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Tube de l'été : « La grenade » de Clara Luciani

étédestubes

Maxime Delcourt

28 August 2018

© DR

En juillet et août, L'Eventail prend le temps de savourer l'été et d'analyser les tubes qui risquent d'accompagner toutes nos vacances. Quatrième et dernière partie de cette saga de l'été avec « La grenade », tube parfaitement imparfait de la française Clara Luciani.

Un tube de l'été, ce n'est pas nécessairement la plage, les cocotiers et des ballades sous le soleil (exactement). C'est aussi, parfois, une certaine faculté de la part des artistes à transformer un sujet grave en mélodie imparable et fédératrice. « La grenade », par exemple : après avoir buté sur ce morceau pendant plusieurs mois, au point de faire appel au producteur français Yuksek pour lui offrir sa couleur finale, Clara Luciani a finalement dévoilé ce single au propos que certains qualifieront de féministe – il est en tout cas sorti pile au moment des débats sur l'égalité des genres plus tôt de cette année.

Rien de calculer pour autant du côté de la Française, qui a même plusieurs fois confié avoir été embarrassée par cette récupération et les amalgames possibles quant à son intention première : « Je dois avouer que ça m'a un peu embêtée que ma chanson donne l'impression de surfer sur une vague, parce que pour moi la prise de parole des femmes ne doit pas être une tendance, a-t-elle déclaré aux Inrocks. J'ai écrit ce texte après avoir subi de petites humiliations, pas des choses graves, juste la condescendance de certains mecs dans les salles de concerts qui m'expliquaient comment brancher le matos. Je voulais juste montrer que je n'étais pas une petite chose fragile ».

Fragile, « La grenade » ne l'est assurément pas, tant son refrain paraît puissant, entêtant, bienfaiteur, digne de ceux qui ont marqué à tout jamais l'histoire de la variété francophone. À l'image, finalement, de son premier album, Saint-Victoire, où la Marseillaise, du haut de ses 25 printemps, dont quatorze passés à écrire des chansons, parvient à fusionner la poésie de Barbara et Benjamin Biolay (qui la chapeaute depuis plusieurs années) à la mélancolie profonde de rockeurs tels que Nick Cave ou Lou Reed. Walk on the wild side, chantait ce dernier sur l'un de ses plus célèbres singles : Clara Luciani applique le précepte à la lettre, tout en parvenant à ne pas s'enfermer dans les marges. Après tout, c'est de chanson populaire dont on parle ici.

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