Inscrivez-vous à notre newsletter

Maxime Delcourt

15 December 2021

© BRNS

Eventail.be - Ce disque a été enregistré très loin de Bruxelles, à New York. Comment s'est présentée à vous cette opportunité ?

Diego Leyder - L'idée n'était pas forcément de partir, on n'aurait d'ailleurs eu aucun problème à enregistrer Celluloid Swamp à Bruxelles. Pour tout dire, toutes les démos et les arrangements de voix avaient déjà été faits ici. À New York, l'idée était surtout de jouer le mieux possible ce qui avait déjà été écrit, d'expérimenter des sons plutôt que d'en créer de nouveaux. Quant à la façon dont cette opportunité s'est présentée à nous, disons que tout s'est fait grâce à Alexis Berthelot, le producteur. Il est ami avec Lucie, une ancienne membre de BRNS, et on s'était rencontré en 2015 lors d'un concert au South By Southwest, à Austin, au Texas. Quand il nous a parlé du Studio G, à Brooklyn, on s'est rendu compte que les tarifs étaient avantageux par rapport à la qualité des lieux et des équipements mis à disposition sur place. C'était l'occasion de travailler dans un contexte différent, ce qui est toujours enrichissant.

- Un fil rouge a-t-il guidé l'enregistrement de Celluloid Swamp ? Dans le sens où il y a tout de même un monde entre "Not Alone" et "Get Something"...

- Disons que l'on ne s'est pas départi de ce que l'on a toujours fait : suivre notre instinct. On a toujours composé la musique que l'on voulait entendre sans se poser trop de questions. Par exemple, on ne se dit jamais que l'on va réaliser une chanson pour parler de tel sujet. Nous, on lance une idée de quelques secondes, puis on ajoute, on tente et on expérimente des sons jusqu'au moment où quelque chose a l'air de se mettre en place. C'est sans doute pour ça que l'album est assez disparate, avec des ambiances très différentes. C'était peut-être moins le cas par le passé, mais ça reflète simplement notre envie d'assouvir toutes nos envies et de nous amuser.

- Est-ce facile de conserver cette notion de plaisir quand on est un groupe qui existe depuis une petite dizaine d'années, qui se doit de tourner et de répondre aux attentes d'un public fidèle ?

- Ce sont des questions qui sont un peu sous-jacentes, mais nos deux principales motivations restent de composer ce que l'on aime et de faire des concerts. Très honnêtement, le travail de studio n'est pas ce qui nous plaît le plus, même si on s'y retrouve nettement plus que par le passé. L'idée, encore une fois, c'est de prendre du plaisir et de n'écouter que de nos envies. Si on composait à chaque fois le même album dans l'espoir de plaire au public, on finirait par se lasser. Du coup, on préfère se faire confiance, quitte à surprendre les gens et à ne pas avoir une croissance linéaire.

- Pour la première fois, il y a un featuring sur l'un de vos albums : "Familiar", en duo avec Carl Roosens des Hommes-Boites. C'est votre projet commun avec Ropoporose qui vous a donné envie de renouveler ce genre de collaboration ?

- Par le passé, des amis venaient faire des chœurs ou jouer du saxo, mais là, c'est vrai que c'est le premier morceau totalement collaboratif à figurer sur un de nos albums. Disons que ça faisait sens : Carl, on le connaît depuis longtemps. Il a plusieurs groupes, c'est un touche-à-tout, et avait même réalisé la pochette de notre premier disque, Wounded, sorti en 2012. À l'époque, on avait même fait une mini-tournée ensemble dans différents bars en Belgique. "Familiar" vient en quelque chose sceller les liens que l'on entretient depuis de nombreuses années.

- Il y a aussi cette pochette, très marquante et très différente de ce à quoi on pourrait s'attendre de votre part.

- C'est une idée de Monsieur Pimpant, un copain plasticien. À chaque album, on aime bien faire appel à des artistes que l'on aime bien et à qui on accorde une liberté totale. On se dit que c'est la meilleure façon d'avoir des propositions sincères et fortes. Là, on ne va pas se mentir, on a d'abord été décontenancé par son idée, mais on a fini par y voir beaucoup de sens, avec toutes ces couleurs, ce côté psychédélique et cette esthétique proche des jeux vidéos des années 1990. L'avantage, c'est que l'on a pu décliner l'univers de la pochette dans le clip de "Get Something". On y voit une chouette façon de faire de cet album un tout, où chaque élément est connecté à un autre.

Publicité

Tous les articles

Publicité