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Les 80 ans de la reine Paola, descendante de La Fayette

Portrait Gotha

Rédaction Eventail

12 September 2017

© Tony Mondello/Allpix Press/Photo News

Les années ont filé. Il est déjà lointain le temps où Paola posait le pied sur le sol belge. Le changement de vie fut brutal et la jeune princesse italienne, devenue la coqueluche des photographes fait tout à coup la une de tous les magazines sans bien comprendre pourquoi.

Le mal être s'installe et la naissance de trois enfants n'y fera rien. Le couple est au bord de l'implosion mais les convenances empêchent alors les princes de Liège de se séparer. Il faudra des années pour qu'Albert et Paola se retrouvent et redeviennent soudés comme jamais, accédant au trône au décès inopiné du roi Baudouin. Dolce Paola est désormais reine des Belges, promotion plutôt inattendue et pas vraiment souhaitée à un âge où certains aspirent à la retraite. Elle veille à la rénovation de Laeken qui a bien besoin d'une cure de jouvence et redonne un peu de lustre à la cour tout en continuant à s'adonner à sa passion pour le jardinage. Visites officielles, réunions et inaugurations se succèdent durant vingt ans.

 
© Jdf/Pixplanete/PhotoNews 

Aujourd'hui, malgré les dissensions familiales, Paola a retrouvé la sérénité et joue avec plaisir son rôle de nonna, se partageant entre Rome et Bruxelles. Mais revenons quelques années en arrière ! "Elle est le plus beau cadeau que nous ait fait l'Italie". C'est par ses mots flatteurs que le roi Baudouin accueillit celle qui allait devenir l'épouse de son frère, le Prince de Liège. Grâce à cette "princesse rayon de soleil", la cour de Bruxelles retrouvait enfin un peu de cette gaieté qui lui faisait tant défaut depuis la mort de la reine Astrid. La beauté de Paola Margherita Giuseppina Maria Consiglia Ruffo di Calabria va rapidement faire la une des magazines et les Belges, touchés par sa simplicité, sa spontanéité et ses sourires, l'adoptent avec joie l'acclamant sans retenue lors de son mariage qui a lieu à Bruxelles le 2 juin 1959. Albert de Belgique qui représentait son frère aux cérémonies du sacre de Jean XXIII à Rome une année plus tôt, avait été immédiatement séduit par le charme de la jeune aristocrate italienne qui accompagnait sa mère à ce grand événement. Quelques mois plus tard, elle était présentée à Gstaad au Roi Léopold III et à la Princesse Liliane.

Les Ruffo di Calabria

Issue de la vieille noblesse territoriale, la Princesse était la cadette d'une famille de sept enfants. Son père, Fulco, Prince Ruffo di Calabria, Comte de Sinopoli et Duc de Guardia Lombardia (avec grandesse d'Espagne) meurt alors que Paola est seulement âgée de neuf ans. Toute sa vie, il sera un fidèle serviteur de son pays, représentant le gouvernement italien en Somalie, s'illustrant ensuite dans l'aviation durant la première guerre mondiale, ce qui lui vaudra les honneurs de la médaille d'or de la valeur militaire.

 
 © Droits réservés

Héros mais aussi homme d'une grande intelligence, le prince Fulco était un ami personnel de Gabriele d'Annunzio. Il avait uni sa destinée à Louisa Gazelli des Comtes de Rossana et de San Sebastiano, aristocrate elle-même issue d'une autre grande famille de Calabre. Toutefois, les Ruffo sont assurément de souche plus ancienne. Certains font remonter l'origine de la maison à Ruffus, fils du roi Ascagne, lui-même fils d'Enée. Ce dernier avait fui Troie et s'était installé dans le Latium, si bien que les Ruffo seraient contemporains de la fondation de Rome. Néanmoins, dans les chroniques du XIe siècle, on associe volontiers les premiers Ruffo aux Normands venus conquérir la Sicile et le Sud de l'Italie actuelle. Quoiqu'il en soit, depuis cette époque, leur nom est étroitement lié aux destinées de la péninsule et aux grandes familles qui ont présidé à son histoire : des princes d'Anjou aux Bourbons de Naples en passant par les Sforza et les Médicis. Plus récemment, l'union du prince Fulco (1848-1901), aïeul de la reine Paola, avec Laure Mosselman du Chesnoy permet de réaliser des cousinages pour le moins surprenants.

 
 © Philip Reynaers/Photo News

En effet, les dames de cette illustre famille belge qui, pour la plupart, seront immortalisées par le pinceau de Winterhalter, feront toutes de brillants mariages. Parmi leur descendance, remarquons Anne Aymone de Brantes, épouse de Valéry Giscard d'Estaing, les Princes Poniatowski, les Ducs d'Audiffret-Pasquier, la famille Périer qui donnera un Président à la France mais aussi les Contades, les Montesquiou-Fézensac, les Béthune Sully, les Gramont d'Asther et bien d'autres. Sous Napoléon III, la célèbre épouse de Charles Le Hon, ambassadeur de Belgique à Paris, n'était autre qu'une demoiselle Mosselman du Chesnoy, Fanny de son prénom. Le merveilleux voile en dentelle de Bruxelles que la Reine arbora le jour de son mariage provient d'ailleurs de son aïeule...belge. Ainsi, du sang belge coule dans les veines de celle qui devint reine au décès de Baudouin Ier en 1993.

Et la reine de devenir américaine !

Mais l'arbre généalogique de la Reine compte aussi un marquis au destin bien singulier puisqu'il s'agit de Gilbert du Motier, marquis de Lafayette. Cet homme intrépide et engagé qui jouera un rôle prépondérant à la révolution française avait acquis sa notoriété en combattant en Amérique au côté des insurgents.

 
 © E-Press Photo.Com/Photo News

Sa bravoure fut unaniment reconnue et aujourd'hui encore, les Etats-Unis lui exprime leur reconnaissance en octroyant la nationalité américaine à ses descendants en ligne directe. Aussi, Paola de Ruffo est assurément la seule reine à bénéficier de droit de ce privilège. En effet, Jenny de La Tour Maubourg, une petite-fille de La Fayette, s'avère être l'aïeule de la grand-mère maternelle de la Reine ! C'est d'ailleurs grâce au célèbre marquis que la Reine est apparentée à son époux. En effet, par son mariage avec Adrienne de Noailles, la fille du duc d'Ayen, La Fayette s'alliait à l'une des plus illustres maisons de France. Originaire du Limousin, la famille de Noailles accède au rang ducal avec Anne Jules capitaine des gardes du roi Louis XIV. Ainsi, dés le XVIIe siècle, les Noailles brillent à la cour de Versailles et bientôt, ils adjoignent à leurs titres ceux de ducs d'Ayen, de duc de Mouchy et de prince de Poix.

 
 © Droits réservés

La fille du premier duc épousera d'ailleurs le comte de Toulouse, fils légitimé du Roi soleil et de madame de Montespan. Leur descendante, Adélaïde de Penthièvre, sera la mère de Louis-Philippe et par là-même l'ancêtre du Roi Albert II. L'épouse de Lafayette, quant à elle, a pour ancêtre le duc Adrien Maurice, fils et héritier d'Anne Jules de Noailles dont nous avons déjà parlé plus haut. Né en 1678, Adrien épousa une nièce de Madame de Maintenon et leur fils Louis est l'aïeul de Marie Adrienne de Noailles, l'ancêtre de la reine Paola. Les souverains belges doivent donc leur parenté à une illustre famille française dont le nom, aujourd'hui encore, est synonyme de tradition et de respect.

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