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Le Prix Filigranes 2020 est attribué à Fabrice Humbert pour son roman : « Le Monde n'existe pas »

Rédaction Eventail

24 September 2020

© Igor Pliner

[caption id="attachment_24676" align="alignnone" width=""]Fabrice Humbert, lauréat du prix Filigranes 2020[/caption]C'est dans une ambiance très germanopratine de rentrée littéraire que s'est remis cette semaine à Bruxelles dans la librairie Filigranes Arts le Prix Filigranes qui récompense le meilleur « livre de qualité accessible à tous » (cela étant le seul critère d'admission des œuvres nommées).

Lancé en 2016, le Filigranes est le mieux doté (15 000 euros) des prix littéraires belges grâce au soutien de partenaires de taille (L'Écho, Le Vif, Bel RTL) et de sponsors de qualité. Le jury, constitué d'une cinquantaine de membres (lecteurs, libraires, journalistes, auteurs) était présidé cette année par Philippe Hayat, le lauréat 2019 pour son roman "Où bat le cœur du monde".

La cheville ouvrière de l'initiative est Marc Filipson, à la tête depuis trente ans de ce qu'il assure être « la plus grande librairie de plain-pied du monde », située avenue des Arts à Bruxelles (succursales à Ixelles et à Knokke). Il est en tout cas avéré que la maison, ouverte 7 jours sur 7, offre 180 000 références et organise environ 250 rencontres par an.

Marc Filipson, organisateur du prix littéraire Filigranes 
Marc Filipson © Igor Pliner

Cette année, sept titres avaient été sélectionnés. Outre le lauréat, on y trouvait "Sexy Summer" de Mathilde Alet, - "Mémoires de soie" d'Adrien Borne, – "La Demoiselle à cœur ouvert" de Lise Charles - "À vendre ou à louer" de Valentine de le Court, - "La Race des orphelins" d'Oscar Lalo et "Le Métier de mourir" de Jean-René Van der Plaetsen.

C'est donc l'écrivain français Fabrice Humbert qui a emporté cette 5e édition pour son roman (le 8e) "Le Monde n'existe pas", publié chez Gallimard. Curieux et intéressant ouvrage que celui-là qui mêle plusieurs genres : du roman à suspense à l'essai philosophique et sociologique, du thriller sulfureux au travail d'investigation journalistique.

La remise du prix littéraire Filigranes 2020
© Igor Pliner

L'histoire : un jeune reporter du New Yorker enquête sur le meurtre et le viol d'une jeune Mexicaine, une affaire qui secoue toute l'Amérique. Tout semble accuser un ami qui avait bouleversé l'adolescence du journaliste. Ce dernier ne croit pourtant pas en la culpabilité de cet homme pour lequel il éprouvait une véritable fascination durant leurs années de lycée. Le roman s'adosse à une sorte d'a priori : le monde n'existe pas, tout est fiction. Un procédé qui évoque "The Truman Show", le film de Peter Weir sorti en 1998. Fabrice Humbert est un éminent connaisseur du 7e Art et son roman regorge de références cinématographiques. Notamment le personnage suspecté du meurtre que l'auteur compare à celui joué par Robert Redford dans "Nos plus belles années", le film de Sidney Pollack (1973). Un roman très captivant, au style simple et limpide, secoué de rebondissements et qui pourrait parfaitement être adapté en une série à succès pour la télévision.

L'ouvrage arrivé en deuxième position dans les choix du jury Filigranes est "La Race des orphelins" d'Oscar Lalo (Belfond). L'œuvre parle d'une ignominieuse pratique du régime nazi, celle des Lebensborn, ces sortes de pouponnières (on pourrait utiliser le terme "élevages") instaurées par Himmler pour produire une pure race aryenne, et cela à n'importe quel prix.

Enfin, la troisième place est occupée par "Mémoire de soie" (JC Lattès), premier roman d'Adrien Borne, journaliste à TF1. Une histoire familiale dans la Drôme des années 30 sur fonds d'un de ces métiers disparus d'autrefois, celui de l'élevage des vers à soie.

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