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Les batteries, seule issue possible pour le solaire ?

ÉnergieEntrepreunariatSociétéStart-up

Martin Boonen

30 December 2025

Avec la montée en puissance du solaire, le réseau électrique se heurte à un paradoxe : l’énergie est surabondante lorsqu’on en a peu besoin, et absente aux heures de pointe. Cette instabilité fragilise l’ensemble du système. Pour y remédier, SkySun met déjà en place le coup d’après et intègre les batteries à son business modèle. Aux Calcaires de la Sambre, près de Charleroi, l’entreprise signe un projet pilote emblématique de cette nouvelle approche énergétique.

“Sans batterie, la transition énergétique ne peut pas continuer.” Le propos d’Arthur Dawans, fondateur de Skysun, est tranché. Il traduit pourtant une réalité bel et bien décisive : derrière les toitures solaires et les ambitions climatiques, le réseau électrique belge atteint ses limites. Trop d’énergie à certaines heures, pas assez à d’autres. Mais aussi trop de contraintes techniques et pas assez de souplesse. C’est là qu’intervient Skysun, pionnier du solaire B2B, aujourd’hui en pleine mutation : “Nous avons ajouté une corde à notre arc. Le stockage est devenu un enjeu de société”.

© Skysun

La réponse aux limites du réseau ?

À Montigny-le-Tilleul, sur le site industriel des Calcaires de la Sambre, l’entreprise a inauguré, le 7 novembre dernier, un projet inédit : cinq hectares de panneaux photovoltaïques raccordés à une batterie raccordée derrière le compteur. Une première en Wallonie. “Ce projet incarne ce que nous cherchons à faire : stabiliser le réseau tout en servant les intérêts économiques du site.” En effet, en captant les surplus d’électricité au moment où la production dépasse la consommation, puis en les restituant lors des pointes de demande, elle permet de stabiliser localement la tension et d’éviter la saturation des lignes. “Installer une batterie, c’est rendre service à tout un zoning industriel, pas seulement à son propriétaire”, souligne Arthur Dawans. Le bénéfice dépasse donc le cadre du site lui-même : la batterie devient un outil collectif de régulation du réseau.

Le modèle développé par Skysun mêle pragmatisme et anticipation. Soit la start-up installe ses propres batteries sur des terrains industriels sous-utilisés et les connecte directement aux câbles haute capacité existants, sans toucher à l’infrastructure interne du site. La batterie agit alors comme un tampon entre le réseau et le marché de l’électricité, absorbant les surplus à bas prix, restituant lors des pointes, et générant des revenus par arbitrage. Soit elle les loue aux entreprises pour lisser leur consommation. Dans les deux cas, les bénéfices dépassent la seule performance technique. Le projet des Calcaires de la Sambre, soutenu par AG Real Estate, illustre cette logique de collaboration intelligente : production locale, stockage flexible, contrat long terme, sans investissement initial pour l’industriel.

Plus qu’un pari, une nécessité !

Pour Arthur Dawans, l’enjeu est aussi politique. “Nous investissons dans des projets non subsidiés, à risque. Mais la législation évolue trop lentement.” Malgré les freins, Skysun avance. D’ici 2026, ses premières batteries seront opérationnelles. Plus de 80 MW sont déjà en cours d’autorisation. Car sans solution de stockage, le développement du solaire est en train de marquer le pas. Les pics de production non absorbés forcent certains acteurs à brider leurs installations, voire à suspendre les projets. En réintroduisant de la flexibilité dans le système, les batteries redonnent au photovoltaïque toute sa pertinence. Elles ne sont plus un complément, mais une condition.

Photo de couverture : © Skysun

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