FRANK KLEINBACH

Quelques scènes de genre (Crime sexuel, taverne pour travestis, faubourgs dévorés par l’industrie…), quelques natures mortes glaçantes, mais surtout des portraits (journalistes, écrivains, médecins, Profiteur de guerre, danseuses, filles de joie…) aux yeux vides et fixes, comme repliés sur eux-mêmes : saisies dans un espace raréfié, une lumière crue et l’éclat dur des couleurs au poli semblable à celui des maîtres anciens, ces peintures – qui seront bientôt qualifiées de « dégénérées » – nous donnent à voir la solitude et la déperdition des êtres.

C’est pourtant à un « Réalisme magique » que ce retour à une peinture figurative, descriptive, précise et impersonnelle, ce regard froid et distancé posé sur le monde, les êtres et les choses, est alors assimilé. Un « vérisme », qui pourra prendre un tour très satirique (chez George Grosz) ou s’infléchir vers le purisme, voire un certain surréalisme issu de l’étrange et presque oppressante densité donnée au réel. Reposant sur un dessin analytique soulignant la matérialité des corps et des objets, leur « réalité objective », ce réalisme dur et sec apparaît cependant le plus souvent implacable.

Justifiée par le lien de très grande proximité entretenu par les peintres de la Neue Sachlichkeit avec la photographie, dont ils cherchaient à approcher l’objectivité, une « exposition dans l’exposition » est consacrée à « l’œuvre-jalon », selon les commissaires du Centre Pompidou, d’August Sander, ayant déjoué, par sa démarche et son style documentaires, l’esthétisme de la photographie pictorialiste.

August Sander, le « regard incorruptible » ayant poussé l’objectivation du réel, le catalogage des Hommes du XXe siècle (vaste projet inachevé), selon leur métier et leur couche sociale, jusqu’à réduire ses personnages à des « types » désindividualisés : un recensement typologique dont le caractère presque physiognomonique, au regard des « tentations physiognomoniques contemporaines du national-socialisme » peut interroger…

En couverture : Secrétaire à la Westdeuts cher Rundfunk de Cologne], 1931 © Die Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur – August Sander Archiv, Cologne/ Adagp, Paris, 2022

Séminiaire de la Fondation d’Arenberg

Vie mondaine

Au Théâtre des Galeries, un séminaire organisé par la Fondation d’Arenberg a réuni des experts internationaux lors de la conférence intitulée « Défendre l’Europe : état des lieux, défis et futurs possibles ». Introduite par duc Léopold d’Arenberg, elle a permis des échanges entre stratèges, diplomates et chercheurs sur les défis et perspectives de la défense européenne. © Violaine Le Hardÿ de Beaulieu

09/03/2026

Close your eyes

Arts & Culture

« Fermez les yeux ». Rarement une invitation aura semblé aussi paradoxale dans une exposition de peinture. Pourtant, c’est précisément dans cet espace intérieur que Saint Brush inscrit son travail. Ses figures apparaissent comme des présences fragiles, suspendues entre apparition et effacement, entre souvenir et réalité.

Bruxelles

Du 12/06/2026 au 14/08/2026

Informations supplémentaires

Exposition

/ Allemagne / Années 1920 / Nouvelle Objectivité / August Sander /

Dates

Du 11 mai au 5 septembre

Adresse

Centre Pompidou
Place Georges-Pompidou,
75004 Paris, France

Billetterie

Animal Art Bruxelles fête sa 11ème édition au Cercle Royal Gaulois les 7 et 8 mars 2026

Foires & Expositions

Le salon international de l’art animalier contemporain revient pour une onzième édition au cœur de Bruxelles. Réunissant vingt et un artistes triés sur le volet et plus de cinq cents créations originales, Animal Art Bruxelles s’impose comme le rendez-vous incontournable des amateurs et collectionneurs d’un genre que ses défenseurs décrivent volontiers comme plus moderne et en vogue que jamais.

Tous les articles

Tous les articles