• HLCÉ

Les coulisses du gotha : les lunettes déformantes de Louis XV

Coulisses du Gotha

Rédaction Eventail

06 December 2019

© Wikimedia Commons

[caption id="attachment_23002" align="alignnone" width=""]Louis XV, roi de France, portrait de Louis-Michel van Loo[/caption]On le sait assez peu, mais Louis XV portait des lunettes. Presbytie, myopie, astigmatisme, l'Histoire de France ne s'est pas longuement penchée sur les caractéristiques des problèmes oculaires dont le monarque était affecté, insistant en revanche sur les fréquentes crises de neurasthénie qui ont émaillé son règne et la timidité maladive qui éraillait sa voix au point qu'il rechignait à parler en public et déléguait parfois à ses ministres le soin de prononcer ses discours.

On pensera ici au roi George VI d'Angleterre, frappé, pour sa part, un siècle et demi plus tard, de bégaiement aigu et qui n'eût décemment pu prétexter d'avoir égaré ses lunettes au moment d'informer l'empire britannique qu'il déclarait la guerre à Hitler sur les ondes de la BBC... Louis XV n'aimait rien tant que la guerre, si ce n'était la marquise de Pompadour, née Jeanne-Antoinette Poisson, que, pour la petite histoire, le Roi ne connaissait pas encore quand il était dauphin.

Portrait de la marquise de Pompadour
La marquise de Pompadour © Wikimedia Commons 

Pour lui faire les yeux doux, peu importait alors que sa paire de bésicles soit rangée dans le tiroir d'on-ne-sait quelle commode. D'un naturel jaloux, Louis le « Bien-Aimé » voyait par contre d'un mauvais œil que le marquis de Choiseul, son ministre de la marine, soit aussi dans les petits papiers de la Pompadour. Sur ce point, un épisode de son règne est particulièrement révélateur. Tandis qu'il visitait les bureaux de la Guerre fraîchement réaménagés, le Roi avisa une paire de lunettes traînant sur une table. Comme il avait, cette fois encore, oublié les siennes, il voulut les essayer et, une fois les bésicles chaussées, lut un fascicule opportunément laissé à proximité, lequel faisait l'éloge de Choiseul. « Elles ne sont pas meilleures que les miennes, commenta le monarque. Elles déforment trop ! »

Portrait du marquis de Choiseul
Le marquis de Choiseul, portrait de Louis-Michel van Loo © Wikimedia Commons 

On raconte qu'affecté des mêmes faiblesses oculaires que son grand-père, Louis XVI conservait, quand il n'en faisait pas usage, ses lunettes en permanence au-dessus de sa tête, de sorte qu'il n'ait jamais à les chercher. Il ne dérogea à cette règle de bon sens qu'une seule fois : le 21 janvier 1793, à 10 h 22 précises. Il avait une excuse : sa tête venait de rouler dans la sciure.

Magdalena Abakanowicz la trame de l’existence

Arts & Culture

Magdalena Abakanowicz, la force des corps fragmentés. Figure majeure du XXe siècle, l’artiste polonaise a créé une œuvre monumentale et immersive, née dans un contexte d’oppression. Entre textiles suspendus, foules acéphales et formes organiques, son travail explore la fragilité, la violence et la condition humaine avec une puissance allégorique saisissante.

France, Paris

Du 20/11/2025 au 12/04/2026

Publicité

Le chagrin de la reine d’Espagne

Chroniques royales

Avec le décès de la princesse Tatiana Radziwill le 19 décembre dernier et celui de sa sœur, la princesse Irène de Grèce, survenu ce 15 janvier, la reine Sofia d’Espagne a perdu en un mois ses amies les plus proches, deux demoiselles d’honneur à son mariage et deux complices de toute une vie. De santé fragile, la fille cadette du roi Paul de Grèce et de la reine Frederika ne s’était jamais mariée et, depuis la fin de son séjour Inde, elle vivait à Londres ou à la Zarzuela, aux côtés de Doña Sofia. C’était une compagne de tous les instants et de nombreuses personnalités sont venues saluer sa dépouille qui a été transférée à la cathédrale orthodoxe des Saints André et Démétrius de Madrid.

Tous les articles

Publicité

Déjeuner avec Cédric Villani

Vie mondaine

L’Éventail a organisé un déjeuner-conférence avec Cédric Villani, mathématicien, Médaille Fields 2010 et spécialiste de l’intelligence artificielle, sur le thème « IA et humanité : qui contrôlera qui ? ». En partenariat avec la WTCA Association Brussels et le Cercle de Wallonie, animé avec brio par François Barrault (Président du Digiworld Institute), l’événement a exploré les défis éthiques et sociétaux posés par l’intelligence artificielle. © Violaine le Hardÿ de Beaulieu

04/11/2025

Tous les articles